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VALÉRIANE A GROSSES TIGES

Revue horticole, 1872, page 259, sous le litre de: Une bonne salade trop peu connue^ a publié la Note que voici : c Nous ne manquons pas de salades ; nous en avons, Dieu merci, d'excellentes, au point que Ton peut dire que rembarras est dans le choix des espèces et variétés ; mais, comme dit le proverbe, abondance de biens ne nuit pas, et nous ne doutons pas que, malgré les richesses que nous possédons en ce genre, plus d'un lecteur de la Revue horticole sera enchanté de connaître celle-ci, qui diffère assez sensiblement de toutes les salades cultivées jusqu'à présent, et comme aspect, et Ton peut dire aussi comme goût.

« La plante dont nous voulons parler appartient à la famille des Valérianées; elle est très proche parente des Mâches, dont elle a le goût, la douceur un peu grasse, avec une légère amertume qui la rend un peu moins Tade, un peu moins insipide que les Mâches, auxquelles elle sera, pour ces raisons, préférée par quelques amateurs.

c Cette plante est la Valériane macrosiphon, ou Centranthus macrosiphon, déjà bien connue dans les jardins, où elle se cultive pour ses jolis bouquets de fleurs roses, et regardée, à juste titre, comme une des plus jolies plantes ornementales.

« Pour obtenir un beau développement foliacé et une production successive de septembre jusqu'aux gelées, nous engageons à en semer les graines sur place, absolument comme s'il s'agissait de Mâches, mais en recouvrant un peu moins la graine, qui est bien plus fine, et cela depuis juin et pendant tout le mois de juillet.

« Si les lecteurs veulent nous croire, ils ne couperont pas la plante trop jeune ; s'ils lui laissent prendre un certain développement, ils en seront récompensés par

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une production plus abondante, par des feuilles plus amples et plus charnues.

c Les jeunes tiges sont elles-mêmes très tendres et très comestibles, et si, dès là première fourchetée, on est un peu surpris par la légère amertume de cette salade, on sera tout étonoé de la trouver plus agréable à mesure qu*on en mangera davantage, et finalement on sera convaincu que c'est une salade excellente enmême temps qu'elle est excessivement inoffensive, et ou pourrait ajouter une des plus saines et des plus hygiéniques, puisqu'elle appartient à la famille des Valérianées. »

VOANlZOU (VOANZO> à Madagascar)

VoANDZEiA SLBTEiiRANEA du Petit-Thquars ; Glycine iubterranea Linné fils, Decad,^ tab. 17.

Fam. des Légumineuses,

Herbe annuelle, àtiges ranipantes, divisées en rameaux étalés. Feuilles composées de 3 folioles oblongues, obtuses ; pétiole commun long de 3 à 4 pouces, Pédoncules courts, axillaires, inclinés, ceux des fleurs hermaphrodites biflores. Corolle jaune; ailes oblongues, étalées horizontalement; étendard ovale, strié. Légume arrondi, charnu, monosperme par avortement. Pédoncules s'enfonçant en terre comme ceux de TArachide.

« Les plus anciens voyageurs à Madagascar (1) , avaient

(1} Le R. P. Gamboué, missionnaire à Madagascar, en a euvoyé, à diverse;, reprisés, des graines, à la Société nationale d'Acclioialation (voir Bjsvue de$ sciences naturelles appliquées, 1890, p. 76), ainsi qu'à la Société nationale d'Agriculture (Voir Bulletin de la Société nationale d Apiculture de fronce^ ISÇS}- :

VÔANDZOO 6U

remarqué cette Légumioeuse annuelle, que les habitants cultivent pour en manger le fruit ou les graines, comme des Pois, des Haricots, etc. liUe ressemble à TÀracbide, en particulier par la circonstance que le support de la fleur se recourbe et enfonce le jeune fruit ou légume dans le sol. La culture en est répandue danâ Ibs jardins, surtout de l'Afrique tropicale, et moins communément de TAsie méridionale. 11 ne semble pas qu^on la pratiqué beaucoup en Amérique, si ce n'est au Brésil, oil ^elle se nounne Mandubi d Angola. » (A. de Càndolle, Origine des plantes cultivées.)

