LIVRE PREMIER. ~ CHAPITRE VIII
Considérés au premier point de Yue, ces objets ont été nommés des suppAts, supposUa, et, quand ils sont intelligents, des personnes.
Considérés au point de vue de leur fond intime, de leur être, ib ont été nommés substances. Le suppôt ou la personne, c'est Tétre complet absolument individuel et distinct de tout autre. Ce qui constitue la personne, c'est l'incommunicabilité.
La substance, c'est le fond de l'être, sa nature, considérée cependant encore au point de vue concret ; ce qui constitue la substance, c'est l'existence réelle.
Par rapport aux qualités, le suppôt est considéré comme les possédant, la substance comme les soutenant. C'est la substance qui est intelligente, c'est la personne qui possède l'intelligence.
Par rapport aux actes, c'est la personne ou le suppôt qui détermine l'acte et en porte la responsabilité ; c'est la substance, qui, par sa puissance, effectue Tacte.
Ces distinctions étant établies, il est facile de donner des mystères de la foi catholique un énoncé qui, sans expliquer ces mystères, fait cependant disparaître l'apparence de contradiction.
En Dieu, il y a une substance et trois suppôts, ou trois personnes qui possèdent les mêmes attributs.
En Jésus-Christ, il y a une nature humaine composée d'un corps et d'une âme, mais il n'y a pas de personne humaine, parce que c'est la personne divine qui possède la nature humaine et lui sert de suppôt.
Quelle est maintenant l'origine et la valeur de ces distinctions? Leur origine paraît évidemment être théologique. C'est pour l'exposition même et la défense du dogme, que ces distinctions ont été inventées. Ce qui le prouve, c'est l'incertitude qui a régné pendant longtemps sur les termes de substance, d'hypostase et de nature dans les discussions théologiques.
Mais il ne faudrait pas croire que ces distinctions soient verbales et sans valeur philosophique. Elles ont été inventées pour représenter, autant qu'il est possible, les dogmes dans le langage humain ; mais les dogmes sont des vérités, et les distinctions qu'ils supposent sont réelles.
Les dogmes mystérieux sont de véritables antinomies apparentes, plus profondes et plus reculées que celles qui se rencontrent en métaphysique pure. 11 sont exprimés primitivement sous une forme en apparence contradictoire.
Us se composent d'une thèse et d'une antithèse. La synthèse est impossible d'une manière complète, parce qu'il s'agit de vérités qui sont au-dessus de la raison humaine. La distinction du suppôt et de la substance est comme l'ébauche et la formule imparfaite de cette synthèse.
A elle seule, la raison n'aurait jamais découvert cette distinction, il lui est même très difficile de s'en servir en dehors du domaine théologique, tant elle est subtile.
Elle correspond cependant à une véritable différence de point de vue ; elle est l'expression de l'une de ces variétés d'aspect des êtres réels, si profonds et si mystérieux.
Pouvons-nous maintenant, nonobstant cet usage théologique des termes de substance et de personne, conserver leurs sens vulgaire et maintenir notre formule : « les substances sont les personnes et les choses ? »
IM LE POSmVlSME ET LA SCIENCE EXPÉRIMEXTALE.
Noos le pooTOOS, moyeiuiant eertaines explkatioas, et en restreîgnaDt notre afBnnaUon un sabsUnces et aoz personnes créées.
En effet, malgré la distinction réelle entre le sapp6t et la substance, il n'en est pas moins Trai, d*iine manière générale, que tout sappôt possède une substance et qne toote substance est possédée par an soppôL
De plus, si nous nous restreignons aox êtres créés et si noos faisons abstraction de la natare bomaine de Jésos-Cbrist, nous pourrons dire qu'il j a aotant de suppôts que de substances, qne chaque personne possède une substance intelligente, et que chaque substance intelligente est possédée par une personne.
Nous pourrions donc dire que les mêmes indiridus réels, qui sont les personnes, sont des substances et réciproquement.
C'est là Tunique sens de notre proposition : Les substances sont 1rs personnes et les choses.