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FRAISIER

On multiplie le fraisier le plus ordinairement par les coulants ou par la division des touffes, lorsqu'on cultive une variété qui n’a pas de coulants. On peut recourir aussi au semis, mais cette méthode est moins sûre et on ne s’en sert que pour avoir de nouvelles variétés.

Préparation du terrain. — Les fraisiers demandent une terre légère, bien drainée, et des engrais décomposés. On plante le fraisier au printemps, ou encore mieux, au mois d’août, avec du plant formé dans la dernière saison.

La plantation d’août offre l’avantage de préparer le terrain par une culture hâtive de choux et de pommes de terre au printemps. Les soins que l’on donne à ces

dernières sont très propres à cette préparation. On les récolte en juillet, et on laboure de nouveau pour la plantation du fraisier. Si on cultive celui-ci en petite quantité, on plantera par plate-bandes d'environ quatre pieds et demi sur lesquelles on mettra quatre rangs, chaque plant à dix-huit pouces, en quinconce. Dans les grandes plantations, on mettra les rangs à

(Fig. 58).— TASSE DE BELLES FRAISES.

trois pieds de distance et les plants à un pied, ce qui permettra au sarcleur à cheval de passer entre les rangs sans rien éndommager.

Les soins de culture sont lee sarclages, les binages, et les arrosages pendant les grandes sécheresse.

Si on désire avoir beaucoup et de beaux fruits (fig. 58), l'opération que l’on regarde comme la plus importante est la suppression des coulants. Pour enlever les coulants dans ia grande plantation, on peut se servir du sarcleur à cheval en fixant deux disques de chaque côté. Les disques coupent les coulants, et le reste du travail est fait par les socs du sarcleur. Quand cette plantation sera épuisée, on pourra la renouveler en passant de la même manière le sarcleur sur le rang même, en laissant le nouveau plant sur le milieu du rang ou entre les vieux rangs. Dans les petites plantations, la suppression des coulants se fait à la main.

Pour renouveler la plantation, on élève le plant en pépinière, en y plantant à cet effet quelques pieds de fraisiers à deux pieds et demi ou trois pieds de distan-

ce. On supprime les fleurs ou les fruits de ces plants afin de leur laisser toute leur vigueur pour produire des coulants. Inutile, en effet, d'attendre de beaux fruits et de bons plants du même pied-mère ; il faut sacrifier l’un ou l’autre. On reconnaîtra les vieux plants à ce qu’ils ont les racines noires ; celles des jeunes sont jaunes ou blanchâtres.

A l’automne, on couvre les fraisiers d’une couche de fumier léger et pailleux qui, selon l’expression courante, doit les préserver de la gelée. Il est à remarquer, toutefois, qu'en réalité cette couverture est plutôt destinée à empêcher, au printemps, les dégels trop bâtifs qui ont pour effet de provoquer une végétation également hâtive et inopportune, attendu que les gelées tardives qui ne manquent pas de survenir dans la suite ru'1ent généralement une forte partie de la plantation.

Au printemps, on enlève une partie de la proie et on enfouit le crottin par un binage.

Dès que les fleurs apparaissent, on fait un paillage pour empêcher le fruit de se salir au contact du sol.

En cueillant les fraises, on enlève aussi le pédoncule en le coupant avec l’ongle. Le péisncule, resté sur la plante, empêche le développement des autres fruits.

Une plantation de fraisiers, bien faite, bien entreterue, doit durer quatre ou cinq ans, après quoi, il vaut mieux la renouveler (fig. 59).

Les fraisiers des quatre-saisons se cultivent dans les pays chauds. Ils ne sont pas avantageux chez nous, pe”"2 que l’été n’est pas assez long pour leur permettre de donner un fort rendement.

Certaines variétés de fraises n’ont, dans leurs fleurs, que le pistil, et conséquemment, ne peuvent d’elles-méêmes produire de fruits (fig. 60). En ce cas, il est néces-

(Fig, 60). (Fig. 61).

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