LIVRE PREMIER. - CHAPITRE III
Quand tious avons séparé par la pensée la couleur jaune et la forme ronde de l'orange, notre opération abstractive a porté directement sur la réalité observable qui se manifestait à nous.
Quand nous distinguons les facultés de notre âme, ou les capacités des corps telles que la mobilité ou Tinertie, nous partons des phénomènes successifs que nous avons constatés et qui sont d'espèces diverses; nous rapprochons ces phénomènes de la substance unique qui s'est manifestée dans chacun d'eux, et nous formons ainsi la notion d'un point de vue, d'une face de cette substance qui correspond à chaque espèce différente de^phénomènes.
Mais ces facultés, ces capacités ne sont pas des êtres réels, elles sont inséparables en réalité de la substance ; elles ne sont que la substance vue sous un certain aspect.
C'est donc au fond le même genre de décomposition idéale que nous avons déjà étudié ; seulement, au lieu d'être directement observable, la face de l'être qui porte le nom de faculté ou de capacité ne se découvre que dans les modes variables ou les phénomènes successifs qui la manifestent.
Les puissances sont cependant réelles et déterminées. Elles résultent en effet de la permanence même de l'être réel. Cette permanence ne consiste pas en effet dans la simple durée de l'existence ; elle consiste en ce que l'être reste le même sous différentes variations, en ce qu'il n'est capable que de cert^pis phénomènes; en ce que la mesure, la loi et l'ordre de ces phénomènes dépendent d'un élément fixe, la nature de l'être. Or, cette fixité déterminée de l'être est précisément exprimée par la distinction et l'énumération de ses facultés et de ses capacités. Il n'y a pas d'atltre manière de l'exprimer.
Chaque substance peut produire ou subir certains ^énomènes, et ne peut pas en produire ni en subir d'autres, au moins quand elle est dans un certain état. C'est cette vérité que nous exprimons lorsque nous disons qu'elle possède certaines capacités ou certaines facultés.
Les puissances des êtres ne sont donc pas des entités mystiques ou chimériques; ce sont des notions qui résultent de l'expérience elle-même et qui surgissent dSs faits.
iJL I^O^mVTâaiE ET LA àŒSCE EXPFBPIFNTALE.
n -^t rnû (put cas puîaaaiices ne sont pas directemei^ abser- %'4t»le)i : eilas sont caciiéai, mais eQes se cévèloit duis les phéamieiias.
Les êtres étant permanents et oe se manififtstant pas taïqoiirs. ont cme partie «f enx-mèmes actuellement visAIe. et one partie infiefle, mais cachée.
Les êtres étant permanents dans leor oatore* mails ne :iiiiiisq[iie successivement divers phénomènes, dixvent avoir des qni ne sont pas en acte : ils doivent avoir des aptitmâtm ifiri aetodiement ne sont pas réalisées.
CTest doue de Texpérience même et des &its qne sort hi notion de puissances actives et passives. Si eOe a qœlipie chose de mjrsférienx^ cela tient àce que les êtres réels enxnm^nes contiennent nn mystère, on point obscnr et impénétrable. Tonion de la per- SKmence et de la succession. Tunion de la diversité et de Tnnilé.
Remarquons, en dernier lien, qne les puissances d*ane sobstaace peuvent être soit des attributs, soit des modes. L*intefligence. l'activité, sont des attributs de la personne humaine. La ncience. la vertu, sont des modes. La mobilité et l'inertie scmt des attributs des corps. La force vive, puissance motrice qui pourrait produire divers phénomènes, est un mode du corps enmouvmnent.
1^4. — Tableem de$ princ^ndes déc€mpasitiùns de tumté
suôstantielle.
p«Tmân«f)f«ii
USUTIELLIS
et dorant autant
qae
la substance.
ATTtnrrs
fjkaufLU
et adventices.
■ODCS.
fntntmkutM
fêcet
tuccestlTM «t fluentes
âêUL
Résultant
d'une abstraction
spontanée
à la suite i
d'une
obserration statique.
Résultant
de la comparaison
de r unité
substantielle
avec certaines classes
de phénomènes
et
par conséquent
d^obsenrations dynamiques.
ai
CD
gcjUTis
Acnm.
Facultés
ou propriétés
actives.