DU CRITÉRIUM DES ANTINOMIES APPARENTES
Quel est le moyen pratique de distinguer, dans les questions de haute philosophie, une antinomie simplement apparente, mais insoluble, un mystère de métaphysique, d'avec une contradiction véritable ?
Telle est la grave question que nous nous sommes posée.
Or, remarquons d'abord que, si nous nous adressons à la logique pour lui demander le critérium que nous cherchons, nous devrons constater son impuissance. La logique, cette science qui ne s'occupe que de la forme même du raisonnement, est supposée avoir achevé son œuvre. L'antinomie dont nous parlons n'est réellement insoluble que lorsque la logique a échoué à la résoudre. Si quelque distinction oubliée, quelque équivoque dans le langage était la cause de l'erreur nécessairement cachée dans un résultat contradictoire, les procédés ordinaires du raisonnement l'auraient fait découvrir.
La logique, il est vrai, possède un moyen général de résoudre les contradictions apparentes : c'est la distinction. S'il est possible de saisir, dans le sens des propositions opposées, certaines variétés d'aspect, la logique sépare chacune de ces propositions ou l'une d'elles en deux propositions d*un sens différent, et, excluant le sens qui maintiendrait la contradiction absolue,