DES ANTINOMIES APPARENTES
Ce que nous avons appelé antinomies apparentes^ ce sont les conclusions opposées et n'étant conciliables par aucun procédé logique, qui se rencontrent à la limite de la connaissance humaine, lorsque, de problème en problème, le philosophe est arrivé aux problèmes les plus profonds.
Nous ne nous arrêterons pas à démontrer Fexistence de ces antinomies. Il suffit de parcourir les livres des philosophes, de quelque opinion qu'ils soient, pour reconnaître qu'il y a certains points obscurs dans leurs systèmes, certaines conclusions qu'ils ne peuvent mettre d'accord. Ce seront, dans la philosophie desspiritualistes , l'accord de l'immutabilité et de la liberté de TÊtro suprême ; dans celle des panthéistes, l'accord de la nécessité de l'univers et de la contingence de ses parties; dans celle de M. Taine, malgré les simplifications que lui procure la suppression des substances, l'accord de la sensation et du mouvement, etc., etc.
Logiquement, ces antinomies prennent la forme de deux propositions qui sont ou qui semblent être directement contradictoires, ou d'une proposition dont le sujet et l'attribut s'excluent. Toiles sont, par exemple, les antinomies propres au spiritualisme : Dieu ne peut changer, et Dieu est libre. Le monde, créé par un auteur parfait, doit être digne de son auteur ; le monde est, en réalité, plein de mal et de désordre.
La même forme contradictoire se rencontre dans les antino-