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USAGES ALIMENTAIRES

Les Crosnes sont d'autant meilleurs qu'ils sont plus fraîchement arrachés.

On ne les pèle pas; il suffît de les laver avec soin pour qu'il ne reste ni (erre, ni sable dans les entrenœuds.

Ils cuisent en douze à quinze minutes; s'ils restaient trop longtemps sur le feu, Teau les pénélrerait et ils deviendraient pâteux et fades.

Les cuisinières ont fait le meilleur accueil au nouveau venu; il n'existe pas, en elTet, de légume dont la préparation soit aussi prompte et aussi facile. Celui-ci

(1) Voir Planta et Schulze, môme recueil, t. 24, p. 2705.

ii*a donc rencoDlré aucune résistance et est devenu d'emblée ud habitué, un ami de la maison.

Sa saveur est agréable, mais faible. La cuisson doit se faire dans une eau plus salée que d'ordinaire.

Nous ne savons pas comment les Chinois le préparent pour la table, mais il accepte ici toutes les préparations qui nous sont familières, et cela suffit.

Il est probable que les Japonais raccommodent avec leur excellente et inévitable sauce, « le Shoyu »; mais nous n*ayons réellement, sur son usage au Japon, d'aulre renseignement que celui-ci : Le Choro-gi a des racines luberculeuses qui ressemblent à des chenilles; on les conserve, pour les manger, dans du vinaigre de Prunes (1).

En France, on accommode le plus halituellementles Crosnes comme les Haricols flageolets frais, avec ou sans Persil haché.

Ils sont délicieux en garniture d'un ragoût de veau, et, en cet état, les cullivaleurs de noire village en raffolent.

Ils sont excellents en Triture. Un amaleur conseille de les cuire la veille et de les frire, froids et raffermis, le lendemain.

On les mange aussi au gratin.

Ils sont parfaits en salade, simple ou panachée. La maison Potel et Chabot les fait cuire quelquefois, préalablement, dans du bouillon.

Enfin, ils font très bonne figure dans les conserves au vinaigre, associés aux Cornichons, aux Oignons Calawissa, etc.

Comme on le voit d'ailleurs, toutes nos préparations

(1) Le Japon à VExposition universelle de 1878, Paris. A la CommissioD impériale du Japon, 15, avepu^ de Malignon, 1878,

usuelles leur sont applicables et k tfidUresse de maison n'a que l'embarras du choix.

On a préconisé, dans ces dernières années, VÉpiaire des marais {Stachys palustrîs) comme pouvant rendre les mêmes services que le Crosne. Certains auteurs ont même avancé que ces deux Stachys sont identiques et qu'il n'y a aucune raison de cultiver une plante chinoise, alors que nous possédons son analogue en France.

Nous avons cultivé l'une à côté de l'autre les deux espèces, et cela pendant plusieurs années. Il ne nous est jamais venu à l'esprit qu'on pût les confondre. Dans le Sfachys pahiHrU. les feuilles sont sessiles, lancéolées, tandis qu'elles sont péliolées, ovales, atténuées au sommet et cordiformes àla base dans le S. af finis. La première espèce fleurit abondamment chaque année, alors que l'autre ne montre que très exceptionnellement ses fleurs (1). Enfin, point plus important, les rhizomes àe VEpiaire des marais sont très allongés; ils peuvent atteindre de 15 à 20 centimètres de longueur; ils sont acres et amers, presque immangeables. Pour songer à les utiliser il faudrait commencer par créer une race améliorée, comme du reste le proposaient les auteurs anciens qui ont parlé de leur comestibilité.

M. Chappellier, de la Société nationale d'Acclimatation entreprend des essais dans ce but. par Thybridalion, des deux espèces. Nous souhaitons que le succès couronne ses efforts.

(1) Le Stachys af finis présente une particularité rare, mais dont on a cependant d*autres exemples. L'abondance de la production de ses rhizomes est telle que la plante n'a pas besoin de former de graines pour se reproduire. Les boutons à fleurs se montrent, mais restent pelits et ne s'épanouissent pas. Les premières fleurs observées en France d'une manière certaine ont été vues par Tun de nous, dans le jardin de M. Le Tourneur, à Roche-Gauthier, près Granville (Hanche) (Voir hevue Horticole, 189 i, page 463) «

CBOSNE 167

M. Chappellîer a présenté à la Sociélé nationale d'Horticulture de France, le 24 mars 1892, (voir Journal de la Société Nationale d Horticulture, 1892, p. 137), des tubercules de Stachys floridana Shultlew, (originaire de la Floride), qui lui avaient éléenvoyés des Etats-Unis sous le nom de Florida Artichoke, Le présentateur ne put alors donner aucun renseignement sur Tusageque Ton pouvait faire de ces tubercules, mais il pensait que le nom vulgaire sous lequel il les avait reçus permettait de supposer qu'ils étaient comestibles.

M. Chappellier a cultivé le Stachys floridana et nous avons pu en voir quelques pieds en fleurs dans son jardin de Boissy-Sainl-Léger (Seine-et-Oise) (voir Revue Horticole, 1893, page 17).

La plante ressemble au Stachys uffinis^ mais elle est moins développée et moins vigoureuse comme végétalion. Les tubercules sont plus allongés et rappellent comme forme et volume, les rhizomes du Stachys palustris\ ils ont une saveur désagréable très prononcée qui les rend immangeables.

M. Chappellier continue à cultiver le Stachys floridana avec Tespoir d'obtenir un jour un hybride entre cette espèce et le Stachys a f finis.

En attendant, il n'est pas douteux que, par la sélection, on n'arrive à augmenter le volume des tubercules du Crosne, si Ton juge qu'il y ait intérêt à les avoir plus gros.

