LA LOI DBS QUATRE ÉTATS
Or, d'autre part, il n^ a de chrétien, de catholique, que ce qui est surnaturel^ non pas seulement transcendant au simple sens métaphysique du mot, — parce qu'enfin on peut supposer des vérités et des existences supérieures à nous dont l'affirmation, procédant de notre fond, serait immanente ellemême, — mais proprement surnaturel ; c'est-à-dire qu'il est impossible à l'homme de tirer de soi ce que pourtant on prétend imposer à sa pensée et à sa volonté.
« Ainsi, semble-t-il, la philosophie a pour fin principale, pour fin unique, d'assurer la pleine liberté de l'esprit, de garantir la vie autonome de la pensée, et de déterminer, dans son entière indépendance, les conditions <jui en établissent le règne. Dès lors, y a-t-il seulement rencontre possible entre elle et le christianisme, puisqu'il paraît que l'une exclut l'autre ? La première difficulté, pour que leur coexistence même 5 oit concevable, c'est de montrer qu'ils peuvent en effet se rencontrer et se choquer ; il sera moins malaisé de faire voir ensuite que ce heurt n'est possible que s'il y a accord au sein du
conflit. C'est à marquer ce point de rencontre, et en cela seulement, que doit consister Peffort initial sans lequel aucun autre n'a de valeur philosophique * ». Et ainsi on tâchera démontrer que la méthode d'immanence convenablement comprise, intégralement appliquée, est le guide le plus sûr pour une âme catholique. « L'heureuse hardiesse dont il semble désormais indispensable de s'armer, c'est de recourir à la « méthode d'immanence », et de l'appliquer intégralement, avec une rigueur inflexible, à l'examen de la destinée humaine ; elle seule, capable de définir la difficulté, est capable de la résoudre ; et, par elle, la solution, comme le problème même, n'est possible qu'en nous forçant d'être également fidèles à la philosophie et à l'orthodoxie ; ou mieux encore en forçant la philosophie comme l'orthodoxie, à
demeurer fidèle à elle-même En quoi
donc consistera la méthode d'immanence, sinon à mettre en équation, dans la conscience même, ce que nous paraissons pen-
^ Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d' apologétique ^ page 28.