GLACIALE
amère si prononcée, qu'il nous esl impossible de le recomoiander à un litre quelconque.
GLACIALE Herbe à la glace, Ficoldc cristalline.
Mesembryanthemum grystallinum L.
De CandoUe, Plantes grasses, pi. 128.
Fam. des Mésembryanihémées.
Plante annuelle, originaire du Cap, des Canaries, etc., importée, selon Miller, du Cap de Bonne-Espérance; cultivée depuis longtemps au point de vue ornemental. Herbe couchée, charnue, couverte sur toutes ses parties de vésicules transparentes et pleines d'eau, qui feraient croire qu'elle est couverte de glace. En juillet-octobre, fleurs blanches, insignifiantes.
D'après Duchesne [Répertoire des plantes utiles) y on mange très souvent les feuilles de la Glaciale, comme légume, à Bourbon.
Dans une lettre adressée à MM. Vilmorin-Andrieux et C*"" (1), M. Picard, de Saint-Quentin, recommande l'emploi de cette Ficoïde en guise d'Épinards.
Culture : Semer en mars-avril à bonne exposition, ou, de préférence, sur couche. Repiquer en plate-bande bien ierreautée dès que le plant a quelques feuilles, à 0'",60 en tous sens ; ne pas négliger les arrosements. La plante
({) Revue Horiieole, année 1859, p. 72.
prend bienlôt un développement extraordinaire et l'on peut cueillir pendant loule la belle saison.
La Glaciale a sa place marquée dans les potagers des curieux. Elle est à la fois belle et utile. Il n'est personne qui n'ait admiré, par une belle matinée d'hiver, l'effet meiToilleux de la lumière du soleil sur les arbres couverts de givre. C'est le speclacle que nous offre la Glaciale en plein élé. Malheureusemenl, elle s'étale sur le sol; il faut se baisser pour l'admirer tout à l'aise. Ce n'est donc pas précisément une planle très ornementale et ce n'est d'ailleurs pas à ce litre qu'elle aurait sa place dans ce livre. Nous la considérons comme une plante potagère très estimable et semblable à la Télragone par sa culture et par son emploi.
On cueille ses feuilles tendres et l'extrémité de ses tiges. Nous les préparons comme les Épinards, et toutes les personnes auxquelles nous en avons fait faire l'essai ont reconnu que la Glaciale était un bon légume, d'une saveur particulière, un mets suigeneris^ très recommandable.
M"* Henriette Davidis, que nous cîlons volontiers lorsqu'il s'agit de légumes inusités en France, s'exprime ainsi sur cette Ficoïde : « La Glaciale est une admirable plante d'ornement des jardins et fournit en même temps un délicat légume pendant l'été. Ses feuilles et ses tiges, tant que celles-ci sont tendres, ne devront pas être hachées, mais seulement cuites, avec de la chapelure un peu roussie dans du beurre frais, assaisonnées avec du sel, de la Muscade ou de la fleur de Muscadier et servies avec des Pommes de terre. Durée de la cuisson : à peine un quart d'heure. »
Nous donnons celte recette pour ce qu'elle peut valoir; mais, en recommandant la Glaciale comme légume, nous nous autorisons encore d'une note de
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M. Sîroy qu'on trouvera dans le Journal de la Société d^ Horticulture de France, 2* série, tome XI, page 525.
Nous pensons qu'il faut cultiver, admirer et manger la Glaciale.
Une autre FicoiJe, d'un moindre intérêt, trouvera ici sa place ; notre attention a été appelée sur elle par une note de M. H. Lecoq, Revue Horticole^ 1869, p. 207:
Ficoïde à feuille en cœur {Mesembryanthemum cordifoUum L.).
Plante vivace, originaire du Cap de Bonne-Espérance, d'où elle a été apportée par M. Bruyère. Quoique vigoureuse, elle est loin d'être aussi productive que la précédente. Sa saveur est aussi moios agréable. Elle mérite cependant d'être classée parmi les succédanés de TÉpinard, ou, pour mieux dire, de la Chicorée, dont une légère amertume la rapproche.
Multiplication par boutures faites à l'automne, hivernées sous châssis et mises en place au printemps, ou par semis faits comme nous l'avons indiqué pour la Glaciale.
La plante est très feuillue. Elle s'étale beaucoup; il faut donc lui accorder environ 2 mètres d'espace. Il suftit de cinq ou six pieds, placés au mois de mai en bonne terre et libéralement arrosés, pour assurer le service de la table.
\jQ Mesembryanthemum anyulatum Thunb., de l'Afrique australe, espèce très voisine du M. crystallinum, peut aussi être utilisé comme succédané de l'Épinard. M. Mac Owan, botaniste du gouvernement, au Cap de Bonne-Espérance, nous a écrit qu'il trouve ce légume
comparable à la Télragonede la Nouvelle-Zélande, mais un peu plus glulineux.
GOMBOi KETMIE COMESTIBLE Hibiscus esculentus L.
Fam. des Malvacées,
Plante annuelle. Tige de 6-7 décimètres, simple; feuilles cordiformes, à 5 lobes oblus, dentés; pétioles
Fig. 33. — Gombo à fruit Idng.
plus longs que les fleurs; en juin-juillet, fleurs jaunesoufre, avec le centre pourpre, solitaires, axillaires;
60MB0, RETMIE COMESTIBLE 203
capsule pyramidale ou conique; calicule de dix folioles décidues ; calice se déchirant longitudinalemenl. Amérique méridionale.