Nous ayons reçu d'Elim, Spélouken, en date du 13 juillet 1882, une lettre de M. E. Creux, chef d^ la mission vaudoise dans le Transvaal, qui contenait les passages suivants : « Notre église nous envoie un agriculteur, M. Mingard ; j'espère que vous le verrez à son passage à Paris. .. Le Sésame, les Arachides et un excellent Haricot tubercule dont je ne connais pas le nom indigène sont 1res cultivés par les natifs... »

Nous, n'avons pas vu M. Mingard, qui faisait déjà route pour l'Afrique lorsque nous parvenait l'avis qu'il passerait à Paris ; mais nous avons reçu de lui une lettre datée d'Elim Waterfall, Spélouken, 1*' février 1883, nous disant : « Je vous expédie 100 grammes de nos Tindlohu ou Haricots tubercules, et 100 grammes de nos Tinyaum^ Haricots de haies, à rames.

« La première espèce est bonne et sucrée ; elle donne un très bon légume ici. On la sème à raison d'un grain par creux. Elle doit être buttée comme les Pommes de terre.

« La seconde est plus médiocre, semblable, pour le goût, aux petites Fèves. Pour la table, les Tinyawa doi-

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vent être bouillis préalablement. Ils croissent ici dans les buissons. »

Nous avons reçu et semé les graines annoncées. Le Tinyawa est un Lablab. II a végété vigoureusement, mais sans fructifier. Nous avons tardivement reconnu que le Tindlohu était le Voandzou^ plante très intéressante, mais rebelle à la culture sous le climat de Paris.

Nous avions semé sous châssis ; les graines avaient bien levé ; trois ou quatre feuilles, portées sur de longs pétioles, formaient une petite touffe au centre de laquelle envoyait naître plusieurs faibles pousses très grêles... Nous attendions pour butter, qu'il s'élevât des tiges, lesquelles ne devaient pas venir, et, lorsque nous avons butté, il était trop tard. Les pousses grêles qui s'étaient montrées, et qui n'étaient sans doute pas destinées à végéter à l'air libre, étaient desséchées.

I^e Voandzou ne nous paratt pas encore suffisamment connu. On n'en a appris ni la culture ni les usages.

On nous dit que ses graines torréfiées sont vendues aux nègres, dans les rues de Rio, parmi d'autres friandises grossières ; mais cet usage n'expliquerait nullement la culture générale qui se fait de ce légume dans un grand nombre de partie tropicales de l'Afrique, où il en existe plusieurs variétés d'un rouge brun ou d'un blanc jaunâtre, unicolores ou panachées. On en consomme certainement les graines comme les Haricots, les Pois et les Fèves.

Le R. P. Camboué a consacré au Voanzo une note intéressante, parue dans \di Revue des Sciences naturelles appliquées, 1889, p. 893, dans laquelle il nous apprend que la plante est cultivée à Madagascar dans les terrains argileux ou silico argileux des collines dénudées de rimérinà, à 1,300 mètres environ au-dessus du

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niveau de la mer. *Les semailles ont lieu vers le commencement de la saison des pluies (octobre-novembre). Vers février, quand la plante fleurit, on butte légèrement. La récolte a lieu vers mars-avriL « Le Voanzo se vend alors sur le marché de Tananarive à raison de 4 Trancs l'hectolitre. En Imérina, le Voanzo se mange préparé comme le Haricot ou le Pois ; bouilli à Teau, sa saveur rappelle un peu celle du Pois chiche et de la Noisette.

Il sera assurément impossible de cultiver utilement le Vodndzou en France. On pourra introduire dans nos possessions d'Afrique, à la Guyane, à Pondichéry, en Cochinchine, au Tonkin, etc.

La plante est assez curieuse pour que les amateurs essayent d'en élever quelques pieds sous châssis. Elle rendrait certainement de grands services d|tns celles de nos colonies qui ne la possèdent pas encore.

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