LIVRE IV. — CHAPITRE PRSMIER
PRODUCTION DE l'espace PAR LE FAIT MÊME DE LA CRÉATlOiN
Comme nous Tavons tu, il est impossible qu*un corps existe, sans que, par une nécessité géométrique, un espace objectif et indéûni existe autour de lui. Un corps, c*est un espace plein terminé par une surface continue; or une telle surface a deux faces dont Tune regarde le dedans où se trouve le corps, et l'autre le dehors, où se trouve le complément possible du corps, l'espace indéfini.
Dès lors, du moment que Dieu a voulu créer des ci»rps, l'espace objectif a commencé d'exister avec eux. A Tinstant même de la création des corps réels, toutes les possibilités de corps relatives à des corps réels, ont pris une valeur objective, toutes les relations locales distinctes, s'appujant sur la base réelle que Dieu avait créée, ont commencé à constituer des lieux déterminés et distincts.
Dieu n'a pas créé l'espace avant les corps, pour y placer les corps. 11 n'en avait nul besoin. Il l'a créé simultanément avec les corps, par un même acte. L'acte créateur de la réalité matérielle, impliquait toutes les conséquences géométriques de cette réalité.
Avant la création, l'espace objectif n'existait pas; il n'y avait que l'idée de l'espace et des corps dans la pensée divine. Par l'acte créateur, la pensée divine a été réalisée. Un certain nombre de formes déterminées, conçues par la pensée divine, sont devenues des corps réels et concrets, et le reste de l'espace indéfini, les intervalles conçus également par Dieu ainsi que le vide extérieur, sont passés de l'état purement idéal, à l'état objectif et local.
Ainsi, au lieu de considérer l'espace comme un vase préexistant nécessairement aux corps, nous devons le considérer plutôt comme une atmosphère de possibilité qui enveloppe nécessairement tout corps réel, et qui s'étend à l'infini.