IMPORTANCE DE LA DOCTRINE CONTENUE DANS CE LIVRE
Le premier avantage de la iituation que nous conseillons au spiritualisme de prendre consiste en ce que, du moment que Ton a reconnu que les substances et les causes sont con* nues par Texpérience , toute l'argumentation positiviste et rooniste, fondée sur la distinction du connaissable et de Tinconnaissable, s'écroule. Cette distinction factice permet de constituer comme une sorte de pompe aspirante et foulante qui, par un premier coup de piston, fait sortir les causes et substances de Texpérience, par un second les fait sortir de la science humaine, eu les déclarant inconnaissables, et par un troisième les chasse de la réalité en les déclarant chimériques, ou bien les fait rentrer dans les faits observables, mais après les avoir t^lement amincies et transformées qu'elles ont perdu leur véritable nature et leur véritable rôle. Toute cette évolution artificielle se trouve arrêtée dès l'origine, du moment que la limite du connaissable et de Tinconnaissable est placée ailleurs ; toute cette machine est brisée, du moment qu'on Ij^sse à la pensée humaine suivre son cours naturel, sans lui imposer des barrières arbitraires.
Mais ce n'est pas tout. Le spiritualisme, ainsi délivré de cette fausse métaphysique, est bien mieux armé ngn seulement contre le positivisme^ mais contre ses éternels advef saires^ le scepticisme et le panthéisme.
Le scepticisme est évidemment la maladie dl^minanto de Tesprit humain de nos jours, et c'est aâssi la maladie la plus diflScile à guérir. On peut réfuter de fausses affirmations ; on peut montrer aisément l'insufiisance de certaines solutions ; mais comment agir sur Te^rit de cdlui qui n'ose pas, qui ne
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sait pas affirmer? Comment conTaincre cehii qoi, an milieu des contradictions des systèmes, dédare qu'il ne pem anirer à la certitude? C'est, il faut le dire, la diflb:uité cafihsiie cie toute démonstration du spiritualisme, comme de toute démonstration de la religion chrétienne. Avec on homme qui sait quelque chose avec certitude, qui est en possession tranquille de certaines vérités, on peut raisonner ; on peut, en panam de ce qu'il sait, l'amener à admettre ce qu il ignore. A celui qui se déclare ne rien savoir, ne rien affirmer, ni être certain de rien, que peut-on dire ? Essayer de lui prouver quelque chose, c'est bâtir sur du sable mouvant.
Heureusement la nature de Fesprit humain ne permet pas que le sc^ticisme soit jamais universel dune manière pratique. Dans une atmosph^e de scepticisme universel Tinteiligence tomberait en défaillance, conune un être vivant sous la cloche d'une machine pneumatique. Le scepticisme uni versel n'est qu'une opinion de c^lains philosophes ; ce n*est même pas une opinion, c'est plutôt un simple exercice logique, une espère de gageure contre le sens conunun.
Mais le scepticisme peut régner sur une ou plusieurs des régions de la connaissance humaine. De nos jours, il règne sur tout ce qui est invisible, sur tout ce qui ne se manifeste pas d'une manière sensible. La science expérimentale, dans Tordre physique, échappe au scepticisme ; elle est affirmative, dogmatique, intolérante, et, comme nous Tavons vu plus haut elle conquiert de haute lutte et sans résistance possible Tassentiment universel des esprits éclairés. C*est dans la science expérimentale, plus même encore que dans les sciences mathématiques, que s'est pour ainsi dire cantonné le principe d'affirmation de l'esfMrit humain. A la fin du xvm* siècle, Targument le plus fort était Tévidence logique et abstraite ; tout semblait dit quand une doctrine pouvait se dire géométrique. De nos jours Targument probant, démonstratif, incontesté, cesi la preuve expérimentale; tout est dit en faveiu*
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d'une doctrine quand elle peut apporter des faits en sa faveur, et se dire fondée sur l'observation.
