‹ Le potager canadien [microforme]Chapitre 130 sur 142 · TABAC · texte numérisé non relu

TABAC

Choix de 1a graine. — Il n’y a pas toujours

avantage à produire la graine de tabac sous le climat de la province de Québec ; la saison chaude y est courte et la végétation rapide. Ta plante, en conséquence, dégénère. La graine que l’on produit dans notre région acquiert beaucoup de rusticité, mais au dépen:: de ses autres qualités, car le tabac perd de la finesse de sa texture et de son arôme,

On pourrait importer de la graine au moins tous le ; deux ou trois ans, après s'être assuré qu’elle a été produite sous un climat plus favorable, Cependant, si l’on veut en faire soi-même, on choisit un beau plant, représentant bien la variété et on le laisse monter, mais en ayant soin de ne garder que les boutons de la tête. On cueille la graine après entière maturité et on la laisse dans les capsules jusqu’au moment de 'a semence,

Semis. —On sème sur couches dans la première quiuzaine d'avril. Pour prévenir les champignons qui pourraient causer du dommage dans la couche, on étend sur le fumier, avant d’y placer le terreau, des bardeaux ou planches minces, ou encore des vieux sacs. On sème à la volée au moyen d’une poivrière, après avoir mélangé la graine avec du sable fin, du plâtre ou de la cendre. Pour recouvrir la graine, on se contente de “ plomber ” le terreau, en le pressant légèrement avec une petite planiche et on termine l’opération par l’arrosage qui complète l’adhérence à la terre.

Lorsque les feuilles du tabac ont atteint la grandeur d’un sou, c’est le moment de repiquer. Le repiquage permet de retirer beaucoup plus de plants de la couche, et leur donne plus de chevelu, de sorte qu'ils résistent mieux aux changements de température, aux attaques des insectes, et la reprise se fait sans retard.

Préparation du terrain. — On choisit une terre légère, sablonneuse : c’est celle qui convient le mieux au tabac à fumer, tandis que les terres fortes sont plus favorables au tabac à chiquer qui devient plus lourd et donne un plus fort rendement, mais sans arôme. Le tabac vient bien eur un retour de prairie de trfle. Le sol doit être bien égoutté et fuiné l'automne précédent avec du fumier de cheval ou de mouton, bien décomposé. Une récolte de 1600 1bs à l’arpent tire du sol 89 Ibs d'azote, 23 1bs d’acide phosphorique et 103 1bs de potasse. On engraissera en conséquence.

Plantation. — On plante en rangs espacés de trois pieds et on laisse de un pied et demi à trois pieds

de distance entre chaque plant, suivant que l’on plante des petites ou des grandes variétés.

Les soins de culture sont les sarclage, binage, élagage, écimage, et édrageonnage. L'élagage consiste à enlever les trois ou quatre feuilles du pied qui ont été salies ou brisées en donnant les soins de culture, car ces feuilles n’ont aucune valeur commerciale. L’écimage consiste à enlever la tête après dix, douze ou quatorze feuilles. Quelle que soit la variété que l’on cultive, l'expérience prouve que les meilleurs rendements ont été obtenus, en qualité et en poids, avec moins de quinze feuilles. Quelques jours après l’écimage, la végétation se porte sur les drageons que l’on doit enlever dès qu’on peut les pincer. Ordinaire. ment, l’édrageonnage s’opère en trois reprises. Trois

(Mig. 75).— LANCE POUR ENFILER LE TABAC SUR LES LATES.

semaines après l’écimage . commence la maturation. On la reconnaît à un changement général de la couleur qui devient plus foncée. On remarque des taches jaunâtres sur les feuilles, la lame (partie des feuilles entre les nervures) se brise si on la presse entre le pouce etl’index. La tige devient raide.

Récolte. — On ne coupe jamais le tabac immédiatement après la pluie ; on attend que la gomme ou résine qui a été lavée par l’eau revienne sur les feuilles, cette substance étant très importante pour l’arôme du

tabac. On coupe ordinairement dans l’avant-midi, lorsque la température a été réchauffée et que les feuilles ont été ramollies sous l’action du soleil, On couche le tabac, pied par pied, près de sa souche afin de le manipuler le moins possible à ce moment-là. Deux ou trois heures après, alors qu’il est fané et qu’on peut le manipuler sans le briser, on le porte au séchoir. On ne récolte jamais les feuilles seules, mais toujours avec la tige, car la sève renfermée dans celle-ci continue à les nourrir et à parfaire la qualité du tabac. Dans les grandes cultures, on enfile le tabac sur des lattes au moyen d’une lance que l’on fixe à l’une des extrémités de la latte (fig. 75). Chaque latte peut re-

(Fig. 76).— CITARIOT A TABAC,

cevoir de six à dix pieds de tabac. Les lattes ainsi garnies sont disposées sur un chariot (fig. 76) pour les rendre au séchoïir qui lui-même est aménagé de mamière à recevoir les lattes toute chargées. Dans les Petites cultures, ou lorsqu'on n’a pas de séchoir particulier, on suspend le tabac dans un bâtiment propre, <n se servant de la méthode la plus expéditive suivant le local.

Séchoir. — Ie séchoir à tabac (fig. 77) doit être un bâtiment que l’on puisse fermer aussi hermétique-

pen

ment que possible. 11 doit être muni de soupiraux, et d’un ventilateur sur le toit. La couverture ne doit

bas être métallique, à cause de la grande chaleur

qu'elle dégagerait à l’intérieur. Il n'est pas besoin de Plancher. Le tabac rendu au séchoir ne doit pas se dessécher au point de se casser, parce qu'alors les canaux de la sève étant rompus, les feuilles ne rece-

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(Fig. 77).— SécHoIR À TABAO,

vraient plus rien de la tige. On change l'air du séchoir tous les matins en ouvrant les soupiraux et le ventilateur que l’on ferme pendant la chaleur du jour. Le tabac reste au séchoir jusqu'aux premières fortes gelées, au commencement de décembre. On profite alors d’un temps humide Pour ouvrir le séchoir. Le tabac devient souple et frais : c’est le moment de l’ef.

feuiller et de le classifier en première, deuxième et troisième qualité.

Fermentation. — La fermentation est aussi nécessaire au tabac qu'au vin. Par la fermentation, le tabac perd son goût de vert, son âcreté et prend son arôme, Pour cela, on le met en meule ou pile de deux

serait trop humide. Huit à dix jours après avoir

Après une dizaine de jours encore, le tabac ayant atteint la même température, on défait de nouveau la meule, on laisse aérer le tabac pendant quelque temps

La température du local où se fait la fermentation doit être de 70° Farenheight.

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