‹ Le positivisme et le progrès de l'esprit: études critiques sur Auguste ComteChapitre 7 sur 17 · L'HOMME ET LE PENSEUR · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LE PENSEUR

Auguste Comte naquit à Montpellier, 1 13 janvier 1798 ', de parents attachés a Catholicisme et à la Royauté. A neuf an:

il entra au collège et, àquinzeans, hitclass le quatrième sur la liste de l'Ecole polji technique. Il dut attendre, pour y entrci d'avoir l'âge réglementaire, c'est-à-dire seiz ans. Les lettres qu'il écrivit aussitôt à so ami Valat nous font connaître l'ime enthou siaste du jeune polytechnicien. Il est plei <l^adniiration pour le régime de l'Ecole c pour l'esprit de solidarité qui s'y montre * Je crois, par la sympathie que j'ai toijjoui

' Cette étuda a paru dans la Orandt'Revae du i" «rr

* Dans la maison de la me de I« Merci, où ae trom •«Joord'biii le preib^tira-de 8ftint»BiiIalie.

avaient si promptement échoué d'informations précises, il estpert poser que la culture scientifique son esprit fut soumis dut être un les plus efficaces de cette évoluti< Qu'on imagine en effet l'impn fonde que fit sans doute sur cet nature ardente et enthousiaste, des connaissances spéculatives qi à seize ans son intelligence s'é lées. A coup sûr, il avait fait luidant l'année d'attente ce qu'il c Valat ; il avait dépassé largemen du programme d'admission à !'£< esprit si précoce s'était pénétré é la science théorique de son temps quel était le gigantesque héritag siècles précédents, en géométrie, en mécanique, en astronomie, er en chimie, pour ne parler que d dont il avait eu directement à s't géométrie ancienne, renouvelée par Roberval, Pascal, Desargu métrie analytique, créée par D« calcul infinitésimal, préparé par

j^ AUGU8TB GOMTB

de Cavalieri, de Pascal, de Fermât, de , Huyghens, de Barrow, de Wallis, et sorti définitivement des mains de Newton et de Leibniz ; la mécanique et la physique posées par Galilée, puis par Uescartes, Leibniz, Huyghens, Newton, sur des bases décidément solides et fécondes ; l'astronomie transformée depuis Copernik et Kepler, et aboutissant à la mécanique céleste de Laplace ; la chimie théorique née avec Lavoisier, et déjà si riche en connaissances précieuses... ^ c'était. — même en laissant de côté les travaux si suggestifs des Bufîon, des Lamark, des Geoffroy Saint-Hilaire, des Cuvîer, peut-être trop éloignés du programme de TEcole, — c'était plus qu'il n'en fallait^ pour justifier déjà l'ardente foi de Comte dans la science. Etait-il forcé que par ellemême elle chassât d'un coup de son esprit la foi religieuse? Evidemment non, et nombreux sont ceux de ses contemporains ou des nôtres qui ont su aisément conserver, comme en des cases distinctes de leur pensée, les préoccupations scientifiques les plus avancées et les croyances religiaises

1 doute que le respect de 1 s'allier chez lui, comme es, à une piété profonde .

it, nous sommesen droit de si jamais dans son enEance, reux l'exemple d'un sentinraîment pur, et si la prë- . religieuse qu'avait pu lui ne se réduisait pas à une X passive et machinale à extérieures. Ce que nous mère, dans deux circonsla vie de Comte, suffit à :s besoins religieux se pase sincérité. Elle était assu- ; d'imprégner l'âme de son è intérieure qui ne sépare t les gestes d'un sentiment reçoivent leur sens et leur )r, nul plus que cet enfant, lutes les exigences de la le, exigences minutieuses icérité, ne pouvait sentir le 1 confessionnelle tout extéqu'on avait dû lui donner.

l'homme bt le penseur

L'état d'esprit de Comte se trouve être celui de tous les polytechniciens j il rend naturellement l'Ecole fort suspecte au gouvernement de la Restauration, qui la licencie purement et simplement à propos d'une querelle assez futile entre un répétiteur et les élèves. Comte, qui a goûté de Paris, et qui s'y plaît de toutes les forces de son esprit et de son cœur, se garde bien de retourner à Montpellier. Alléché par l'offre qu'on 4ui fait d'aller fonder une Ecole polytechnique à Washington, il néglige de se présenter au concours pour l'admission à un certain nombre de fonctions publiques, offertes aux polytechniciens licenciés, — puis il voit échouer le beau projet qui Tavait préoccupé de longs mois .