Or, tel étant évidemment l'état des esprits, il importe à celui qui veut combattre le scepticisme relatif aux vérités rationnelles et aux choses invisibles de chercher son point d'appui dans l'ordre des vérités qui pratiquement sont acceptées par les esprits comme certaines. Il trouvera là des arguments ad hominem irréfragables ; ces arguments sont les seuls possibles contre le scepticisme qui nie les principes. Il obligera son auditeur à se tenir sur le terrain de l'affirmation et de la croyance ; il l'habituera à se nourrir de certitude et non de doute, à vivre en présence de l'évidence, à subir l'influence vivifiante de la vérité connue ; il régénérera par l'exercice les facultés perceptives du vrai, que l'inaction et l'influence dissolvante des fantômes du doute avaient atrophiées. Il trouvera à la fois dans les vérités expérimentales une base logique d'argumentation et des remèdes contre cette infirmité intellectuelle, triste effet du scepticisme, qu'a si bien caractérisée le P. Gratry.'
Mais pour utiliser ainsi la certitude réelle et pratique des vérités scientifiques, il faut évidemment renoncer à cette division absolue et radicale entre la métaphysique et la science, entre les substances et les phénomènes, entre les causes et les lois. Quelle est en effet la conséquence directe du semi-positivisme tel que nous l'avons défini? C'est de mettre en question toute connaissance réelle et distincte du monde extérieur.
Du moment que l'on admet que la science expérimentale n'atteint que des phénomènes et des lois, on nie qu'elle connaisse des corps réels, distincts à titre de substances les uns des autres. D'un autre côté, la raison métaphysique ne saurait, sans l'expérience, découvrir les substances qui com-
• Les sophistes et la critique par le P. Gratry.
txnii LE POSITIVISME ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.
posent le monde. Tout ce qu'elle peut savoir c'est qu'il faut que les phénomènes visibles aient une substaiito, qu'il Tant que les lois reposent sur des caua|i. Ce ne serait, dans ce système, qu'à titre de supports nécessaires des faits et non à titre de faits réels et observables que les corps pourraient être connus. Dès lors on est conduit à penser que les corps ne sont que les causes inconnues de nos sensations, que la seule chose que la philosophie puisse savoir, c'est qu'il existe une cause de nos sensations étrangère à nous ; et que cette cause est douée d'une activité régulière dont les lois sont l'image.
Il est vrai que certains philosophes, partisans des idées de Leibnitz, prétendent que la réalité matérielle qui se manifeste à nous sous la forme d'une étendue visible et tangible, se comfibse de forces inétendues, invisibles, intangibles et cependant multiples et distinctes. Mais de quel droit distinguent-ils ainsi ces forces les unes des autres ? Est-ce qu'une même force ne peut pas produire diverses sensations, est-ce qu'une même cause ne peut pas produire divers effets? Le dynamisme, serré de près, ne sauraiUni compter, ni séparer les forces qu'il suppose. Donc le parti le plus simple est de dire tout uniment qu'il y a en dehors de nous une cause de nos sensations, et que cette cause, manifestée par les phénomènes, nous est inconnue dans sa nature propre ; que nous ne savons ce qu'elle est sinon qu'elle est active et régulière, que nous ne savons surtout pas s'il existe une ou plusieurs causes de nos sensations, s'il y en a une infinité, ou si leur multiplicité comme leur étendue n'est qu'une apparence.
