NICOLAS-AUGUSTE PAILLIEUX IX
C'est ainsi que furent cultivées, à Crosnes, plus de 250 plantes venues de tous les pays du momie. Les insuccès furent nombreux, mais rien ne rebutait, rien ne décourageait M. Paillieux, qui trouvait une énergie indomptable dans sa passion d*êti-e utile.
Les résultais de ces essais, bons ou négatifs, furent réunis dans un volume intitulé : Le Potager (Tun curieux, HiiU>vre^ Culture et Usages de cent plantes comestibles peu connues ou inconnueSy ouvrage qui fut publié en 1885. en collaliorution avec M.D. Bois.
Ce livre, si original, eut un grand succès; une seconde édition, publiée en 1892, dunnales résultats des nouvelles expériences.
Les auteurs, en portant leurs éludes sur toutes les plantes alimentnires qu*ils pouvaient se procurer, n'avaient pas seulement en vue de doter la France continentale de nouveaux produits. Parmi les espèces qu'ils ont eues en leur possession, il s*en est trouvé un bon nombre qui, incultivables dans les régions tempérées, présentaient le plus grand intérêt pour les pays de la zone in ter tropicale. A ce titre, Le Potager (Tun curieux est appelé à rendre les plus grands services à tous ceux qui s'occupent de cultures coloniales.
Un certam nombre do plantes ont été propagées par M. Paillieux. Parmi les plus importantes, il convient de citer le Soya (Soja hispida), dont il a publié une monographie complète. Mais, comme nous l'avons dit plus haut, le véritable service rendu par M. Paillieux a été l'introduction et la vulgarisation du Crosne {Stachys affinis), qui a pris une si grande place parmi v\q< plus précieux légumes d'hiver.
L^Stachy$ affinis, Bunge (S. /uôen/îpra, Nnudin), absolument inconnu endeli(irsdelaChineet«luJapon,aétéenvoyéparM.lel)''Breilschneider, niédecindela légation russe à Pékin ; et ce sont lt;s quelques tubercules qui parvinrent dans un état de comervation des plus médiocres que M. Paillieux cultiva et qui ont été la source originelle de tous ceux qui ont servi à répandre partout la plante.
M. A. Paillieux e^t mort à Paris, le 8 février dernier, à l'âge de 85 ans, après une courle maladie, au moment où il venait de commencer la correction des épreuves de la 3« édition du Potager d^un curieux. Il conserva jusqu'à la fm la même ardeur au travail, la même passion pour l'horticuliure.
M. Paillieux était membre honoraire du Conseil de la Société nationale d'acclimatation ; il fut pendant longtemps vice-président de la section des végétaux de cette Société. Il s'exprimait avec une précision et une clarté remarquables, et charmait par l'éléfjrance de sa parole autant que par la sûreté de son jugement. Tous ceux qui ont eu l'honneur de connaître M. Paillieux, en même temps qu'ils se rappelleront la prodigieuse activité de ce travailleur qui semblait toujours en mouvement, conserveront le souvenir de son exqtiise aflabilité et de sa bonté.