‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 186 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE II

proposons qu'un but, de montrer qu'on doit attribuer à la connaissance des substances par l'expérience, le caractère général de la certitude expérimentale sur laquelle reposent tous les résultats des sciences d'observation.

Avant de commencer notre étude spéciale de ces différents types de perception, nous allons exposer, à titre de préliminaire, quelques notions de bon sens connues de tout le monde en pratique, mais souvent oubliées par les philosophes, sur les trois sens intellectuels et supérieurs, l'ouïe, la vue, et le tact, et leur rôle divers dans l'acquisition de la connaissance du monde extérieur. Nous sommes convaincu que si ces notions étaient toujours présentes à l'esprit de celui qui étudie la perception, bien des objections à la véracité de l'expérience externe disparaîtraient d'ellesmêmes, ou plut&t ne naîtraient même pas dans son intelligence.

DU SENS DE l'ouïe

L'ouïe est, comme nous l'avons dit plus haut, le sens avertisseur. Avertir l'homme des phénomènes qui se passent au dehors de lui ; le surprendre et attirer son attention sur un objet, telle est une des fonctions principales de ce sens. Aussi, est-ce celui dont l'usage, chez l'homme du moins, dépend le moins de la volonté. Nous pouvons détourner nos regards, éloigner nos mains pour ne pas toucher : nous sommes beaucoup moins libres de ne pas entendre.

Un second caractère de l'ouïe, c'est que ce sens est propre d'une manière spéciale à percevoir les phénomènes successifs. La vue perçoit d'une manière permanente une grande variété d'objets. L'ouïe ne perçoit la variété que sous la condition de la succession.

C'est le propre sens des phénomènes à durée fluente.

C'est le sens spécial des observations qui ont pour objet la suc-

v.^ LE POSITIVISJIE ET LA r^ŒUCE

ci^sîoru des oiMenratioas «iynamiqnes. il«îite propriété est utilisée fort fioaveat dans les ohaerratisms yiwitîfiqnips : le son sert de signai pour indiquer les épc^qnes précise» des phénnmt^nes.

f^péeialenient adapté aux phénomëiies. le sois de Touîe ne saisit les substances que dans lenr action, même, ^ous Toyxms des corps, nous n'entendons qne des moa:7ements et <ies chocs.

L'onie saisit même tellement excinsÎT^ment les phénomènes, qa elle ne Ssdt connaître les sobslances qne par induction. i>n entend la voix de <{ueiqn mi^ on entend le hmit dTime rooe qui tonme. <>n n'entend pas proprement une personne ni one rooe, tandis que nous voyons les personnes et les objets matériels.

C'est donc nn sens qni a besoin, pour fiûre connaître ia réalité. d*être interprété par nn antre sens, par la vne on le tact. Xoos désirerons cette propriété par nn terme spéciaL Noos ifirons qni» Tome est on .<iens hétémdidaete. c'est-è-din^ interprété par autnii.

L'ouïe ne perçoit qne vaguement la situation des corps sonores. 5ous n'arrivons à connaître le peu que nous savons par Touîe sur cette stuation que par Teffet de Thabitude et de Tinduction. Beaucoup de bruits et de sons nous apparaissent simplement comme étant en dehors de nous, sans que nous leur assignions un lieu déterminé.

L'ouïe est i»ujette à peu d*'dlusions. Elle perçoit à peu près in&illiblement les Ions divers et leurs rapports ainsi que les intervalles de temps.

Les illusions de l'ouïe portent sur la place d'où le son émane, et indirectement sur l'intensité de la cause, que nous supposons d'autant plus grande, à sensation égale, qu'elle est plus éloignée.

Néanmoins, les illusions de l'ouïe sont possibles, et résultent de circonstances régulièrement prévues. La réflexion des sons, les échos, la réfraction des sons, la ventriloquie., etc., etc^sont des phénomènes d'illusion de l'ouïe. Ce qui fût que ces phénomènes sont moins fréquents et moins frappants que ceux de la vue, c'est que l'ouïe ne donne qne des renseignements vagues sur la situation locale des objets: qui parle peu est moins exposé à mentir.

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