‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 184 sur 320 · ESPÈCES DE PERCEPTION · texte numérisé non relu

ESPÈCES DE PERCEPTION

Une des choses que les philosophes semblent oublier le plus souvent, c'est Timmense variété du monde extérieur, c'est aussi la multiplicité, la complication étonnante de nos propres facultés perceptives. Le monde est un assemblage d'êtres qui possèdent des propriétés très diverses et se manifestent sous des états très différents l'un de l'autre. L'homme, d'autre part est, suivant l'expression d'Helmholtz, un réactif extrêmement compliqué qui peut exprimer d'une manière très variée par ses sensations un même phénomène extérieur.

Cette double complication tant du dehors que du dedans nous oblige à une très grande réserve dans nos affirmations relativement à la perception extérieure. Certains philosophes assimilent tout d'abord les sons, les couleurs, les odeurs, les saveurs, voire même les impressions de résistance tactile, et raisonnent sur tous ces objets, réunis sous le même nom de sensations, comme s'ils avaient affaire à des phénomènes semblables. Or, rien n'est plus faux ; chaque sens a son r6le particulier.

Les uns perçoivent ce qui est près de nous, les autres ce qui est à distance ; les uns nous donnent des notions générales plus ou moins vagues, d'autres des notions plus précises mais moins

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