‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 278 sur 320 · LIVRE IV. - CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - CHAPITRE X

corps qui sont l'objet île son étude ini'onsciento, il acquiert gfitduellement hi faculté d'user inlelligemmeut de ses organes et la possession du sens des signes tactiles.

Nous venons do parcourir les conditions primitives nécessaires de l'éducatioa des sens. Nous les avons restreintes autant que possible ; nous avons fait aussi large que possible la part de l'cxpérieuce instinctive et de l'induction inconsciente.

NoUB l'avons faite plus largo que la science expérîmenUile ne l'exige, Cîir il n'est pas probable que jamais on puisse vérifier par les faits le travail de l'expérience inconsciente, jusqu'à approcher des premiers signes spontanément traduits que nous avons énumérés. On a pu expérimenter le commencement de l'usage du la vue chez un aveugle instruit, adulte, et sachant user de sa raison. On ne peut pas espérer faire de même pour l'usage du t;ict ; car l'usage du tact, sons des réalités, est nécessaire pour le ' développement de la raison.

Pour passer des sensations à la connaissance des corps, pour entreprendre ce voyage du moi au non-moi, du connu à l'inconnu, il faut absolument certains éléments fournis par la nature. Pour cette traversée, il faut un vaisseau, ce sont les organes ; il faut une boussole, ce sont les instincts ; il faut un point d'appui extérieur, des rames ou une roue qui frappent l'oau, ce senties notions premières fournies par la nature; il faut enfin un moteur, c'est cette activité psychique dont parle Ilolmholtz, qui truluit les sensations on notions.

Jetons maintenant un coup d'œil sur les phases de ce voyage do Ihomme à la découverte du monde estérieur.

Considérons nu enfant au berceau, à l'Age où il commence à discerner les images colorées et les sons, même avant que ( raison no semble être éveillée.

Quel est son état do conscience, pour parler la langue des sensualistes ? Qu'éprouve-t-il ?

n éprouve une vague sensation musculaire générale, qui se confond avec le sentiment de son existence ; mais il ne connaît pas la forme de son corps et de ses organes. Il a peut-être le rudiment de la notion d'étendue, le signe sensible ayant déjà commencé à être vaguement interprété.

Il entend des sons, il sent des odeurs, mais il ne sait pas d'où viennent ces impressions qu'il éprouve. Il voit passer devant ses yeux des fantômes colorés, mais il ne sait à quelle distance ils se trouvent, ni quels corps ces apparences signifient.

Qu'est-ce donc que cet enfant ?

C'est un philosophe sensualiste, exactement conforme à la définition de Hamilton et de Stuart Mill.

Il éprouve des phénomènes qui sont des phénomènes de fùiconnu suivant l'expression de Hamilton.

Si un corps étranger vient à le choquer, si une ombre ou une lumière vient passer sur ses yeux, si un son retentit à son oreille, le corps qui produit ces effets est certainement pour lui la cause incofinue de ses sensations.

Il est donc parfaitement conforme à la doctrine moderne ; il n'a encore acquis aucunde ces préjugés métaphysiques sur l'existence des corps dont les hommes adultes sont infectés par l'effet de la tradition.

Son ignorance du monde extérieur, son impuissance à atteindre l'objectif, a même sur celle de nos philosophes un très grand avantage ; elle est naïve, elle est simple, elle ne s'exprime pas sous la lourde forme de dissertations. Entre cet enfant et les philosophes sensualistes modernes, il y a la différence qui existe entre l'enfance véritable et le retour à Tenfauce après avoir passé par l'âge adulte ; tout le monde comprend combien le second état est moins gracieux que le premier.

Malheureusement cet heureux état, si conforme à la vérité philosophique, ne durera pas longtemps.

La perception du tact ne tardera pas à changer son état de conscience. Parmi les images qui passent devant ses yeux, il en est une qui lui devient familière et qui s'unit bientôt à un contact

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