Nous ne nous avançons pas trop en disant que le Gombo est l'un des plus précieux légumes qui nous soient connus. Il est d'un usage journalier en Égyple, en Syrie, en Grèce, en Turquie, aux Indes, dans la Louisiane, aux Antilles et dans toute T Amérique du Sud. Nous ferons connaître plus loin ses diverses applications culinaires ainsi que ses propriétés comme succédané du Café et du Cacao.
Sa culture est c^ peine connue dans la région de Paris, dont le climat lui est défavorable ; il faut semer les graines sur couche, en février, repiquer les jeunes plants également sur couche, et attendre les derniers jours de mai pour les placer à demeure sur une couche neuve, sous un châssis élevé ou sur une côtière bien abritée, en terre légère et bien fumée. Lorsque Télé est chaud, on peut réusir en plantant le T'juin sur une vieille couche. La récolte est alors plus tardive. 11 est nécessaire d'arroser abondamment pendant les grandes chaleurs.
Le Gombo ne sera jamais, sous notre climat, qu'une plante d'amateur, peu productive, et les maraîchers ne la cultiveront pas. Ses capsules voyagent parfaitement sans s'altérer, et, si elles étaient recherchées à Paris, la Provence, qui nous en envoie déjà, pourrait en produire et en vendre, à bas prix, en quantités égales à la demande. Nous connaissons des Français établis dans les colonies qui déclarent le Gombo excellent; cependant, rien n'annonce pour lui un succès prochain. Les étrangers qui résident à Paris sont jusqu'ici seuls à l'acheter lorsqu'il est mis en vente. Nous le voyons toutefois occuper une place honorable dans une bonne maison, d'une tenue très parisienne et très distinguée. Il y figure fréquemment
sur la iable, et le cordon bleu qui le prépare nous a communiqué obligeamment sa recette.
Le Gombo semble n'être qu'un accessoire dans les mets dont il fait partie, mais il n'en est rien ; il est essentiel et, sans lui, ces mets ne seraient pas.
On trouvera des renseignements intéressants sur le Gombo dans les publications suivantes :
Flore des Antilles, par Descourtilz, vol. IV, p. 169;
Note par le D** Sagot {Journal de la Société nationale d'Horticulture de France, 1872, p. 545);
Manual of Gardening for Bengal and upper India. by Thomas A. G. Firminger;
Agricultural botany^ by William Darlinglon ;
Note par Léon Ratlier {Revue horticole^ 1854, p. 171).
De cette dernière note, très étendue et très instructive, nous croyons devoir extraire quelques passages : « Pendant mes voyages en Orient, je l'ai presque toujours enlendu nommer par les Grecs Grekika kerata (cornes grecques), et par les Turcs Bamieh. Ce dernier nom paraît adoplé en Egypte, d'après M. Bové {Observations sur les cultures de VEgypte^ extraites des Annales de l'Institut horticole de Fromont, 1. VI, avril 1834)... Partout où la plante est cultivée, elle offre une importante ressource à l'alimentation et à la médecine. Aux Antilles, les indigènes la mangent cuile à Teau salée ou crue en salade. Elle forme la base du Calalou, 1res estimé des indigènes et d'un usage populaire. On ne dédaigne pas non plus de servir ses diverses préparations sur les tables les plus somptueuses ; mais alors, presque toujours, on l'associe à des aliments ou à des assaisonnements de haut goût, pour relever sa saveur un peu fade ; elle devient un mets très agréable, mais ne possède plus les qualités qui la font rechercher pour l'usage médical... »
GOMBO, KBTMIG COMESTIBLE 305
« M. Bové dit qu'en Egypte la Kelmie est un des légumes les plus communs du pays ; qu'elle est très estimée dans les diverses contrées où ou la cultii^e et que les tluropéens en font une grande consommation pendant sept à huit mois de Tannée.
« La pâte et le sirop de nafé^ que Ton prépare à Paris avec le mucilage de la Ketmie comestible, ont donné de bons résultats à la thérapeutique.
< Enfin, Tinfusion des graines torréfiées de la Ketmie a été recommandée comme pouvant suppléer le Café, et M. Vilmorin, dans la dernière édition du Bon Jardiniery signale cette préparation comme une des moins mauvaises paimi celles que Ton a voulu substituer au moka.
« Je doute que M. Vilmorin ait expérimenté par luimême, car, pour ma part, j'ai bu en Orient l'infusion des semences de la Ketmie, bien souvent préparée avec plus que de la négligence, et toujours elle m'a paru une très agréable boisson, offrant une supériorité marquée sur les qualités inférieures de Café et quelquefois égalaut presque le moka. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut employer des semences bien choisies, arrivées à parfaite maturité ei torréfiées avec beaucoup de soin. Le procédé qui m'a le mieux réussi consiste à reniermer les graines dans un brûloir à café et à chaufl*er pendant tout le temps que la crépitation se fait entendre. Dès qu'elle cesse, il faut les élendre sur une table de marbre ou sur tout autre objet qui puisse les refroidir avec rapidité. On pile et l'on passe au filtre.
« J'ai essayé de ne pousser la torréfaction que jusqu'à un degré suffisant pour colorer en noisette clair 1 intérieur de la graine ; alors la fécule qu'elle contient demeure soluble. Après l'avoir réduite en poudre fine et passée au tamis, on la mêle avec du lait ou de Teau
sucrée ; si on procède alors comme lorsqu'on ?eut obtenir une bouillie de farine, on obtient un produit assez semblable au chocolat, 1res agréable au goût, et conservant une bonne partie de farome spécial qui dislingue la graine... »