LIVRE PRÉLIMINAIRE. — CHAPITRE IX
tera, si cela est nécessaire, des termes nouveaux pour éviter les équivoques.
Ce premier travail fait, il continuera son étude en marchant toujours du connu vers l'inconnu. Il entrera dans le détail des faits et poussera ses observations dans différentes directions. Il essaiera de rassembler et de coordonner les faits constatés par l'observation et séparés par l'analyse. Il s'élèvera par l'induction au delà des faits observés.
Dans toutes ces opérations il observera toujours deux règles : Tune est de ne jamais contredire les premiers principes du bon sens, de ne pas détruire les fondements de son édifice ; l'autre ^ est de résoudre les problèmes dans l'ordre où ils se présentent» . , poussant pour ainsi dire les difficultés devant lui, ne sacrifiant jamais un résultat acquis par préoccupation des problèmes qu'il soulèvera ultérieurement, constatant les faits avant d^ leAo^liquer et de les interpréter.
En continuant cette marche, notre philosophe, notre savant, car nous supposons qu'il est l'un et l'autre, finira par rencontrer les bornes de la connaissance humaine. Du côté de l'observation, ces limites sont vagues et s'éloignent à mesure que la science se développe ; elles sont d'aiUeufi évidentes puisqu'elles consistent dans la simple impossibilité d'observer ultérieurement.
Du côté opposé, du côté de la synthèse, du raisonnement, du côté de la métaphysique, le phénomène inattendu qui indique que l'esprit humain est borné, c'est l'apparition • de vérités en apparence contradictoires, d'antinomies insolubles ou très difficilement solubles.
En présence i^ eet obstacle, notre philosophe ne se découragera pas. n commencera par essayer de le forcer ou de le tourner, et lirt souvent il y réussira. En concentrant les forces de son abstraltion et de sa logique, il arrivera souvent à tirer d'une thèse et d'une antithèse presque opposées, mais cependant non absolument contradictoires, une synthèse originale et féconde. Il suivra ainsi une marche qui semble analogue à celle qu'a suivie Hegel , toute différente cependant, différente comme la réalité diffère du rêve incohérent.
Ce progrès par thèse, antithèse et S3mthèse, aura aussi son
^t t.K POSITIVISME ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.
^*^*w*v Uioiitôt lo cercle se fermera de tous les côtés; les pre- ^^ii^l^>» i|UO(ilions seront résolues , les dernières restant inso- ^M^ M\ drosseront tout autour de la science comme une l^^mtiUlo infranchissable.
\\^\\{ uo Nom pas fini cependant. Ne pouvant savoir toute la \^iW% il roHlora à éviter Terreur; ne pouvant résoudre tous les ^mUI^IUOH, il restera à en résoudre le plus grand nombre pos- ^^M^S mwn t«H<[niver aucune difficulté, et sans admettre dans son ^^^^)Mi) «yntome aucune contradiction véritable. Evidemment, en ^^lU^^ 00 iront pas résoudre un problème que d'en nier les condil(\Mt<t. 00 n*ostpas résoudre celui de Tunion de Fâme et du corps V^V^^ lio lûor la simplicité du moi ou la multiplicité de Torga- S\^«MiOi {\i^ n'est pas non plus résoudre un problème que d'ad- NS^oUi'o ji la fois deux notions rigoureusement contradictoires.
r.o liomior travail se fera au moyen du procédé que nous avons H^^l^tpnV do ce dernier jugement du bon sens qui choisit entre les V'V^\lhi(liotions réelles et les antinomies apparentes insolubles.
MnrM si la méthode a été bien suivie, la science humaine *\M^i «uiHsi complète qu'elle peut l'être; elle atteindra tout ce ^^1 ollo peut atteindre; elle sera le plein développement des pre- V^st^n^M notions de bon sens, dont elle n'aura sacrifié aucune, et v^Uo no laissera en dehors d'elle que des problèmes véritablement SSS^^^Iuhlos sous la forme de sommets obscurs en eux-mêmes, SSSmIU \\\>i\ émanera une lumière qui éclairera toute la partie acw^^iblo ot connue de la réalité.
i'Xidtmiment cotte méthode déplaira à certains esprits. Elle a '{^v^U|Uo chose de vulgaire, de terre à terre, elle attache une sv^^^iiiio importance au bon sens, c'est-à-dire aux notions que tf«^x^f\lont tous les hommes ; elle ne favorise pas l'aristocratie 'it^x suivants et des logiciens de profession.
^Uo est lente, elle exige de la patience; elle demande qu'on %\> V<ivance qu'à pas comptés ; elle ne permet pas au philosophe V H> lancer dans la haute mer des abstractions.
i serait bien plus commode de partir d'une ou deux défini-
w'-Ji^ et de tracer à grands traits le plan de l'univers; d'admettre
^ exemple avec Descartes deux substances, Tune consisUiut
^t^u» la pensée, l'autre dans l'étendue, sauf à avoir recours à