Pendant ce temps d'ailleurs il ne cesse de travailler et de s'instruire. «Je suis devenu tout à fait philosophe, écrit-il à Valat le 29 octobre 1816 : tu sais que je l'étais déjà par théorie, et à présent je commence à l'être par pratique. Tu m'accuseras peut-être de présomption, mais, malgré cela, comme je ne veux rien avoir de caché pour toi, je

que j'ai pris pour modèle de imme illustre, l'homme divin triais tout à l'heure' : je cher- ; Socrate moderne non par ses

par ses mœurs. Tu sais qu'à s il forma le projet de devenir sage, et qu'il l'exécuta: moi, ;prendre la même chose, et je ;t ans. Sa vie est dans mon net, et chaque jour j'en lis

pour m'encourager. Quoique

peut-être fort chimérique, du satisfaction de voir qu'elle conbonheur, car elle m'a engagea ines inclinations qui auraient lir funestes. Par exemple, tu

combien la passion des fem- ;n moi et combien elle m'a fait de folies : eh bien ! tu seras né quand je te dirai que depuis

n'ai rien à me reprocher à ce est plus vrai... Je pourrais te quelques autres défauts que je à vaincre, et ce succès m'en-

itendre l'explication scientifique rop la méthode de l'astronome ou en, pour qu'elle ne s'adaptât à à l'esprit de Comte, et pour qu'il Lt aussitôt la démarche caractéris- 1 science. Une fois d'ailleurs dans , aucune limite ne vient se poser Tches de Montesquieu. Comme ;n étudierait la variation simulirolume et de la pression d'une :euse, il veut énoncer, lui, les qui rattachent aux- institutions, :rs et aux lois d'un peuple, la ion gouvernement, la grandeur de 15 publics, la nature de son cliiture et les variétés de son comisage qu'il fait de la monnaie, le e ses habitants, le caractère de jes religieuses, etc. . . La science comme dépassant démesurément, esprit et sa méthode, les bornes rs physique ; ou plutôt on dirait sa nature la science est une ; st de proclamer les lois du monde ït moral, aussi bien que les lois du

l'hommb bt le penseur ioS

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inonde physique. Montesquieu pour justifier ses vues faisait d'ailleurs usage de la méthode historique, qu'il posait ainsi comme l'instrument naturel des études sociales.

Enfin, Comte trouvait au plus haut degré dans ce livre la préoccupation de la relativité des choses humaines, substituée au souci de l'absolu. Ce que poursuit l'auteur de TEsprit des Lois, à propos des formes du gouvernement, de la religion, du commerce, du climat, etc, , ce n'est pas le meilleur, le parfait, l'idéal à réaliser, le vrai ou le bien absolu, c'est constamment le rapport d'un élément à un autre. Dans telles conditions de climat, de population, de religion..., les lois et les institutions tendront à prendre tel caractère, à revêtir telle forme. De là pojvait naître plus ou moins confusément cette idée, qui sera fondamentale dans la philosophie de Comte, que toutes les manifestations de l'activité humaine sont dans une dépendance réciproque, et qu'il est impossible d'isoler aucune d'elles, impossible de la comprendre, sans voir le retentissement qu'elle offre de l'ensemble de toutes

jartirulier, les jugements à ïoque, sur une nation, sur u passé, ne doivent rien lu, et exigent qu'on tienne e circonstances dont elle ;nt.

ps, Condorcet venait fort à la pensée que les^ actions choses qui touchent à l'huun autre intérêt que de

elles une détermination s former un ensemble bien

domine cet ensemble et progressant lui-même, un ir, un développement contionnement toujours plus somme des connaissances, éralement, avec elle, la civi-

dans leurs détails les idées 1 et de Condorret, ainsi à le répéter, Comte dut :cture de leurs ouvrages, la ses études biologiques par plétait son instruction scien-

tifique encourageaient et préci; d'un organisme soqial, qui se régulièrement et progressivement, que progresse l'intelligence huma sa dynamique sociale découlera notion. La loi des trois Etats n'en aspect particulier ; les états th métaphysique, positif, devant r avant tout les états successifs de h sance , les modes divers de retei de l'ordre des choses sur l'esprit de — Que d'ailleurs ces idées fond de la philosophie de Comte bien par leurs racines jusqu'au res impressions de sa jeunesse qui résulte de sa correspondance.