GTGLANTHÈRE PÉDIAIRE CycLANTHERA PEDATA Schrad.

Fam. des Ciicurbitacées.

Plante annuelle, à liges grinopanles, glabres; Trilles bifides ; feuilles alternes, péliolées ; en juillet-septembre, fleurs vertes, petites, axillaires,les mâles encorymbes longuement pédoncules, les femelles solitaires, sessiles à la base des fleurs mâles.

La Cyclanthère pédiaire est originaire du Mexique. C'est une plante traînante ou grimpante, d'une fécondité extraordinaire. Nous ne nous étendrons pas sur sa ciillure qui est celle des Gourdes.

Nous avons laissé traîner les tiges qui ont donné pendant plusieurs mois des fleurs et des fruits en abondance. Soutenues par un treillage, ces tiges atteignent jusqu'à 4 mètres de hauteur. Les feuilles ressemblent à celles delà Vigne-vierge et garnissent bien.

Les fruits doivent être cueillis chaque jour. Il ne faut pas, si Ton veut les utiliser, qu'ils soient plus gros que des Olives; ils deviennent bienlôl mous et spongieux. Récoltés à point, ils peuvent être confits comme les Cornichous. Leur défaut est de n'être pas croquants. Ils ont une Forte odeur de Concombre, qu'ils abandonnent pour prendre le goût du vinaigre dans lequel ils sont immergés. II en est de même de presque tous les légumes qu'on associe aux Cornichons. Les Cyclan-

CYCLANTBÈKE COMESTIBLB 169

Ibères ne valeol ni plus ni moins que d'autres. Ce sont de jolies petites éponges à vinaigre.

La graine est noire et curieuse. La plante est plus rustique que le Cornicbon de Paris.

GTGLANTHÉRE COMESTIBLE Gyclanthera edulis Ndn.

Pepino de corner des Espagnols de TAraérique du Sud, qui mangent les fruits accommodés de diverses manières. La plante ne diffère du C. pedata que par ses dimensions plus fortes et par la grosseur du fruit, qui a six à sept fois le volume de celui-ci et dont il conserve d'ailleurs la forme, tout en étant plus lisse. Forte plante annuelle, grimpante, à larges feuilles d'un vert très pâle; fleurs femelles ordinairement solitaires el subsessiles aux aisselles des feuilles ; chair spongieuse avant la maturité, exhalant une forte odeur de Concombre. Croissance rapide. Plante 1res ramifère, très féconde {Catalogue de Ch. Huber el C'% horticulteurs, à Hyères).

Le Cyclanthera edulis paraît être originaire de la Colombie, et, si notre mémoire est fidèle, M. Triana nous a dit qu'on en mangeait habituellement les fruits, coupés en deux et farcis comme les Concombres et les Aubergines. Les fruits ainsi préparés sont donc, selon foute apparence, beaucoup plus gros que ceux du C. pedata^ et c'est d'ailleurs ce que dit le Catalogue de

MM. HubeT et C*\ ci lé plus haut ; mais c'est un fait qu'il ne nous a pas été possible de vérifier.

Nous avons reçu de ces messieurs les graines portées à leur Catalogue et nous en avons donné la moitié à un habile jardinier de noire voisinage. Nous avons semé sous châssis et sur couche el nous avons obtenu des plantes très fortes, semblables au 6'. pedata^ des fleurs; mais de fruils, point.

Notre voisin a obtenu des fleurs el des fruils, mais ceux-ci n'élaient guère plus gros que ceux du C. pedata.

Voici ce que rapporte M. Naudin au sujel du C. edulis : « Nous avons reçu de la Nouvelle-Grenade, sous le nom de Pepino de corner, par Tentremise de M. de Geoffroy, consul de France à Bogota, les graines d'un Cyclantheraqniy s'il n'est pas identique avec le C. pedata^ comme je suis tenté de le croire, en est extrêmement voisin. Nous Tavons cultivé au Muséum en 1858; mais, par suite de divers accidents, les trois ou quatre individus vivants que nous avons eus ont été si retardés qu'ils n'ont fleuri qu'àl'arrière-saison el n'ont pas noué un seul fruit. Les ovaires étaient parfaitement lisses, et c'est à peu près la seule différence que je leur ai trouvée avec le C. pedata^ où ils sont quelque peu muriqués.

c D'après ce que nous a dit M. de Geoffroy, les fruils sont comestibles avant leur maturité et se mangent cuits. Celte espèce est probablement le Momordica pedata pomis striatis du P. Feuillée... »

Journal des observations physiques, mathématiques et botaniques, faites par ordre du roi, sur les côtes otientaies de l'Amérique méridionale et aux Indes orientales, par le R. P. Louis Feuillée ; Paris, 1725, vol. II, p. 754 : Momordica fructu striato : « Tous les Péruviens, chez

CYCLANTHÈRE COMESTIBLE lî<

\esqiie\s on trouve celle planle, mangenl le fruit dans \eurs soupes ; il est extrêmement rafraîchissant et fort nécessaire, par conséquent, dans le Pérou, où les chaleurs sont excessives. »

L'échec éprouvé au Muséum par M. Naudin, dans la culture du C. edulis^ celui que nous avons éprouvé nous-mêmes, l'époque avancée à laquelle notre voisin a obtenu quelques fruits, démontrent suffisamment que la Cyclanlhère comestible diffère de laC. pédiaire, celleci étant de beaucoup meilleure composition, à la fois 1res hâtive et très productive; mais il ne nous est pas prouvé non plus que la plante cataloguée par MM. Huber et C** soit celle dont nous a parlé M. Triana. Il y a là un desideratum qui n'est pas satisfait.

