‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 228 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

snpplée la cause, place le rayon à une distance arbitraire plus grande que celle des objets perçus dans cette direction, et forme ainsi le grand fantôme de la voûte azurée des cieux.

Ainsi les couleurs apparentes sont subjectives; c'est notre moi , c'est notre faculté sensitive des couleurs qui revêt l'univers de son brillant vêtement. Mais ce vêtement n'est que l'extrême superficie de l'univers. Selon la règle et dans la vision normale, il s'applique avec une parfaite exactitude sur le vêtement objectif des foyers lumineux qui produisent la couleur, lequel s'applique aussi sur la surface à teintes diverses des corps réels. Les illusions sont l'exception. Ce sont certaines circonstances exceptionnelles qui font flotter à vide, sous forme de météores lumineux objectifs, que la science appelle images réelles, la lumière séparée des corps. D'autres circonstances exceptionnelles détachent le fantôme subjectif et le font poser en l'air dans un lieu où il n'y a rien de réel qui lui corresponde ; il porte alors le nom d'image virtuelle. Mais la règle de la nature, selon laquelle est faite l'éducation de nos facultés, c'est que ces trois systèmes de couleurs : couleurs des corps, couleurs de l'agent lumineux, et couleurs apparentes, soient exactement superposés.

On voit par cette étude que la science n'a fait que suivre pas à pas au travers des faits la route que la raison elle-même, en la supposant très subtile et très ferme contre les illusions, aurait pu tracer. On voit qu'elle n'a fait que corriger et expliquer les premières notions incohérentes et contradictoires du bon sens.

Ici il importe de bien se tenir en garde contre une manière très inexacte d'exprimer cette correction scientifique.

On dit quelquefois :

Le bon sens déclare que les couleurs sont objectives.

La science déclare que les couleurs sont subjectives.

Donc la science contredit le bon sens.

«1* LE rr^wMiE ET u STg^BTi: EiPimit^riLiL

D'^qvèft les expfiotioB» que wws amoas doanées, 1 Fastre ascertÎM sost Êutues.

Le hmm sens se d«dUre les coofetm oLjertms fse sovs certaines réserves, «mis U ré&erre que les OMdesis afUMieiites iv soDi pas des substaïKies. mais dcs apianmces tîJcs. et soos h réserve que les eonleiirs réeDes des cmps ne se confoadaU pas avec les conleors de rasfiect ^fpènatL

La sdeoee ne déclare nnUoiient en thèse raiénle qne les coolems sont sabjectîres. EDe dédare seolement qne les cooleors apparentes, les conîenrs directement et immédiatement perçues, sont snbjectÎTes. Mais elle reconnaît deox s<tftes de conleors objeetires. la teinte des corps et la Inmière objectiTe colorée. Elle dit seulement qu'elles sont de natnre différente et que la couleur des corps est visiUe par interprétation, au lieu d'être visible par perception inunédiale.

En distinguant ces trois éléments dont un seul est subjectif, la science ne nie pas qu'ils n'aient des rapports très intimes, que l'élément subjectif ne soit le si^ne nécessaire des deux autres, d'où fl résulte qu'ils sont très exactement désignés par le nom même de la couleur ^[iparente.

Le rouge du corps, le rou^ de la lumière objective, le rou£e apparent sont trois phénomènes très distincts . dont deux sont ol^ectiCs et le troisième subjectif, mais comme chacun est cause du suivant, et signe du précèdent, comme ce rapport est constant, comme les variations de la teinte des corps et de la lumière colorée ne peuvent être expérimentalement connues que par les variations correspondantes de la couleur apparente, il est parfaitement naturel qu'ils portent le même nom. Cela ne cause aucune équivoque pratique parce que dans toute question pratique et scientifique le sens de la phrase et de la question indique de quel rouge on veut parler. L'équivoque n'existe que dans la question métaphysique de la nature des couleurs, et là encore, elle peut être aisément corrigée.

Ainsi ces deux notions qu'on disait contradictoires s'accordent pleinement.

L'une n'est que l'explication, le développement, la forme plus précise de l'autre. La notion de bon sens est une {dernière

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