‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 230 sur 320 · LA RAISON ET LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA RAISON ET LA SCIENCE

Nous avons analysé la double perception de Touïe et de la vue, mais en ne nous occupant, quant à la vue, que des couleurs et de la lumière.

Nous avons reconnu que ces deux perceptions sont conformes à la théorie sensualiste, c'est-à-dire se réduisent à des phénomènes subjectifs produits par une cause qui n'est connue qu'indirectement et par induction.

Mais nous avons vu aussi que ces mêmes perceptions exigent pour leur explication complète et scientifique , l'existence d'une autre espèce de perception, celle des corps réels. C'est cette perception que nous allons étudier, à savoir : la perception des corps par la vue et le tact, en nous restreignant aux corps solides rapprochés et accessibles.

Nous étudierons d'abord l'objet de cette perception, la notion que nous avons de ce qui est perçu, et ensuite le moyen par lequel la perception s'est faite. Nous procéderons d'aiUeurs comme dans les cas précédemment étudiés.

Nous exposerons au sujet de Tobjet de la perception concrète la croyance du bon sens ; nous montrerons ensuite quel est le jugement de la raison et quel est celui de la science sur cette notion.

41'» 4B POSmvlSlIE ET LA SOEXŒ ElPÉBOIEïnrALE.

Qa*estrce qa'an corps selon le bon sens ?

C'est 4'al>ord et avant tout une substance, une chose réelle *.

C'est une chose objective, complètement extérieure à notre moi. n nVa qu'un corps qui nous appartienne; c'est notre propre corps. Les autres corps nous sont étrangers. Par rapport à une autre personne notre corps est objectif.

C*est une chose située réellement dans Teq^ace, dans un espace objectif et cela, indépendanmient de notre propre conception.

C'est une chose logée dans Tétendue, limitée dans tous les sens, terminée par une surface. «^

C'est une chose solide» qui occupe Tétendue et en exclut les autres corps ( par hypothèse nous ne considéras que la perception des solides ).

C'est une chose mobile, susceptible, sans éprouver de changements intrinsèques, de subir divers mouvements, d'être placée dans diverses situations par rapport aux autres corps.

Toutes ces propriétés sont essentielles au corps. On ne peut le concevoir sans ces propriétés. Elles sont en effet nécessaires et suffisantes pour que le corps soit perceptible par le tact, c'est-àdire par le sens qui perçoit les réaUtés. Le tact perçoit la forme, sous la condition que cette forme soit solide et exclusive d'une autre forme semblable. Il distingue les corps les uns des autres en les séparant, ce qui suppose qu'ils sont mobiles.

Pour que le corps soit visible, il faut une autre propriété, celle de réfléchir ou de réfracter d'une manière quelconque les rayons de lumière. Il ne serait pas exact d'appeler cette propriété la couleur, caries corps transparents nont pas précisé-

* Voir la note finale du livre le"". 11 importe de ne pas oublier que nous avons adopté une définition de la substance qui s*applique aux corps eniii^rs, aussi bien qu'à leurs éléments.

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