Nous avons également cultivé le Cyclanthera explodens Schrader, que Ton rencontre dans les jardins botaniques et qui ne réclame d'autres soins que ceux exigés par le C. pedata. Ses fruits soiit plus courts et plus petits que ceux de cette espèce ; trop mous pour être employés en Pickles^ ils présentent cette singularité quk leur maturité ils font explosion et crachent leurs graines avec violence au visage de l'indiscret qui les <oucbe.

Cyphia tortilis N.-E. Brown.

Fam. des Campanulacées, tribu des Cyphiées.

M. le professeur Mac Owan, botaniste du gouveroement, au Cap de Bonne-Espérance, nous a expédié en février 1894, des tubercules dune planle qui, nous disait-il, étaitvoisine du Bosch Barroe [Cyphia sylvalica Eckl.), mais cependant distincte, tubercules qui sont consommés après avoir été rôtis dans les cendres du feu fait par les voyageurs outspannedf, mais qui ne pourraient être recommandés comme présentant des qualités alimentaire de premier ordre.

Nous avons planté ces tubercules sons cbâssis, en pleine terre, et, dans le courant de Tannée, nous avons observé la floraison de la plupart des plantes mises en cullure.

Celte même espèce avait été adressée également au Jardin de Kew, et, dans le numéro d'octobre 1894, p. 356, M. N.-E. Brown en a donné la description en la considérant comme nouvelle.

Nous avons, à Tautomne, récolté ces tubercules qui n'avaient donné aucune multiplication et qui n'avaient pas sensiblement grossi. Nous en avons fait cuire quelques-uns et nous avons oiïert les autres au Muséum, la dégustation nous ayant fait reconnaître l'inutilité d'en continuer la cullure en tant que planle alimentaire.

DAIKON 473

DAIEON Radis du Japon.

Raphanus sativds L., var.

Fam. des Crucifères.

Bien que les Daikons aient été décrits par Henri Rivière comme appartenant à une espèce particulière, nous ne croyons pas devoir adopter cette manière de voir. Ces plantes, comme les variétés de Radis que nous cultivons en France, variant à Tinfini, tant par la forme de lears feuilles que par celle de leurs racines, doivent être rattachées au Raphanus sativus de Linné.

Nous avons fait présenter à la Société nationale d'Horticulture, par le jardinier Henri Vénîat, une collection nombreuse de Daikons. Si nous ne nous trompons, c'était la première fois qu on présentait à celte Société plusieurs variétés de cette plante, encore peu connue. On s*élait, jusque-là, borné à exhiber un spéci*^ men quelconque et à dire : voici le Dathon^ sans considérer que ce légume , comme tant d'autres , présente des propriétés, des qualités, voire même des défauts^ qui varient à Tinfini, selon la variété que Ton a cultivée.

Nos Radis sont d'origine chinoise, mais nous eu avons obtenu des variétés sans nombre qui Qgurent dans les catalogues des marchands grainiers. Ronds et courts, longs et demi- longs, hâtifs et tardifs, blancs, roses, rouges, violets, jaunes, gris, noirs, petits ou énormes; c'est à s'y perdre.

il en est à peu près de même des Daikons. Il en est qu'on sème au printemps, d'autres, plus nombreux, qu'on sème en août et dont on fait usage pendant tout l'hiver. Il en est un, de végétation très rapide, qu'il faut employer après quelques semaines de semis, sous peine, si Ton tarde, de le manger creux.

Les uns sont d'une longueur démesurée et exigent un labour à deux fers de bêche; les autres sont courts ou demi-longs et n'exigent qu'un labour ordinaire.

Toutes les variétés que nous possédons sont blanches. Il en existe, dit-on, qui sont rouges extérieurement et intérieurement et qui seraient les meilleures. Nous les avons inutilement demandées au Japon; nous n'avons reçu qu'un Radis rose d'hiver de Chine, dégénéré.

£n Juin 1878, nous avons reçu trois variétés très estimées au pays d'origine : les Sakurashima ^ Tsuri, Nerima Daikon.

Nous les avons semées immédiatement; ces plantes ont mouté à graine si vite qu'elles n'ont pas formé de racines utilisables; mais nous savions dès lors qu'il fallait semer tard.

En 1881, nous avons reçu de nouvelles graines, que nous avons semées le i^" août. Le résultat a été très satisfaisant et les horticulteurs de la Société d Horticulture de Montreuil peuvent se souvenir d'une présentation de très belles racines qui leur a été faite par Henri Véniat.

Nous donnons ici les noms des variétés que nous possédons. Nous en marquons deux d'un point d'interrogation parce qu'ils sont douteux pour nous ; nous considérons les autres comme exacts : Shirimain nedzumi (Fig. 29) ; Hosone; Mia shige; Arkie {?); Nedzumi; Maru nerima (Fig. 30); Nerima; Kedissune (Fig. 31); Ku nic/ii; Songetty (?) Ninengu.

DAIRON 47$

Nous ayons perdu le Sakurashima et le Tsuri. Nou? D*avoos pas reçu le San Guwatsti^ qui est cité le prer mier par l'auteur japonais du « Japon à V Exposition uni-

Pig. 29. — Shirimatn nedzumi (au qtiarl de grandeur naturelle).

verselle de 1878 », et dont le uom signifie Daïkon du troisième mois (avril).

Nous dirons quelques mois de chacune des variéléç que nous avons cultivées eu 1881 et 1882.

