LIVRE IV. — CHAPITRE IV
approximation, la notion métaphysique et scientifique est une correction légitime et prévue.
Quelle est maintenant, en face de ces doux notions concordantes, la situation du système de Tétendue subjective ?
Ce système est évidemment, non pas la correction, mais la contradiction directe et absolue de la doctrine du bon sons. Entre l'espace objectif et Fespace subjectif, entre rexistonce des corps réels et la réduction de tous les phénomènes externes à de pures sensations, il y a opposition complète.
L'opposition, on peut le remarquer, est toujours aussi grande quelle que soit la forme particulière que prenne le système de l'étendue subjective. Qu'il y ait ou qu il n'y ait pas hors de l'étendue une cause des sensations ; qu'il yen ait une ou qu'il y en ait plusieurs, cela ne change absolument rien à la question de savoir si oui ou non il y a un espace objectif et des corps réels.
Mais nous avons reconnu que le bon sens et la science étaient d'accord. Donc le système de l'étendue subjective est opposé à la science conmie au bon sens.
La science, comme le bon sens, admet la distinction de l'objectif et du subjectif. C'est même précisément au nom de cette distinction que la science déclare les couleurs apparentes subjectives. C'est en découvrant, en distinguant clairement les phénomènes objectifs, les vibrations de l'éther, l'agent lumineux cause de la couleur, qu'elle met en évidence la différence de l'apparence et de la réalité. C'est parce qu'elle habite dans le monde objectif, c'est parce qu'elle le scrute de toutes parts, qu'elle trace avec précision cette limite entre le moi et le non moi que le bon sens laissait indécise.
C'est au moyen de la notion pleinement objective de la forme tangible que la science explique ce phénomène si étrange de la perception au dehors sous l'aspect d'une forme en relief à trois dimensions, d'une apparence colorée qui est créée par notre rétine. C'est par son rapport constaté avec un dehors véritable que cette apparence colorée , simplement suspendue devant la rétine, sentie simplement en dehors de nous, mais nous touchant pour ainsi dire, s'éloigne graduellement et se fixe autour d'un objet réel. Et si plus tard elle peut paraître
(II LE POOTTVIpfB ET LA SOBCE ESPÊanÊEXTMLK,
aa dehon qaoiqae yiâe et imaginaira. c^'est le ddun olijeclîl le dehon tangible qui loi a àaané sa fonne et sa plaee TéritaUe, qa*dle a ooniervées par lliabitnde et Finstiiici organique.
C^est ansai parce qoll y a des corps r6ds qa*il j a liea de distinguer les bniâines des corps r6ds. Si toot était sobjectif, les images lamineoses ne s'éloigneraient pas en mffmroÈce de la rétine, elles ne se localiseraient pas dans Feqiaee, on bien si eDes le fisisaient, ce ne serait ]dns comme la sdence Texplique, par une induction, ce serait par une véritable haUucination.
Mais, en ce cas, elles n'exigeraient pins pour les prodoire one surface formée d'une série de foyers de rayons colorés, ni un agent lumineux. Elles pourraient poser tout à fait en Tair. ou s'appuyer sur la cause cachée et inétendue de toute la fantasmagorie, qui dans le système de l'étendue subjective, remplacerait le monde réel.
Ainsi cette théorie scientifique que les sensualistes invoquent se retourne contre eux. Obligés de substituer, comme l'a fait M. Taine, l'hallucination à l'induction, ils scmt condamnés par la science aussi bien que par le bon sens et la raison. Le système de l'étendue subjective, absurde au point de vue du bon sens, est faux et inexact au point de vue expérimental. D nous a suffi d'étudier la perception des apparences lumineuses et sonores pour le constater; l'évidence de notre démonstration deviendra plus grande quand nous aurons étudié à son tour, et placé en parallèle avec celle-ci, l'autre perception, la perception des corps.