LIVRE PRÉLIMINAIRE. — CHAPITRE VIII
/ 1 Thèse et antithèse mal prouvées ou plus ou
.2 moins arbitraires.
•^ I 2. Évidence de l'opposition absolue de la thèse
i J ^ ; et de Tantithèse.
cS S ^ ] ^ • Situation du problème dans la partie élémen-
o / taire et antérieure de la science humaine.
P 4. Stérilité des conséquences des deux proposi-
\ lions admises simultanément.
On le voit, notre conclusion est analogue à notre point de départ. Nous sommes partis du bon sens, nous aboutissons au bon sens. C'est le bon sens qui nous a fourni nos premières données. C'est le bon sens supérieur, le bon sens perfectionné par l'analyse qui nous donne la solution des derniers problèmes. Le début de la science a été un premier regard jeté sur le monde entiei: d'où résultait une première notion d'ensemble. Le terme de la science, c'est un dernier jugement du bon sens sur les questions les plus hautes que la logique n'a pu résoudre.
Pour rendre ce jugement avec sûreté, le bon sens est obligé de quitter le terrain étroit de Tobservation détaillée et de l'analyse logique, et de jeter de nouveau un regard sur l'univers entier, de faire appel à tous les faits et à toutes les facultés intellectuelles à la fois. En un mot, selon notre méthode, c'est l'honmie qui commence la science, et c'est l'homme qui la termine et la couronne ; le logicien abstrait, l'observateur technique et spécial, ont leur rôle, mais ils n'agissent que dans la région intermédiaire, dans le cours du progrès de la science, et ils agissent toujours sous le contrôle du bon sens.
Dans la construction de l'édifice de la science, l'observation a apporté ses matériaux, l'analyse logique les a taillés, mais c'est le bon sens qui a posé les fondements et tracé le plan de l'édifice ; c'est lui aussi qui en pose le faite en résolvant les problèmes suprêmes de la métaphysique.