Arrivés là, et la connaissance des êtres réels et distincts qui composent le monde étant ainsi déclarée inaccessible à la raison, le scepticisme ou le positivisme absolu, qui n'est que sa forme moderne^ se retourne contre le spiritualisme et raisonne ainsi :
Puisque vous avouez que la science, la science qui mesure et pèse ses résultats, la science qui prédit l'avenir et trans-
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forme la face de la nature, ne connaît fias l'objet réel dases recherches, ^'elle se borne à constater des séries de phénonomènes, sans atteindre les êtres véritables, comment pouvezvous soutenir que la psychologîl, science vague, qui n'a ni compas ni balance , qui ne peutliAserver qu'an saisissant au vol des MHlations passagères, qui defftiis qu'été est cultivée n'a enricBi Thum^pité d'aucune connaissance nouvelle, possède cette certitude objective? Comment, doutant de la réalité de ce qui est palpable et visible, osez-vous affirmer la réalité de ces objets vagues et nuageux dont parl%la métaphysique ?
De quel droit, vous, métaphysique incertaine , oserez-vous vous élever au-dessus des sciences naturelktf s|^évidentes et leur dire : je possède la vérité réellc(||pt vous,|Ftfus ne saisissez que des apparences ? . >
Bien loin de pouvoir se servir de la certitudW des sciences, le semi-positivisme la retourne contre lui-même. Obli^ d^ contester le caractère objectif de cette certitude, il se pdl^ pour ainsi dire^ un coup mortel à lui-mêiSe , car aux yeux du bon sens, la certitude de^l^Mistence des esprits n'est pas plus grande que celle des |{orps, et, dans l'état actuel des intelligences, la certitude des sciences physiques est la certitude principale, la certitude type, celle quifu^ime et qui juge toutes les autres. Si celle-ci s'écroule, t0||t6s périsscqii
Que doit donc faire à notre avis la philosophie spiritual iste? Au lieu de se renfermer dans ses remparts et d'abandonner le monde extérieur à la science ^p^mentale, et par là même de le livrer au positivisme, elle doit marcher hardiment sur ses adversaires e|dk attaquer sur letr profte terrain. Elle doit chercher à surprendre la science en flagrant Mit d'affirmation absolue de la réalité , de recours aux notions^lfe substance et de cause, c'est-à-dire^de non-positivisme.
Elle doit montrer que ses propres principes métaphysiques, ceux qui conduisent à l'âme 0i à Dieu)|fn'apfmtiennent point à un système philosophique particulier, mais qu'ils sont
Ln LE POSITIVISME ET LA SOEXCE EXPÉBDfE!inrALE.
le bon sens géDéral de HiumaDité, qa^adiiieUent malgré eux et à leur insu ses adversaires euxHnéoies. Elle pourra ainsi reprendre partout où il se trouve, son propre bien, qui est la vérité, et au lieu de laissar aux mains des sceptiques cette science de la nature, éclatante d*évidence, Tobliger au contwre à confeli^r la puissam^ et les droits de tai «mison, et à appuyer de sa propre certitude Tautorité/le notre faculté de connaître.
Tel est, selon nous, le véritable et unique moyen eflficace de lutter contre l%scepticisme en général et contre le positivisme, ce scepticisme partiel qui nie la raison et les choses invisibles, (hl voit que toute la force de cette méthode repose sur l'union des facultés, humaines , et sur la possibilité de connaître des corps, c'est-à-dire des causes et des substances, par les procédiis de la science expérimentale.
dk moyen du reste a déjà été employé par d'éminents dé- Ktfcurs du spiritualisme. M. Caro, dans son beau livre intitulé Jàê matérialisme et la science a porté hardiment la discussion sur le terrain scientifique. D'autres philosophes de la même école ont suivi son exemple^ néanmoins le semi-positivisme que nous combattons est resté la doctrine d'un grand nombre des manuelf élémentaires de la philosophie officielle. Nous croyons donc faire une œuvre utile en traitant dire(Stement et d'une manière complète cette importante question.
I^ vraie doctrine sur la puissance et les limites de l'expérience n'est pas nécessaire seulement pour combattre le scepticisme : l'autre adveirsaire du spiritualisme, le panthéisme, s'empare également du terrain de la scieAoe quand on fait au positivisme la dangereuse concession d*exclure les substances eijes causes du domaine de l'expérience, et ne peut en être chassé que par la méthode que nous avons exposée.
