‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 258 sur 320 · III · texte numérisé non relu

III

Nous pouvons maintenant expliquer clairement les rapports et les différences des deux perceptions que nous avons prises pour types ; perception des apparences et perception des corps.

Dans Tune comme dans l'autre il y a des éléments objectifs et des éléments subjectifs, et on passe du subjectif à l'objectif par une interprétation naturelle et qui, au moins par Tbabitude, devient inconsciente.

Mais dans la perception des apparences Tinterprétation se fait toujours par voie indirecte, en s'appuyant sur les connaissances acquises par la perception des corps. L'élément objectif est de plus très incomplet et très vague ; il consiste en la notion d'une cause située en un certain lieu et produisant le phénomène subjectif. L'élément subjectif au contraire est en général très apparent et très simple. Aussi le travail scientifique consiste-t-il presque uniquement à chercher à compléter les notions objectives.

Dans la perception des corps au contraire, Tinterprétation est, ou du moins peut être, directe, et ne s'appuyer sur aucune autre expérience. La notion objective est celle d'un corps réel, étendu, figuré, impénétrable, mobile, et visible ; elle contient des éléments définis et multiples, intelligibles par eux-mêmes, sur lesquels la raison peut s'arrêter, et que l'abstraction peut décomposer.

Les éléments subjectifs sont multiples et s'effacent devant la notion objective. Aussi le travail scientifique est-il double. D'une part, nous cherchons à perfectionner la notion objective en étudiant les propriétés des corps ; c'est le but de la physique et de la chimie et des autres sciences qui s'occupent de la matière. D'autre part, nous revenons sur les signes subjectifs pour les distinguer et étudier le mécanisme de la connaissance. C'est le but de la théorie physiologique de la perception. ' Tout confirme donc notre théorie.

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