‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 290 sur 320 · LIVRE nr. — CHAPITRE XI. 5M · texte numérisé non relu

LIVRE nr. — CHAPITRE XI. 5M

iions moyennes des molécoles. C^est cette invariabilité qui est la cause de l'impénétrabilité relative des corps solides. Deux corps solides se choquent parce qu'ils ne pourraient pas, sans changer les distances relatives des centres d'oscillation de leurs molécules, pénétrer Tun dans l'autre.

Liqttides. — Les liquides sont constitués comme les solides, par des molécules vibrantes, situées à de grandes distances les unes des autres ; mais les distances relatives des centres d'oscillations des molécules n'ont plus la même invariabilité. Les distances ne sont soumises qu'à une condition ; elles ne peuvent être plus faibles qu'en certain minimum, au moins sous une pression donnée. Il y a en outre une autre condition résultant de la gravitation ; c'est l'impossibilité qu'il reste un vide entre les iMlécules. Mais à la condition qu'il n'y ait ni condensation, ni vide, les oïolécules peuvent se déplacer de toute manière, les unes par rapport aux autres.

Gaz. — A l'état gazeux, les mouvements des molécules sontai rapides et si violents qu'elles ne se maintiennent plus chacune dans l'imérieur de ||ur sphère propre. Elles se précipitent les unes sur les autres et se choquent constamment de mille manières différentes. Aussi les gaz ne peuventrils subsister qu'autant qu'ils sont maintenus par des parois ou des forces extérieures. Sans cela, leurs molécules se dissiperaient dans l'espace. Quand un gaz est maintenu par des parois , les molécules se choquent continuellement , et les molécules voisines des parois ne cessent de choquer contre l'o'bstacle qui les retient. C'est l'ensemble, la sonune totale de ces chocs qui constitue la pression du gaz.

Éiat radîarU. — Dans l'état radiant, la raréfaction du milieu est devenue telle que les molécules peuvent parcourir un long chemin en ligne droite, sans choquer d'autres molécules. La matière, dans cet état, est composée d'une sorte de vent de molécules distinctes, qui suivent individuellement une même route et marchent en ligne droite , tant que rien n'intervient pour les faire dévier de leur route.

Il est facile de voir que l'idée d'un corps solide , selon cette théorie , est assez différente de l'idée vulgaire et primitive, selon laquelle ce serait une étendue complètement pleine, et dont toutes les parties seraient dans un repos relatif absolu.

Cependant il importe de remarquer que ces deux notions, celle du solide naturel selon la science , et celle du solide absolument plein et invariable, qui est la première idée du bon sens, ont certains caractères communs.

L'un comme Tautre ont une forme ; seulement la forme du solide naturel est l'enveloppe du champ des vibrations des molécules, celle du solide absolu serait la limite exacte de sa matière.

L'un comme l'autre sont impénétrables, c'est-à-dire excluent tout autre corps éi^^lieu qu'ils occupent ; seulement le solide naturel exclut en raison du mouvement de ses molécules; le solide absolu en raison de son impénétraUlité propre.

L'un comme l'autre sont invariables et peuvent être considérés à l'état de repos : seulement, l'invariabilité tt le repos dans It sollâe naturel n'ap-

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p&rtiennent qu aux positions moyennes des molécules, et se concilient avec leurs vibrations; dans le solide absolu, Fin variabilité et le repos sont com^ plets. L'un comme Tautre sont mobiles et inertes.

Ce sont les caractères communs des deux notions, à savoir Tinertie et la propriété générale d'exclure les autres corps de Tintérieur d'une certaine forme déterminée, et à peu près invariable, qui ont été perçus par le tact. La notion des corps solides, résultant du tact, s'applique donc également au solide naturel et au solide absolu que le bon sens imagine.

Ici encore la science ne fait que corriger et non détruire une notion de bon sens.

Si maintenant nous considérons la molécule première isolée , nous verrons qu'elle possédé 4^ mêmes caractères , qui sont communs au solide naturel et au solide^ l9>solu, et qui sont le résultat naturel de la perception tactile.

En effet, ces molécules se comportent exactement comme de petits corps solides, comnliliie petites balles de fusil.

flbmme les éorps solides naturels, elles sont mobiles, inertes et capables de transmettre le mouvement qu'elles ont reçu.

Comme les corps solides, elles excluent toute autre molécule d'un certain espace, elles sont impénétrables dans un certain sens.

Sans cela, en effet, elles ne pourraient pas agir par leur cboc et communiquer leur mouvement à d'autres molécules.

Lors mém» que l'on assimilerait ces molécules à de simples centres de force répulsive, lors même qu'on adopterait le système de Boscovich, il serait toujours vrai que ces centres de force se repoussent l'un Tautre, s'excluent l'un l'autre des lieux où ils résident, et empêchent une molécule étrangère de pénétrer dans le voisinage immédiat des points qu'ils occupent. C est encore une espèce d'impénétrabilité.

Ainsi, ou retrouve dans la molécule les mêmes propriétés qui sont communes au solide naturel et au solide absolu.

Quelle est maintenant la constitution intrinsèque de cette molécule.

Ici nous sommes forcés d'avoir recours aux hypothèses?

Peut-on la supposer semblable à un corps solide naturel, c'est-ànlire composée elle-même de plus petites molécules vibrantes ?

Rigoureusement cela se peut. On remonterait ainsi des atomes qui composent les corps à d'autres atomes plus petits, à des atomes à la seconde puissance, si Ton ose ainsi parler.

Mais il est évident qu une telle décomposition doit avoir un terme, et qu'il doit y avoir un moment où l'on rencontrera un atome non composé d*atomes plus petits, et par conséquent tout différent intrinsèquement du solide naturel.

En quoi consistera cet élément matériel, dernier terme de la décomposition des agrégats naturels ? -«^

On ne ptut guère faire à son sujet que deux hypothèses.

Ou c'esi^ corps plein, un solide absolu comme ceux que la ^remiiiee vue du bon sens imagine ; corps d'ailleurs d'une forme quelconque et animé de mouvements quelconques. C'e^t alors le véritable atome.

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