Shirimatn nedzumi (fig. 29). — Ce Daïkon est gros et court. Ses racines ne s'élèvent pas hors terre. Iln'exîgiepa^

un labour plus profoad que celui qui se pratique dans les jardins : c'est un mérite qui doit le faire rechercher.

Hosone. — Ses racines s'élèvent à 0",20 hors terre. Il n'eu exige pas moins un labour profond. Sa végétation est rapide. 11 devient creux dès les premiers jours d'octobre.

Mia shige, — Ses racines font saiHie d'environ 1",10 hors terre; il lui faut un lubour profond. Selon l'auteur japonais déjà cit*^, le Mia shige Daïkon est un produit renommé de la province d'Owari.

Arkie (?). — Ce Daïkon exige un labour profond. Ses racines n'ont que 0",05 à 0",10 de hauteur hors terre.

Nedzumi. — Il exige un labour profond. Ses feuilles ne ressemblent à celles d aucun autre Daikou.

Marunerima (fig. 30). — 15 cenlimètres hors terre. Labour profond.

Nerima. — 20 centimètres hors terre. Labour profond.

Kedissune (fig. 31). — Feuilles très divisées et finement découpées, presque ornementales.

Ku nichi. — 10 cenlimètres hors terre. Labour profond. Son nom signifie : Daïkon de neuf jours.

Songetly (?). — Labour profond.

Ninengu (1). — 20 ceulinièlres hors terre. F^nbour profond.

Toutes ces variétés se sèmenl le l*""^ août et s'emploient en hiver. Nous en possédons une cependant qui, semée

(l) MM. Vilmorin-Andrieux et C'« (Les Plantes potagères) disent que, pour atteindre tout le développement dont il est susceptible, le Ninengo (ou Ninengu) doit être semé dès le mois d*avril. Il demande une terre profondéuienl travaillée et abondam neiit fumée.

Uuelques Dalkons, d'après des autorités qui semblent dignes de foi| atteindraient le poids fabuleux de 15 à 20 kilogrammes.

Daii^on

au prinlempd, u'esl montée à graine qu'à la fin de Tété, si bien que nous avons craint de n'en pas récolter de

Fig. 30. — Maru nerima Fig. 31. — Kedissune (au quart

(au quai*t de grandeur naturelle). de grandeur naiuielle).

semence et que nous avons dû attendre longtemps avant que les siliques en fussent sèches. Cette variété, à laquelle

i78 LE POTAGER D*UN CURIEUX

l'auleur japonais ci lé plus haut donne le nom de Natsu Daïkon^ c'esl-à-dire Daikon d'été, faisait partie d'une collection de quarante-deux sachets de graines recueillies par Tinlrépide voyageur, M. Colteau, collection qui nous était parvenue par Tobligeante entremise de M. le D"^ Paul Sagot. Elle renfermait plusieurs autres variétés de Daïkons, qui, semées au printemps, sont montées à graine sans rien produire d'utile.

Il est donc bien établi que, à Texceptiou du ou des Natsu Daikon^ on doit semer vers le l^"^ août, et plus tard encore dans le Midi, sur un labour ordinaire pour Daïkon court ou demi-long, et sur un labour à deux fers de bêches pour les variétés à longues racines.

On doit semer en lignes, et, si Ton veut obtenir des plantes très développées, éclaircir à 15 centimètres au moins.

Quant à la fumure, nous citerons, pour en contester certains points, ce qu'en a dit M. le comte de Castillon, dans le volume IV, page 519, 3** série du Bulletin de la Société d'Acclimatation :

« Frappé des résultats négatifs obtenus en France <( dans la culture du Daïkon, j ai voulu en rechercher la tt cause. Four cela, j'ai cru ne pouvoir mieux faire que « de consulter Touvrage japonais iutitulé : Sô mokuso « date y usa; or, voici ce qu'il dit au sujet du Daïkon, et (( qui sultirait amplement à montrer les raisons de Tin- « succès dont on se plaint généralement : au printemps « et en été, on défouce prolondément le terraiu ; ou y « incorpore avec soin un mélange de cendre et de pouce drelte, et on sème, du premier au dixième jour de « Tautomne (tin septembre), en lignes et sur billon. Il « y a aussi des Daïkous entièrement rouges, non seule- (L ment à Textérieur, mais encore en dedans ; ils sont « très tendres et ont un goût délicat.

DAIKON 179

« La culture japonaise se résume donc dans les trois u points suivants: l"" défoncement profond; S*" engrais (( pulvérulents très actifs et proinplement assimilables; a y (et cest un point capital) semis d automne. Il est « évident, en effet, que, si les Japonais ne sèment pas t leDaikouau printempsf c'est qu'ils ont reconnu que c les semis faits à cette époque montaient à graine très u facilement (tout comme en France) et sa.ns donner de € racines volumineuses. Quelque chose d'analogue nous < arrive avec certains végétaux, les Navets par exemple. « Il est encore à remarquer que la variété de Dalkon la « plus estimée au Japon, pour ses qualités comestibles, a est le Daïkon rouge. C'est donc sur elle que devront € porter de préférence les plus prochains essais. »

Nous ne doutons pas qu ou n'obtienne un très bon résultat en défonçant profondément le sol, en Tameudant avec de la ceudre, eu le fumant avec de la poudrelte; mais nous ne cousidérons pas ces pratiques comme nécessaires. Les Daïkous sont exlrêmement rustiques et végètent admirablement dans une bonne terre de jardin, ils se ressèment spontanément, et les graines qui se répandent de côté et d'autre donnent naissance à de superbes plantes. Nous avouons ne rien comprendre aux diiticultés que paraissent avoir rencontrées les premiers expérimentateurs. JNous appelons 1 attention sur Topimon émise, en janvier 1876, par M. Rivière, et consignée dans le Bulletin de la Société d Acclimatation^ 3* série, volume 111, page 39 :

