‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 284 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE XI

et que la science étudie. L'hypothèse que nous faiMOB n'est point une de ces hypothèses fabuleuses qui ne prétendent pas pouvoir être réalisées. L'anéantissement de tous les êtres kkg^niques est un phénomène possible. Il suffirait d'ailleurs qu'ils n'existassent pas dans une certaine partie du monde, pour que ce que nous venons dédire s'apjiliquàt exactement à cette région. Il suffirait que, dans quelque baie encore inexplorée, il n'y eût aucun aâSU vivant, pour que les couleurs et les sons n^y existassent point et que les vibrations seules s'y trouvassent.

En d*«utres termes, ce monde matériel composé d*atomes vuMMiqui m choquent, ce monde monotone et mort, ne s'iUunàot^ ne se iransfonne et n'apjMuratt dans son éclat qu'au moment oàiFentre an communication avec un être sensible. C'est au C08||et d'iâ tympan que la myi||g;ieuse et silencieuse arithmétiqaçi^des vibrations retentit en un harmonieux concert. C'est au contact d'une rétine que les circulations vtilées des atomes d'éther s'épanouissent eft feintes diapciès. Jusque4à elles ne sont rien qpijf Ses mouvjmients, jusque-là les sons et les couleurs ne diffèrent que par kii^diflaension et la vitesse du iiifi>bile, il n'y a, entriMes^^teis et les autres^'^e la différence qui existe entre le mouveàant d'une balle de fusil et celui d'un boulet de canon.

Ces résultats étranges doivent-ils nous faire douter de la certitude des vérités sdantifiques ? Faut-il abandonner pour cela l'explication du son par les vibrations et celle de la lumière par les ondulations ? Nullement. Bien mauvais philosophe et bien faible savant serait celui qui rejetterait un résultat scientifique, parce qu'il est étmge et inattendu. Cela se pouvait autrefois ; mais, de nos jours, en présence des surprises continuelles que la science fait aux hommes, il faut bien reconnaître que le monde est plus singulier et plus bizarre que nous ne l'aurions imaginé.

Nous servirons-nous maintenant de ces résultats pour contesas

ter TaulonCft du bon sens et partant celle de la science elle-même? Dirons-nous que puisque Thomme s'est trompé en croyant à robjactivité des couleurs, il peut se tromper encore en croyant à Tobjectivité des corps ?

Nous avons déjà surabondamment répon^ à cette objection, Nous avons montré la différence pcofonde qui existe entre les apparences et les corps réels, entre les deux espèces de perceptions. Nous avons montré que la croyance à robjectiNiié des sons et des couleurs apparentes est une illusion facilement corrigée, un effet d'association d'idées que la raison réduit idsément àsa juste valeur. . .

Remarquons en effet que les vibrations diverses, qui au point de vue rationnel sont si uniformes, contiennent %a puissance toutes ces brillantes sensations dont nous les avons dépouillées. Le son est prêt à éclater, la lumière prête à psraitre, dès que Ii^ tympan et la rétine seront mis en rapport avec la cause objective ; de même que le mouvement d'une machine à vapeur est prêt à commencer dès que la soupape' d'introduction sera ouvwle. Nous n'avons pas dBt autre chose, sinon que ki Iiumère ne brille pas pour les aveugles et que le son ne retentit pas aux oreilleo d'un sourd.

Néanmoins cette diversité d'aspect entre le monde apparent et le monde réel, cette dissemblance des deux faces de la réalité, de celle qui se manifeste à nos sens et de celle que notre intelligence éclairée par la science peut contempler, nous conduit à d'importantes conséquences que nous allons signaler.

C'est en premier lieu que la réalité et l'apparence sont distinctes. C'est qu'il existe autre chose que des apparences.

C'est en second lieu que la raison humaine sait distinguer le réel de l'apparent. C'est que la réalité se manifeste à elle par certains caractères que l'apparence ne possède pas.

Sans cela, pourquoi chercher et pourquoi croire avoir trouvé l'expUcation du son et de la lumière ? Apparence pour apparence, la lumière vaut bien le mouvement.

Si, comme le veulent les sensualistes, on devait considérer comme un axiome que nous ne pouvons absolument rien connaître du monde extérieur que les sensations qu'il nous, fait

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