DE CET OUVRAGE
Noos ayons indiqué dans notre introduction la thèse fondamentale dont cet ouvrage doit être la démonstration.
Elle peut être énoncée ainsi : Les substances et les causes sont contenues dans le domaine de la science expérimentale.
En d'autres termes, ce que nous voulons nier, c'est la prétendue distinction absolue entre le monde phénoménal, objet de Texpérience, et le monde substantiel, objet de la métaphysique, et par suite la prétendue séparation radicale de ces deux ordres de connaissances.
Pour démontrer cette thèse dont nous avons fait comprendre l'importance à nos lecteurs dans notre Introduction, nous avons évidemment deux choses à faire :
n faut, d'une part, que nous définissions le plus clairement possible les notions de cause, de substance et de phénomtoe| que nous montrions l'impossibilité de séparer radicalement les phénomènes de leur substance et de leur cause.
n bat, d'autre part, que nous mettions en évidence les rapports qui existent entre Teipérience et les notions de cause et de substance, que nous montrions comment ces notions peuvent être dites expérimentales.
Or, appliquant la méthode que nous venons d'exposer, ce sera dans le bon sens de l'humanité quâamift chercherons les défini-
Ik LE POSITIVISME ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.
lions des termes de cause et de substance. Ce sera le bon sens qui nous éclairera sur la valeur de ces termes, et sur la nature des réalités qu'ils représentent.
Les termes étant tous compris, nous n'aurons qu'à consulter la science expérimentale elle-même, telle qu'elle est enseignée par les purs savants pour reconnaître qu'elle traite des causes et des substances.
Cette démonstratioii si simple présente cependant deux difficultés graves.
D'une part, il ne nous suffira pas d'énoncer les vérités de bon sens, il faudra que nous les défendions contre les faux systèmes, et principalement contre le sensualisme qui nie tontes les substances, et le matérialisme qui nie les substances spirituelles.
D'autre part , nous sommes obligé , pour résister aux faux systèmes, de donner à notre langage une très grande précision, et cependant nous voulons éviter de tomber nous-mème dans un système spécial et personnel. Nous voudrions rester toujours aussi près que possible des données universelles et incontestables du bon sens.
Voici maintenant le plan général de notre démonstration.
Nous la diviserons en deux parties ; l'une spécialement consacrée à la notion de substance, la seconde à la notion de cause.
La première partie qui aura pour titre général : Les substances et r observation pure ^ sera divisée en cinq livres.
Le premier intitulé : Des substances^ contiendra l'exposé des notions du bon sens sur les substances, et la définition aussi exacte que possible des termes qui servent à exprimer ces notions.
Son point de départ et sa conclusion seront identiques et se ïésumeront en cette vérité. — Les substances sont ce qu'on nomme vulgairement les personnes et les choses.
Le second livre intitulé : De la connaissance directe des substances^ aura pour objet de prouver d'une manière générale que les substances, c'est-à-dire les âmes et les corps, sont connues par l'expérience même, que ce sont des réalités qui tombent sous notre observation simultanément avec les qualités et les phénomènes.
Le troisième livre intitulé : De la connaissance du moi humainy