€ M . Rivière signale les avantages que lui parait devoir f oUrir la culture du Daïkon ou Radis du Japon {liaphaf nus acanthijormis). 11 avait reçu quelques graines de ce c Radis, proveuanl d'un envoi de M. Kreutzer, attaché à « la légation du Japon, lésa lail essayer daus un domaine c de M. Talabot, près de Limoges, et en a obtenu une

« quanlité de semence suffisante pour pouvoir propager a: la plante, qu'il croit appelée à beaucoup d'avenir. Ses a: qualités nulrilives, précieuses pour les vaches laim lières, qui s'en monlrenl 1res friandes, paraissent la « placer entre la Carotte à collet vert et la Betterave. d Le Daïkon pourra d'ailleurs, sans doute, jouer un € grand rôle comme culture dérobée. Sa végétation est « très rapide; semée dans la seconde quinzaine de juil- « iet, la plante est bonne à récolter en octobre ; elle dc n'occupe donc la terre que fort peu de temps et se oc montre ainsi doublement précieuse. >

L'usage que nous devons faire du Da'ikon diffère absolument de celui qu'en font les Japonais. Us en mangent toutes les variétés cuites ou salées; il s'en servent aussi comme d'un condiment en le râpant lorsqu'il est frais, ou en le faisant sécher. Us en mangent aussi les feuiUes préparées comme les racines.

On doit, chez nous, en user (out autrement. Nous mettons les racines en jauge au mois de novembre et les y prenons fraîches au fur et à mesure de nos besoins. Ehes sont tendres, pleines d'eau de végétaUon, moins piquantes que le Kadis noir et même que le Radis rose d hiver de Chine. Elles plaisent iniiniment aux personnes de nos famUles et aux marchands de comestibles auxquels nous les avons lait déguster. Cuites, nous les trouvons inférieures aux Navets.

U reste à expérimenter le Daikou comme plante fourragère, en culture dérobée. U ne nous appartient pas de résoudre cette importante question.

Daïkon de Sutzouma

Celte variété mérite une mention particulière. Pour la taire connaUre^ nous reproduisons une note de

DAIKON 181

M. Louis Sisley, publiée dans la Revue horticole^ année 1874, page 444 :

« Nous extrayons des lettres du D' Hénon, d'Ikouno (Japon), quelques passages ayant rapport au Radis japonais dit Dalkon :

« Les Daikons, gros Radis blancs, ont à peu près « partout remplacé les Rlés, les Chanvres, les Pois et les « Fèves, là où il n'y a pas de rizières. Dans les parties « du terrain où Ton n'a pas amené d'eau et où Ton ne « peut, par conséquent, cuKiver le Riz, on y fait suc- « céder aux céréales des Raves ou, plus généralement, « un énorme Radis blanc ou RaiTort, dont il se fait une c consommation immense, soit frais, soit cru, conservé « dans le sel. 11 existe partout au Japon et en Chine; « mais les graines que je vous envoie appartiennent à « une variété particulière, au fameux Daïkon, le Radis « de Satzouma, qui diffère notablement des autres a variétés répandues dans le pays, puisqu'il atteint jus- « qu'à un pied de diamètre, ce que Ton ne voit jamais « ici, ni à Osaka, ni à Kioto, ni à Yedo. Je ne crois pas « qu'on l'ait importé en France, car nos compatriotes c qui sont allés à Satzouma ne sont pas nombreux.

« Ce Radis atteint souvent, dans le bon terrain, 90 cen- « timètres de longueur. On le sème en juillet-août et on € le récolte en automne et en hiver. Dans les temps € fabuleux, il y eut, dit-on, à Sacourasima un Daikon M qui avait une lieue de tour. Ceux-ci n'en sont que des f enfants dégénérés, mais ils sont encore d une belle € grosseur.

« Le bétail est très friand des Daïkons et on lui en t donne une grande quantité ; mais ce sont les hommes u surtout qui en font une très grande consommation. € On les mange crus, en salade, coupés par tranches f très minces, cuits dans la sauce japonaise appelée

\8i LE POTAGER D*UN CURIEUX

« shoyu^ et surtout crus, après les avoir laissés confire (( dans le sel pendant un ou plusieurs mois ; ainsi préoc parés, ils sentent très mauvais, du moins à notre <' goût, mais ce n'est pas aussi détestable à manger « qu'à sentir. Les Japonais, du reste, trouvent que le « fromage sent encore plus mauvais et s'étonnent que « nous puissions avaler quelque chose d'aussi infect. « Le Daïkon confit dans le sel est l'assaisonnement « habituel du Riz bouilli, chez les pauvres comme chez « les riches. »

DOLIG BULBEUX

Bangkoang (Javanais), Daun Sabran (Malais), Short podded Yam-bean (Colonies anglaises), Dau (\nnamite mandarin), San rucang (Annamile vulgaire).

Pachyrrhizcs angulatus Rich., Z>C, Prod.\ Dolichos bulbosus

h., Spec, p. 1020; Roxbg,, Flor. Ind., ili, p. 309; Stizolo-

bium bulbosum Spreng., Syst. 111, 252.

Figures : Flora brasi/iensis, vol. XV, 1, pi. 53; Plumier,

Plantes d'Amer,, pi. 222; BulL of miscelL informat. (Royal

gardens Kew), 1889, p. 121.