En effet, la matière n'étant qu'une cause inconnue de nos sensations, pourquoi ne pas supposer cette cause imique? N'est-K^e pas ce qu'il y a de plus simple ? N'est-ce pasap-
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pliquer cet axiome de bon sens coqpu dans la scolastique. mbitia non sunt mullipHcanda prœter necessitatem. Il ue faut pas multiplier les êtres saas raison.
Dès lors cette cause unique de tous les phénomènes physiques envahit le monde entfër; les lois ne sont plus que ses expressions diverses. Tordre que son évolution nécessaire. ^
La nature personnifiée, la vie universelle, la cause unique des phénomènes devient l'explication de toutes choses.
Il reste, il est vrai, au spiritualisme deux positions sûres, deux citadelles pour ainsi dire ; la cause première du monde et Tâme.
Mais qui ne voit coHibien il est difficile de résister à l'envahissement de cette cause unique des phénomènes naturels? Ne semble-t-elle pas , elle qui embrasse le monde entier, et produit tous les phénomènes, assez grande et assez puissante pour mériter le nom de Dieu? Caché derrière un premier ministre armé d'une telle puissance, l'Être Suprême ne devientil pas un véritable roi fainéant et inutile? Ne peufc-ou pas que si la nature ne possède jpas les attributs d'infi^ et de perfection, c'est simplement que ces attributs ne peuvent appartenir à un être réel, et doivent être réservés à un idéalabstrait?
Quant à l'âme, son sort est plus tviste encore. La nature physique, cet être immenié) l'enveloppe de toutes parts. Son corps fait partie de cette nature. C'est elle qui fait battre son cœur, circuler son sang. Il ne reste à l'âme que sa pensée, sa conscience , sa liberté. Mais qu'elle est petite au milieu de cet océan ! Quelle force de croyance en elle-même ne lui fautil pas pour qu'elle résiste au vertige qui la porterait à s'absorber en lui !
Que d'ailleurs quelques sophismes interviennent, que le déterminisme se saisisse par surprise du libre arbitre et fasse rentrer les actes de volonté dans la série des phénomènes invariablement liés à leurs antécédents, et tout sera 6ni. Le panthéisme triomphera. Le moi ne sera plus qu'une portion sensible et pensante du Grand Être.
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Je ue veux pas dire |g[videmmeut que ces conclusions soient rigoureuses et logiques. Je dis seulement qu'elles ont xxaé^ apparence plausible , qu'elles fofment comme une série dont chaque terme appelle le précédent, comme une pente sur laquelle rintelligence glisse lorsqu^MIe ne se retient pas. Je dis en outre que la situation du spiritualisme est faible ; tandis que ses adversaires se servent dans leur œuvre négative de tous les résultats scientifique^ et les amènent, à tort ou à raison, en preuTé d^ jblir opinion, le spiritualiste qui s'est renfermé dans la èan^témeô en est réduit à en appeler tonjours au même ^litUlifft^. Il ne peut renouveler et varier ses iffoyeus de d6llBiiW4 tandis que les moyens d'attaque changent chaque jour.
Ici encore que devra faire la philosophie spiritualiste? Unie I Texpérience et s'appuyant sur elle, marchant avec assurance sur ce terrain primitif du bon sens, où toutes les sciences «e^rencontrent, elle devra s'attaquer directement à cette cauéei<?ppgue des phénomène» naturels, montrer que son unité n^<||tf€[ue fictive, repousser dans le néant ce fantôme de l'être unrversel, et produire au grand jour les véritables êtres qui composent le monAft, les véritables corps, les véritables causes physiques et les véritables l<fi)stances.
