LIVRE PRÉLIMINAIRE. — CHAPITRE VIL
d'Aristote à Leibnitz, il semble que la métaphysique roule dans un cercle.
Le véritable progrès paraît donc devoir consister à choisir entre ces divers systèmes d'une manière plus scientifique, en nous rendant compte d'une manière plus complète des motifs de notre choix.
Or, ces divers systèmes présentent chacun leurs difficultés spéciales qui prennent logiquement la forme d'une apparente contradiction. Ces difficultés sont, soit des contradictions réelles, soit des antinomies simplement apparentes. En outre, évidemment un système est d'autant plus vrai qu'il contient moins de contradictions réelles, et plus d'antinomies apparentes. Le système le plus parfait, le système vrai, s'il est au pouvoir de l'homme de le découvrir, serait celui dans les données duquel il n'y aurait aucune vraie contradiction, tandis que tous les pro- Uëmes qui dépassent la portée de notre raison seraient mis sous la forme d'antinomies apparentes.
Le problème suprême de la métaphysique consiste donc à dis^ tinguer sûrement et scientifiquement les contradictions véritables des antinomies apparentes insolubles.
Nous allons indiquer comment, selon nous, cette distinction doit se faire.