Fam. des Légumineuses,

Plante vivace, volubile, doDuant naissance à plusieurs tubercules arrondis ou napiformes. Tiges velues lorsqu'elles sont jeunes, devenant presque glabres en vieillissant. Feuilles composées de trois folioles larges, glabres, la terminale plus grande, anguleuse, dentée; les latérales inéquilatérales. Fleurs rougeàtres, en

DOLIC BULBEUX 183

grappes courtes, pauciflores; il leur succède des gousses oblongues ou cyliudriques, pointues, glabrescenles et un peu noueuses.

Celle plante, selon Rumphius, est originaire des Philippines. On la cultive dans plusieurs parties de rinde el aux Moluques.

Roxburgh {loc. cit.) suppose qu'elle a é(é introduite d*Am^rique aux lies Philippines.

« L'échantillon qui existe dans nos collections a été cueilli dans le pays de Galam, près de Bakel, par M. Leprieur, qui ne nous apprend pas si elle est cultivée ou si elle est sauvage dans ce pays.

« Son importance, comme plante alimentaire, nous avait déterminés à en apporter de Java à Bourbon, à Cayenne et au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Elle était cultivée en 1824 au jardin de Richard-Tol; mais nous ignorons si elle y avait été apportée de Bakel ou de l'Inde orientale. » (Guillemin, Perroltel et Richard, Florœ senegambiœ tentamen, vol. I, p. 221).

« Les tubercules des racines du P. angulatus ont la forme el le volume de notre Rave; quelquefois, ils deviennent beaucoup plus gros. On ne les mange guère autrement que cuils; en les accommodant avec du beurre, du sucre et des épices, on peut en faire un mets très agréable.

« Les racines qu'on laisse en terre jusqu'à la maturité des fruits perdent toute leur saveur el ne peuvent plus servir d'aliment. » (Spach, Végét. phanérog.^ vol., I, p. 334).

De tusage que font les Javanais et les habitants des ile$ Philippines du Dolic bulbeuxy appelé vulgairement dans le pays Ignamas, par M. Perrottet, botaniste-cultiYaleur (i),

« Le DoHc bulbeux apparlient à la Diadelphie décandrie et fait partie de la Tamille des Légumineuses. II esl voisin du genre Haricot et pousse, comme lui, dos tiges sarmenteuses et rampantes ; il produit une racine pivotante, semblable, pour la forme et la grosseur, à la Rave douce d'Europe {Brasska napus maxima), mais elle est plus nutritive et plus moelleuse qu'elle. Les Malais et les habitants des lies Philippines en font leurs plus grandes délices; ils la mangent cnie ou bouillie à la manière des Pommes déterre. On la voit figurer sur les meilleures tables, préparée de différentes manières; elle est alors un mets aussi sain que savoureux ; le propriétaire rural, lorsqu'il en recueille beaucoup, en nourrit ses animaux domestiques; j'ai remarqué qu'ils la mangent avec avidité et qu'elle les engraisse en peu de temps, les porcs surfout.

« Il me semble de la plus haute importance de recommander la culture et la multiplication de cette plante bulbeuse aux habitants des colonies françaises, d'autant plus qu'elle peut, en tout temps, leur fournir, sans aucune préparation, une nourriture saine et abondante.

« La croissance de cette plante est très rapide ; trois à quatre mois suffisent pour que la racine acquière toute sa perfection.

« Elle ne paraît point difficile sur la nature du sol ; elle s'accommode de tous les terrains ; cependant, elle

(1) Bibliothèque physico^conomique ^ Paris, t. X, i^nnée i821|p. 311,

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vient plus volumineuse el elle flatle davantage le goût lorsqu'elle pousse dans une bonne lerre^ substantielle el un peu humide. On la multiplie facilement par le moyen de ses graines, qui mûrissent très bien ; mais, pour les obtenir, il convient d'en laisser une certaine quantité de pieds en place, car, pour que sa racine soit délicate et succulente, il ne faut pas attendre la maturité des graines; au coniraire, il faut arracher les bulbes longtemps avant la floraison, parce qu'alors la racine acquiert en vieillissant une consistance ligneuse qui la rend peu convenable, d'une digestion difflcile et lui fait perdre tout son mérite.

a Je suis persuadé que cette plante peut très bien se naturaliser en France, surtout dans nos départements du Midi ; elle est annuelle, il ne lui faut, par conséquent, que trois à quatre mois de chaleur pour lui faire prendre son volume ordinaire. Elle serait d'autant plus précieuse pour nous qu'elle remplirait le vide que laissent souvent entre elles les Pommes de terre de la dernière récolle et les nouvelles. Le Dolkhos bulbeux a l'avantage de croître plus vite que la Pomme de terre, dont les plus précoces ne paraissent ordinairement qu'en août, c'est-à-dire huit mois après la plantation, tandis que le Dolichos, semé en avril, est mangeable dès le mois de juillet.

« J'en ai répandu des graines dans les colonies françaises de l'Afrique el de l'Amérique que je viens de parcourir, et où j'ai eu le bonheur d'introduire plusieurs autres plantes utiles sur lesquelles je me réserve de vous entretenir plus lard. Je ne finirai point cette note sans vous annoncer qu'à Cayenne on en fait, cette année, une récolle assez remarquable et que tout me porte à croire que Iç Dolkhos s'y propagera promptement,

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« On m^a dil, à Java et à Manille, que les semences de celle plante étaient vénéneuses; cette propriété, qu'elle partage avec la Ponime de terre, quoique d'une famille très différente, ne peut être un motif pour éloigner de nos cultures une plante utile sous tant d'autres rapports. »

Nous avons reçu de M. Martin, jardinier-chef du gouvernement à Saïgon, des graines et des tubercules de Pachyrrhizus angulatus^ accompagnés d'une note que nous transcrivons :

« Cù Sdng (Annamite). Cette plante grimpante donne un très gros tubercule. On doit la planter sur billon et butter fortement en temps utile. Quand la plante a 30 à 40 centimètres, pincer le bout et les faux bourgeons, de manière à refouler la sève dans le tubercule.