Elle devra montrer que ces êtres sont divers et multiples^ que le monde est un immense agrégat de réalités distinctes. Alors la nécessité d'un ordonnateur pour distribuer à chacune de ces substances diverses, dont le nombre est inouï, son rôle et sa place dans l'ordre général, apparaîtra avec évidence. Alors le monde composé d'êtres réels et multiples, demandera et appellera une réalité supérieure, unique et infinie dont il puisse dépendre. Alors le besoin de l'unité, la croyance invincible à un premier principe , ne seront plus satisfaits par le ridicule et impuissant fantôme d'un axiome éternel, d'une loi première vide et abstraite, digne seulement de régner sur de vaines ombres , mais incapable de produire
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un ciron vivant ou de déplacer uu grain de sable réel. La pensée de Thomme se tournera spontanément vers un Etre Suprême, qui, distinct du monde entier, comme les diverses parties de Tunivers, les divers corps, les diverses molécules sont distinctes Tune de Tautre, s'élèvera naturellement daj0i. une région supérieure et transcendante, dominant à la fois de toute sa hauteur infinie les esprits. e% ]es corps, expliquant leur ordre immuable et leur rapportVM)Ie par sb sagesse sans défaillance, et leur variété immense par la liberté de sou choix.
Alors encore, Tâiàe débarrassée de ce fantôme de la nature personnifiée, retrouvera sa liberté et son indépendance et redeviendra à ses propres yeux maltresse de la minime portion de matière qui constitue son] organisme et, par l'intermédiaire de cet organisme, d'une notable partie de la réalité visible.
Telles sont les conséquences importantes qui résultent de la méthode et des principes que nous avons exposés, et dont notre livre est destiné à être la démonstration. C'est à notre avis sur le terrain de la nature visible que la lutte entre le spiritualisme et ses adversaires doit être portée. Du reste, l'expérience du passé est une confirmation de l'opportunité de notre entreprise. Lorsque le spiritualisme s'est glorieusement relevé des coups que lui avaient portés Locke et Condillac, quel a été le point spécial de la discussion, quelle a été la forteresse dont la prise a décidé la victoire? C'était le monde efetérieur. C'est par sa théorie de la perception que Reid a vaincu le sensualisme. C'est en développant cette théorie avec sa puissante éloquence que Royer-Collard a commencé en France la réaction glorieuse qui a établi pendant trente ans le règne du spiritualisme éclectique. C'est donc, l'expérience l'a prouvé, en maintenant les droits de la vraie philosophie sur le monde matériel qu'on défend efficacement son domaine invisible. C'est de la connaissance exacte des corps que l'on peut s'élever de la manière la plus sûre à celle de l'âme et à celle de Dieu.
Notre but est donc de reprendre, en présence de la science moderne, l'œuvre de Reid et de Royer-CoIIard. Si cette œuvre n'a pas été durable, cela tient en partie à ce que ces philosophes se sont placés eux-mêmes sur un terrain trop étroit, et n'ont fn compris les conditions exactes de l'intervention de la philosophie dans le domaine des sciences physiques. Il était peut^tre difficile à leur époque de le comprendre; de nos jours, la science a éclairé elle-même, par ses découvertes, les abords du problème de la connaissance du monde extérieur. Les développements de la méthode expirimentale ont aussi rendu plus précise et plus nette la distinction scientifique des causes et des substances réelles. Ces progrès ne peuvent être cfu'utiles à la philosophie, poiu*vu que celle-ci, renonçant à une abstention inopportune^ se transporte ^le-même sur le terrain de l'expérience et oppose à la précision scientifique une précision et une exactitude métaphysiques correspondantes.
C'est une œuvre difiicile, mais nécessaire. Nous Tavons entreprise avec une pleine confiance dans la raison humaine, dans l'union étroite des diverses facultés de l'homme, dans l'accord nécessaire de la science et de la philosophie. Nous adressons avec la même confiance le résultat de nos efforts aux esprits impartiaux, à ceux qui cherchent sincèrement la vérité; c'est à leur témoignage que nous faisons appel, ce sont eux qui jugeront si nous avons réussi. f