‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 204 sur 320 · DE LA NATURE MÉTAPHYSIQUE DES COULEURS APPARENTES · texte numérisé non relu

DE LA NATURE MÉTAPHYSIQUE DES COULEURS APPARENTES

Nous voici arrivés maintenant au point où l'assimilation devient exacte entre les sons et les couleurs.

Distinguées des couleurs propres des corps, distinguées des variétés de l'agent lumineux , les couleurs apparentes ne sont plus que de véritables phénomènes lumineux. Ce sont ces couleurs qui constituent la lumière apparente et passive, effet produit par la lumière active et invisible.

* Cest aussi par une interprétation inductive que nous distinguons la nature des agents lumineux ; c'est en comparant Taspect des corps éclairés que nous distinguons la lumière objective, blanche, bleue ou jaune. Mais nous n'appellerons pas cette interprétation une vision, parce qu'elle est moins naturelle que celle par laquelle nous jugeons des différences de couleur réelle des corps. La vue se porte au dehors et traverse les signes pour atteindre le corps ; le jugement sur la nature de la lumière ambiante suppose, au contraire, un retour de Taspect vers sa cause. Cependant cette interprétation même est si rapide que nous croyons voir une sorte de voile bleu ou rouge entre nous et les objets, quand ils sont éclairés par une lumière bleue ou rouge.

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Nous pouvons nous demander en quoi elles consistent.

Nous nous retrouvons ici en face d*un objet semblable an son que nous avons étudié.

Les couleurs apparentes semblent objectives et ne sont pas des substances, ni des qualités de substances connues.

Elles semblent d*abord objectives; elles apparaissent en dehors de nous et de notre organisme, à la surface même des corps extérieurs. Mais elles ne sont pas des substances. Elles n'appartiennent pas au corps lui-même, puisqu'elles sont distinctes des couleurs réelles.

Elles sont également autre chose que les variétés de Tagent lumineux.

L'agent lumineux sort constamment des sources lumineuses, vient frapper sur la surface des corps, subit en ce point une modification qui le rend propre à produire certaines couleurs, repart dans diverses directions et finit par atteindre notre œil. La couleur apparente reste immobile et passive à la surface même du corps.

Il est impossible d'établir entre la couleur apparente et l'agent lumineux cette identité concrète qui existe entre une substance et son propre phénomène. Le rapport de l'agent lumineux à la couleur apparente n'est pas le rapport de la substance au phénomène. C'est le rapport de la cause à l'efTet.

La lumière objective qui, modifiée par la teinte des corps, se répand dans diverses directions à partir de cette surface, est la cause de l'apparence des couleurs diverses sur cette surface, mais c'est une cause inconnue dans sa nature, ce n'est pas la substance de la couleur. Ainsi la couleur apparente semble objective et n'est pas substantielle. C'est un fantôme creux, une apparence vide, quelque chose dont l'essence est de paraître, c'est-à-dire, d'être vu, comme l'essence du son est d'être entendu.

Nous pouvons donc appliquer au phénomène de la lumière apparente la même analyse que nous avons appliquée au phénomène du son.

En premier lieu, la couleur apparente, comme le son, est sus-

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