1818, il écrit à son ami : « Je te fixer toute ton attention sur ce U U clef de la bonne philosophie tu n'as pas pris garde probableme présent : c'est que Éoufes les coni humaines vont croissant de siècle et que les institutions et les idi ques de chaque époque d'un pe vent être relatives à l'état des lun

à cette époque. Si tu examines osition sérieusement et avec des nces historiques, tu ne tarderas opter. »

: Comte tient un pareil langage, ce seulement pour formuler ce qui rande loi de sa dynamique sociale,

particulièrement pour détourner e la politique révolutionnaire. « Si

cette proposition, ajoute-t-il aux i précèdent, tu sentiras qu'il en cessairement que la politique du le n'est pas celle qui convient li, par cela même qu'elle était celle siècle •». Il avait dit un peu plus En thèse générale, tu es encore nauvaise direction politique, dans Li reste j'ai été comme toi, puist guère qu'un an que je l'ai quitlitique, autant quej'enpuis juger, i sur la théorie des Droits de

sur les idées du Contrat Social, es systèmes des philosophes du lier. Or, je te dirai que cette thépées, ces systèmes sont mal con-

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çus et portent à faux .... Toutes tes idées générales, mais surtout tes idées sociales Sont entachées d'une idée radicalement fausse, celle de l'absolu . 11 n'y a rien d'absolu dan3 ce monde, tout est relatif ; plus tu y penseras, plus tu en seras convaincu.

Cette idée fausse nous est donnée à tous par notre absurde système d'éducation, et nou9 avons ensuite beaucoup de peine à nous en dépêtrer ; pour ma part, je sais ce qu'il en est de cette difficulté-là ».

Ces passages sont particulièrement intéressants, parce qu'ils nous permettent de rattacher l'attitude anti-révolutionnaire de Comte à des tendances qu'avait pu faire naître ou encourager la nxéditation d'ouvrages tels que ceux de Montesquieu et de Condorcet. On peut y joindre sans crainte les livres dont il conseille lui-même la lecture à son ami pour abandonner tout à fait les théories du siècle précédent, tels que l'Histoire d'Angleterre de Hume, l'Histoire de Charles Quint de Robertson, « qui sont les moins mauvaises de toutes les histoires, surtout la première, » et les ouvrages de Smith

pas seulement une tendance à s'éloign idées théoriques absolues du xviii^ si^ marquera sa répugnance pour les li politiques qui naguère l'enflammaient thousiasme. Dans la première let Comte mentionne sa liaison avec Simon, nous remarquons déjà ces et réflexions : « Bien qu'il soit très flatt vivre dans un pays plus libre que vieille Europe, cependant, j'aime mieu:

bien considéré, rester dans ma bonn< de Paris, même sous le rapport de la 1 Cette dernière assertion t'étonnera, doute; mais je te ferai observer en mots que si à Paris on a beaucoup de liberté politique qu'à Washingtc jouit en revanche de beaucoup plus berté civile, c'est-à-dire de la liberté conduire et de vivre comme on l'ente Il est sans doute agréable de dire tou son avis sur les affaires de l'Etat, et de le faire imprimer si l'on croit qi vaille la peine, mais il est selon moi coup plus agréable encore de pouvo chez soi tout ce que l'on veut... .

)urgeoise me semble plus précieuse lerté politique. . . » (17 avril 1818).

se défendre ensuite de dédaigner î politique ; nous ne pouvons pas (ir là le germe de cette aversion qui dissant contre les « dogmes » de ibéralt. U sera de plus en plus u que la Révolution a fini son ui ne pouvait être que destructive; rit critique a accompli sa tâche en les vieilles croyances auxquelles t l'ancien ordre social, et en faisant tte aux vérités positives sur les- 1 faut désormais que la Société

d, sous la direction morale de Saintpuis par la seule influence d'une tion assidue, la pensée de Comte le précise. Comme Saint-Simon, il à l'Ecole révolutionnaire de ne is apprécier le passé, et surtout de îndre justice au rôle éminemment ir de l'Eglise au Moyen-Age. Saint-Simon, il attribue ce rôle à ;e d'un pouvoir spirituel indépen-