« On met deux ou trois graines par trou et, quand elles sont bien levées, on n^en laisse qu'une et on repique les autres. Cette plante appartient à la famille des Légumineuses ; son tubercule est très bon cuit et même cru, mais son fruit passe pour vénéneux. Les tubercules que je vous envoie ne peuvent servir qu'à vous donner des graines pour faire vos semis, car chaque graine ne donne qu'un tubercule (1). Il faut semer dans le commencement d'avril ; l'arrachage se fait en septembre. »

Nous avons semé sous châssis au mois d'avril et n'avons conservé que des pieds simples ; nous avons butté (2), pincé sans cesse les tiges principales secondaires et arrosé fréquemment.

(1) La plante donne habituellement plusieurs tubercules. — P. B.

(2) Les tubercules se formant assez profondément dans le sol, loin du collet de la plante, le buttage recommandé par M. Martin ne nous semble pas utile. — P. B.

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Les plantes ont bien végété, et, si elles n'avaient pas été pincées, se seraient élevées à 2 ou 3 mèlres de hauteur, comme celles que les tubercules nous ont données.

Vers le 15 novembre, nous avons récolté, à chaque pied, un, deux ou trois tubercules, un peu moins gros qn'un Navet, qui, dégustés à Télat cru, nous ont paru tendres, sucrés, agréables.

Les tubercules, gros et sensiblement anguleux, que nous avons reçus de Saigon en parfait état et plantés sous châssis, ont végété avec une grande vigueur, mais n'ont montré de disposition à fleurir qu'au commencement d'octobre. Nous n'avons finalement obtenu ni fleurs, ni fruits.

^ Nous ne voyons donc pas comment nous pourrions, sous le climat de Paris, nous procurer des graines pour nos semis.

Nous avons essayé la multiplication par le couchage, mais sans succès. 11 nous faudra donc recevoir encore nos semences du pays d'origine, ce qui ne présente d'ailleurs aucune difficulté.

II est à peu près certain qu'on obtiendra des graines dans le midi de la France et, à plus forte raison, en Algérie. Nous ferons même observer que, sur nos plantes de semis, se sont montrées des inflorescences, qui ne se sont pas épanouies, mais qui donnent l'assurance d'une fructiflcalion sous un climat plus chaud que celui de Paris.

M. Perrottet se trompe sans doute lorsqu'il dit que le Dolic bulbeux est annuel; mais il serbble que, dans les pays chauds, il soit cultivé comme bisannuel, la première année pour fournir ses tubercules comestibles et la seconde année, au moyen de quelques tubercules conservés ad hoc^ les graines nécessaires à l'ensemence-

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ment, ces derniers, comme tant d'autres racines, perdant alors leurs propriétés alimentaires.

Le Pachyrrhizus angulatus est une plante très inléressante que les amateurs peuvent cultiver dans les environs de Paris et que les horticulteurs du Midi ne devraient pas négliger.

Qu'ils n'oublienl pas que la racine sucrée du Cerfeuil bulbeux se vend à Paris à haut prix et que le plus souvent la production reste au-dessous de la demande!

M. Pierre, directeur du Jardin Colonial de Libreville, Congo français, nous écrivait en i892 (i), au sujet de cette plante:

« J'ai essayé à diverses reprises, depuis 1887, la culture du Pachyrrhizus angulatus, h Libreville. J'avais emporté, en 1887, cinq graines que M. le professeur Maxime Cornu m'avait confiées. J'ai cultivé la plante et les résultats que j'ai obtenus celte année sont merveilleux. En 1887, 1889-1890, j'ai montré, à ce que l'on appelle le concours agricole, à Libreville, celte plante et des racines dont Fnne pesait 300 grammes.

« J'ai récolté à raison de 7,000 kil. à Thectare, dans un terrain pauvre. La récolte aurait pu monter à 10,000 kil. ?i j'avais pu donner une excellente culture et me procurer des engrais, et cela en trois mois.

« On pourrait faire trois récoltes et même quatre chaque année, ce qui porterait la récolte possible à 40,000 kil.

« Dans ces pays, cette plante pourrait avoir une grande importance, non seulement au point de vue de l'alimentation de l'européen et des indigènes, mais aussi de celle des animaux.

« J'ai récolté dernièrement 2,000 graines et j'en ai

(i) M. Pierre est mort peu de temps après; M* Chalot lui a succédé dans cette fonction.

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envoyé dans tous les posles du Congo français, jusqu'à rOubanghi, aux diverses personnes aimant les plantes utiles, missionnaires, planteurs, etc., et dans les possessions au nord du Congo français.

(c Moins sucré que la Patate, ce précieux et précoce légume peut être considéré comme un succédané de la Pomme de terre, que nous sommes obligés d'acheter sur la cûle aux paquebots qui nous la vendent très cher : 0 fr. 60, Ofr. 75 et même 1 franc le kilogramme. »

LOLIG TUBÉBEOX Ahipa (Pérju) Yam-Bean (Colonies anglaises).

Pachyrrizos tuberosus Spreng. ; Dolichos luberosus Lamk.

Figures : Plumier, Plantes d'Amer.^ pi. 220; Descourtilz, Flore des A milles y Vfll, p. 127, pi. 554; Bull, of mise, informat, {Royal gardens Kew). 1889, p. 662.

Fam. des Légumineuses.

