‹ Le positivisme et le progrès de l'esprit: études critiques sur Auguste ComteChapitre 13 sur 17 · LA LOI DES QUATRE ÉTATS I9I · texte numérisé non relu

LA LOI DES QUATRE ÉTATS I9I

L'idée de solidarité, telle que la conscience de nos contemporains tend de plus en plus à la comprendre, n'implique plus la négation des droits de; la personne au profit d'une collectivité abstraite ; elle est essentiellement le devoir pour tous de s^intéresser à chacun et de collaborer avec lui au développement et à l'accroissement de son être.

Orientée dans le sens des fins personnelles de l'individu, elle comporte clairement d'une

la formule qui en exprime le mieux le développement. L'évolution psychologique de l'humanité s'est faite dans le sens de la réflexion, où l'esprit, se reprenant et se jouant au-dessus des matériaux qui lui viennent du dehors, les juge et les ordonne selon ses exigences propres. L'évolution morale s'est faite dans le sens de la responsabilité individuelle substituée à la responsabilité collective et dans le sens de la vertu personnelle et intérieure substituée aux rites extérieurs et aux pratiques exclusivement sociales. L'évolution politique s'est accomplie dans le sens de la démocratie fondée sur la reconnaissance des droits de l'individu. A son tour, l'évolution littéraire et artistique s'est faite dans le sens de l'inspiration personnelle et subjective substituée à l'expression objective des idées communes et des sentiments collectifs. Ces remarques et beaucoup d'autres semblables viennent se résumer et trouver leur principe dans cette loi admise par plus d'un sociologue que, à mesure que le volume des sociétés s'accroît, les liens intérieurs se relâchent et les individus s'y trouvent de jour en jour plus libres et plus abandonnés à eux-mêmes x».

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part un principe d'action continue, et d'autre part, avec l'assurance que nous ne faisons jamais assez pour chacun de nos semblables, un sentiment de responsabilité sociale dans son imperfection et dans ses fautes.

C'est ce que disait autrement naguère M. H. Michel dans son livre sur la Démocratie. <k Si nous plaçons la démocratie, dans notre estime, fort au-dessus des autres formes politiques, c'est qu'elle suppose tout ensemble et favorise, chez tous les citoyens, le plus complet développement de la personne humaine. Il est temps de mettre quelque précision dans le sens de cette formule, si souvent employée. La démocratie suppose chez tous ses membres le développement complet des attributs de la personne humaine. Il va de soi, en effet, que le régime démocratique, pour donner tous ses fruits, veut que chaque citoyen ait acquis, soit par son effort propre, soit à l'aide d'institutions tournées vers cet objet, son maximum de valeur humaine * »

^ Cité parle Bulletin pour Vaction morale, i"juin 1901^ page 214.

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