LIVRE IV. - CHAPITRE VIll
des propriétés qui n'ont aucun rapport avec les sens, il n'y a pas de propriétés absolues, ou du moins elles se réduisent aux propriétés métaphysiques, telles que la réalité, la contingence, etc.
La vraie distinction est celle que nous avons établie entre les propriétés réelles et objectives et les propriétés apparentes qui sont de simples signes subjectifs. La couleur réelle des corps appartient à la première classe, la couleur apparente de l'image à la seconde.
Maintenant parmi les propriétés objectives et réelles, y a-t-il lieu à établir des distinctions ?
Au point de vue scientifique, nous croyons qu'il n'y en a pas; si ce n'est qu'il existe des propriétés plus simples que les autres, et des propriétés complexes, qui en sont la combinaison. Mais tout ce qui appartient au corps, tout ce qui dure et subsiste avec lui, lui appartient d'une manière absolue.
Au point de vue métaphysique, il doit y avoir des propriétés essentielles dont les autres découlent, mais l'étude de ces propriétés, qui fait partie de celle de la nature intime de la matière, ne rentre pas dans notre cadre.
Au point de vue expérimental et vulgaire, il y a des propriétés directement intelligibles en elles-mêmes, telles que l'étendue, la forme, le mouvement et l'impénétrabilité, et d'autres qui ne peuvent être définies expérimentalement que par leurs rapports avec les signes, telles que les couleurs réelles. Mais nous avons vu que la science en expliquant, plus clairement la nature des signes, pouvait donner une définition de ces propriétés indépendante de nos organes. C'est ainsi que la couleur réelle est la propriété d'absorber certains rayons lumineux.
Nous n'attachons pas grande importance à ces distinctions. La distinction capitale est celle des éléments objectifs qui constituent la notion concrète, et des éléments subjectifs qui en sont le signe.