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dant du pouvoir temporel ; comme Simon, il veut, dans l'organisation r de la Société, donner une place im| aux connaissances scientifiques ; Burd'n, avec qui les souvenirs de Simon pouvaient le familiariser, il l'ensemble des sciences positives sorte de hiérarchie se poursuivant du monde organique, et où la prêt la certitude ont apparu d'autant | que dans chaque ordre d'idées, l'objei était plus simple, et que l'observati plus aisément chasser la conjecture, tentant de noter ce qui est, pour a[ ce qui sera . Et lorsque Comte a cette intimité intellectuelle tout pouvait s'adapter à ses tendances e tempérament, l'action de Saint-Si trouve épuisée. Dès 1822, le Sys Politique positive ' porte assez la ■personnelle de son auteur, pour quand il est publié une seconde fo

< C'est l'opuscule qui, dans l'édition de iSK titre : ■ Plan des travaux scientifiques néoess réorfaniser la Société. •

on peut dire qu'il en est presque le te A 34 ans, Aug. Comte est en possessii toutes les idées essentielles de sa philosoj et son opuscule donne le plan de toi travaux futurs qui reposeront sur elles et seront plus que la mise en œuvre . La le trois Etats ; l'extension de la science po; aux faits politiques et moraux ; la cl:

cation définitive des sciences ; la mél historique présentée pour ' la science nière (la science politique) comme la thode propre d'observation ; l'appréci du passé d'après l'état des connaissi correspondant aux diverses époques véritables limites du Moyen-Age cathol qui commence au xi' siècle et finit au tout ce qui fait le fond des doctrine Comte se trouve dans le traité de 1822.

la science politique s'élargisse dans le < plus vaste de la sociologie, et il ne quera plus que la philosophie spécial sciences inorganiques, dont le plan este mais arrêté d'ailleurs, pour que l'opu de 1822 soit d'avance un résumé p simple du Cours de Philosophie positi

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respondra plus tard avec Stuart-Mill, et nous pourrons juger à quel point il reste lui>mêine, sans la moindre tentative de concession, avec au contraire la conviction arrêtée que quiconque n'est pas tout à fait de son avis a encore à apprendre, aussitôt qu'ils se trouveront en désaccord sur la condition sociale des femmes, et plus généralement quand s'opposeront, sur cet exemple, leurs conceptions psychologiques. Dans la même correspondance se trouve à plusieurs reprises, d'ailleurs, cette déclaration de Comte que depuis fort longtemps il ne lit plus rien : c'est ce qu'il nomme son hygiène cérébrale.

Les circonstances de sa vie devaient tout naturellement accentuer l'isolement de son esprit. C'est d'abord un mariage fort malheureux, dont il eut beaucoup à souffrir : il devait un jour se séparer décidément de sa femme, mais cela n'était pas nécessaire pour qu'il vécût seul moralement. C'est sa brouille avec les Saint-Simoniens et les Economistes.

AUGUSTE COMTB

C'est une crise terrible de folie. C'est ensuite et surtout sa rancune contre presque toutes les puissances politiques ou académiques de son temps, qui se refusent à lui donner un enseignement public officiellement rétribué et définitif. Mais nous touchons là à des faits jusqu'ici fort mal appréciés, semblet-il, et dont il convient de dire un mot.

Sauf quelques mois de collaboration passés près de Saint-Simon, Auguste Comte n'a trouvé de moyens d'existence , après son passage à l'Ecole polytechnique, qu'en donnant des leçons de mathématiques. Après la secousse qui a failli lui coûter la raison, et dont heureusement il semble sortir guéri, pendant qu'il consacre le meilleur de ses ressources întellectuellesà la rédaction de ses leçons de philosophie positive, il souhaite ardemment une chaire qui lui permette à la fois de répandre ses idées et de vivre enfin sans préoccupation matérielle. En 1832, il s'adresse à Guizot et demande que l'on crée pour lui au Collège de France un enseignement d'Histoire des Sciences : ses démarches n'ont aucun succès. £n 1836, puis en

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tous les hommes de son temps, et en réalité d'un esprit fort médiocre, se feiisant haïr par sa présomption ridicule et insolente, et méritant tous les rehis qu'il a essuyés. Les uns et les autres se trompent. Comte n'a pas rencontré d'opposition systématique ; et ce ne fut d'autre part ni un insolent, ni un fou.

