‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 60 sur 320 · LIVRE PREMIER. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — CHAPITRE III

§ 5. — De la puissance et de l'acte.

La notion des puissances actives et passives des substances nous conduit à Texplication rationnelle d'une autre distinction très fréquemment employée en philosophie.

C'est celle de la jouissance et de Vacte, Nous avons reconnu que les substances, êtres permanents et durables, sont susceptibles de modes adventices qui se succèdent les uns aux autres. Nous avons reconnu également qu'à chacune de ces séries variables correspondent, dans le sein mystérieux de l'être concret, autant de puissances, c'est-à-dire de facultés ou de capacités.

Dès lors, il est facile de conclure que, dans toute substance réelle, il existe à chaque instant des capacités et des facultés non réalisées, mais déterminées cependant et faisant partie de la substance elle-même.

Or, on donne en philosophie le ncnii général de puissance à cette partie non réalisée de l'être, et le nova à! acte à l'ensemble des modes ou phénomènes qui sont actuellement réalisés.

On dit aussi qu'un corps en repos actuel est mobile en puissance, c'est-à-dire qu'il est capable de se mouvoir, tandis qu'il n'est pas intelligent en puissance, puisqu'il n'est pas capable de le devenir.

On dit, en général, que toute substance contient en puissance beaucoup plus de modes et de phénomènes qu'elle n'en contient en acte.

Cette distinction de la puissance et de l'acte sort, comme on le voit nécessairement, de la nature même des substances observables ; c'est parce qu'elles sont permanentes et successives, unes et diverses, qu'elles se décomposent ainsi en une partie intime et latente non réalisée, et une partie qui existe et se manifeste actuellement.

L'existence en puissance est une sorte d'intermédiaire entre le néant absolu et l'existence réelle. Les modes et phénomènes qui sont contenus en puissance dans une substance existante ne sont pas réels, mais leur principe existe réellement.

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he m^tne Far^te opposé à la poissance ne doit pas être confondu a^ec tante, phénomène Qnent qui manifeste nne Ëiculté active. VntU opposé à la puissance est tout simplement la réalité aetfienement existante: cette réalité peut être ptscmaneate ou même être passive.

Fias nous avançons, plus nous reconnaissons de points de vue divers dans cette mystérieuse et vulgaire notion de la substance.

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