Celle plante est sans don te originaire de la Martinique, mais elle est connue depuis fort longtemps au Pérou, où elle est cultivée comme plante alimentaire {Voir Notice sur r Ahipa et fAricomaj plantes alimentaires du haut PéroUy parÂ. Weddell, que nous avons publiée dans ce Yolume, à Tarticle Pab^e de terre) .

Le savant botaniste voyageur que nous venons de citera observé la plante à la Paz; n'ayant pu récoller que des échantillons incomplets, il lui fut impossible de la déterminer avec certitude*

On est ensuite resté pendant de nombreuses années sans obtenir d'aulres échantillons et sans savoir à quelle espèce botanique ÏAhipa pouvait être rattaché.

En 1886, le D' Krnst de Çciracas adressait à Kew des échantillons d'une plante cultivée à Mérida^ qui, disaitil, correspondait exactement avec la description de YAhipa donnée par Weddell, et qui, selou lui, devait être le Dolichos tuberosus Lamk.

Il existait à l'herbier de Kew plusieurs spécimens de Dolichos tuberosus^ notamment ceux récoltés àTarapota, par Spruce.

Le professeur Oliver trouva cette plante distincte ûu Pachyrrhizus anffulatus. M.Bentham considérait les échantillons de Spruce comme appartenant à cette dernière espèce. Enfin, le D*^ Morris pensa quelle pourrait bien être une variété produite par la culture, mais assez marquée pour demander un nom distinct en vue de la culture. Il a publié dans, le Bulletin ofmiscellaneous information du Jardin royal de Kew, une série de notes sur les deux plantes, en vue d'en faire connaître les mérites, accompagnées de deux bonnes figures permettant de voir facilement les caractères distinctils de ces espèces. D'après lui, le Pachyrrhizm tuberosus diiTère du P. anyulatus par ses feuilles qui sont arrondies et non dentées, par ses fleurs blanches au lieu d'être violettes, par ses gousses beaucoup plus larges, et peut-être aussi par ses graines réniformes, blanches, noires ou bigarrées.

Comme le Dolic bulbeux, le Dolic tubéreux est une plante alimentaire des plus précieuses pour les pays chauds; mais il est curieux de remarquer que ses graiues, ainsi que, d'ailleurs, celles de plusieurs autres Phaséolées, possèdent des propriétés toxiques. D après le D*^ Ernst, ces graiues sont employées à Mérida (Ve-

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nezuela), soit en décoclion, soil sous forme de poudre pour détruire la vermine. Un de ses élèves lui écrivait, dit-il, de l'Etat de Tachira, qu il avait vu un cas d'empoisonnement avec une sorte de Haricot appelé là-bas Tapiramo (espèce de Dolichos); aussi, les cuisiniers ontils pour habitude de rejeter la première eau dans laquelle cuisent ces Tapiramo.

Pour les usages de celle plante, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire ce qu'en dit Macfadyen, Flora of Jamaïca^ page 285 :

« Sa racine est formée d'un certain nombre deramificalions de plusieurs pieds de long, courant sous la surface du sol, émettant dans leur course une succession de tubercules. Ses graines sont vénéneuses, mais la racine donne un aliment abondant et très sain. Le produit de trois plantes est généralement suffisant pour emplir un boisseau.

« Les tubercules, après avoir élé bouillis, peuvent être consommés comme les Ignames et autres racines usuelles; elles produiraient également un excellent similaire de TArrow-rool. La fécule en est d'un blanc pur et est égale, sous tous les rapports, à ce dernier produit. Elle est 1res agréable au goûl et d'une digestion facile. On l'emploie à faire des tlans et des puddings. Les déchets obtenus après l'extraction de la fécule, et qui, dans l'Arrow-rool, sont inutilisables, peuvent, après avoir été sécbés, donner une bonne et saine farine. Une délicieuse farine peut aussi être obtenue en coupant les tubercules, en les faisant sécher au soleil et en les réduisant ensuite en poudre. La plante mérite certainement d'être beaucoup plus cultivée qu'elle ne Ta élé jusqu'à présent. Elle doit, avec grand avantage, remplacer l'Arrow-root dans les cultures.

« Elle peut être plantée en toute saison de Tannée, et

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les racines sont à point pour èlre arrachées au bout de quatre à cinq mois. Sa production esl beaucoup plus considérable que celle de TArrow-rool el la proportion de fécule est aussi plus considérable, de sorte que son bas prix pourrait la faire figurer sur les marchés, même pour servir aux imprimeurs d'étoffes, aux lieu et place de Tamidon, ordinairement employé. Le Yam-Bean esl cultivé depuis un grand nombre d'années à la Jamaïque. On dit qu'il a été introduit de la Martinique. »

FENOUIL DOUX Fœnigulum dulce C. Bauh. ; Anethum dtUce DCL

Fam. des Ombellifères.

Tiges un peu comprimées à la base, hautes de i'',30. Feuilles radicales, presque distiques, à segments allongés, capillaires; ombelles à 7-8 rayons.

Le Fenouil doux d'Italie est une plante annuelle. On le dit originaire de lllalie.

Miller dans son Dictionnaire des jardiniers^ n'affirme rien. On croit, dit-il, qu'il a été importé des Açores. Il lui donne le nom de Fœniculum azoricum.

L'abbé Rozier, dans sou Cours complet d Agriculture^ se borne à dire que le Fenouil doux d'Italie, au rapport des voyayeurs^ est beaucoup moins doux que celui des Açores. Il cite les côtes d'Alrique parmi les pays les plus renommés pour cette plante.

On sème le Feuouil doux en février et en mars, en pépinière, sous châssis; plus tard, en pleine terre, jus-

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