Pour ce qui est d'abord des chaires de l'Ecole poljrtechnique, il est permis de comprendre que les titres d'un Duhamel ou d'un Sturm aient paru supérieurs aux sieps. Ce n'est certes pas que nous soyons disposé à amoindrir la valeur des deux premiers volumes du Cours de philosophie positive, consacrés aux sciences mathématiques et phyrsiques, Bertrand, dans ses Souvenirs aca' démtques^ laisse entendre que Comte ne sait pas de mathématiques, parce qu'il peut relever deux ou trois inexactitudes dans la quantité prodigieuse de choses que renferment ces deux gros volumes in-S®, dont le texte est fort serré, et que Comte rédigeait, nous le savons, d'un seul coup et sans se relire. Peut-être le géomètre éminent et précoce que fut Bertrand n'était-il pas capa-

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ble par sa tournure d'esprit d'apprécier l'œi vre de Comte. A ses yeux, comme san doute à ceux de quelques membres du Con seil de l'Ecole qui eurent à les jugei les leçons de philosophie positive dil feraient trop d'un cours ordinaire de mathé matiques, ou d'un traité ordinaire de philo Sophie, pour avoir une signification précise et, bien que Bertrand ne le dise pas tout-â fait, nous ne serions guère étonné qu'il n' eût trouvé qu'une phraséologie inutile. C genre de méditation, qui porte sur le méthodes, les principes, les notions fon damentales des sciences, et qui prend d nos jours un si grand développement, du toucher fort peu certaine catégorie de sa vants pour qui la seule question qui import est la liste exacte des vérités qui s'énoncer dans chaque domaine. Mais en tout cas même en rendant justice à la haute valeu des travaux de Comte, ce qu'il faut biei reconnaître, c'est qu'ils ne contienner aucune recfierche personnelle sur des pro blêmes d'analyse ou de mécanique ; 1 réflexion ne porte que sur les résultats trou

lâO AUOUSTB COMTE

vés par d'autres , tandis que ses concurrents Duhamel et Sturm avaient à leur actif des travaux de mathématiques pures ; ceuxci devaient passer en première ligne par la raison bien simple qu*il s'agissait d'enseigner à l'Ecole non point la philosophie des mathématiques, mais les mathématiques elles-mêmes.

Comte a toujours eu le sentiment, et il Ta prouvé, soit dans son cours d'astronomie, soit dans sa géométrie analytique, que l'enseignement d'une science ne saurait aller sans un appel continu à la réflexion et à l'histoire des idées ; mais il n'aurait fallu rien moins qu'un changement de progfam-»me dans les études des polytechniciens pour permettre, à l'Ecole même, l'essai d'une telle méthode. En l'état des programmes, comprenant des cours entiers d'Analyse et de Mécanique, il était impossible de songer à un enseignement aussi complexe ; et puisqu'on se trouvait en présence d'une chaire de mathémathiques pures, il était naturel qu'on tînt compte avant tout des travaux proprement mathématiques.

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Ainsi l'échec de Comte à l'Ecole polytecl nique n'a besoin pour s'expliquer ni d'ui parti pris systématique contrv sa peisonne ni de la méconnaissaocx de la valeur d

son œuvre ; il se justifie naturellement pa les titres spéciaux de ses concuiTen:s à de fonctions toutes spéciales.

II n'en serait pas de même pour la chaii d'Histoire des sciences, si elle eût exista En dépit d'une erreur que Bertrand relèv avec soin, un lapsus peut-être. — qui luifai attribuer à Kepler un théorème démontr par Newton et réciproquement, — rien n'ei plus suggestif et intéressant, pour l'iiistoir de ta pensée scientifique , que les troi premiers volumes de son cours de philosc phie positive ; et on ne saurait douter qu parmi les savants de son temps il fût mieu préparé que n'importe quel autre à la tâch qu'il souhaita si vivement de remplir. Mai la chaire n'existait pas : il s'agissait d'un création au Collège de France, c'est-à-dii d'une mesure tout-à-fait exceptionnelle, c pouvait être,' pour le Ministre, un pre mier motif d'hésiter. Un second se troi

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