‹ Le potager d'un curieuxChapitre 71 sur 111 · MORELLE DE WALLIS · texte numérisé non relu

MORELLE DE WALLIS

sis très aéré, ont donné beaucoup de fleurs/mais n'ont pas noué un ^eul fruit.

« Sur les quatre pieds mis en pleine terre, un seul a noué des fruits au nombre de trois. Deux de ces fruits sont déjà beaucoup plus gros que celui dont notre Revue donne la figure ; le troisième grossit encore et semble devoir acquérir le même volume. Ces fruits sont d'une rare beauté. Ils sont noués depuis le l*""^ juillet dernier (1).

« Les détails dans lesquels je viens d'entrer font voir clairement par où j'ai péché. La saison ayant été plus froide qu'à l'ordinaire, j'aurais dû donner âmes plantes un peu plus de chaleur. Je ne l'ai pas fait, et j'ai eu tort. Voyons maintenant l'avenir.

« La MoreUe de Wallis est extrêmement rustique, en ce sens que ses boutures reprennent en plein air, que sa végétation est toujours très active, qu'aucune maladie, aucun insecte, ne semblent pouvoir en compromettre la culture.

« Que lui faut- il? Un peu plus de chaleur que je ne lui en ai donné. Ce n'est une difficulté ni pour les jardiniers, ni pour les maraîchers. Faire des boutures en août, les conserver l'hiver sous châssis, les avancer un peu au printemps sur couche tiède, les ébourgeonner avec soin, supprimer la moitié des fleurs de chaque bouquet, tels sont les conseils que je puis donner aujourd'hui. »

Nous sommes bien convaincu que la MoreUe de Wallis peut être cultivée sans difficulté. Cependant, elle

(i) Un de ces fruits, complètement mûr le 2 septembre, mesurait 9 centimètres de hauteur sur 27 de circonférence. Sa forme rappelait celle d'un cœur de bœuf non aplati ; sa peau lisse et luisante était marbrée de rose yiolet ; il était en effet d'une rare beauté [Rédaction de la Revue horticole).

exigera toujours sous notre climat plus de soins qu'elle n'en mérite. Nous avons dégusté les fruits que nous avons obtenus. Ils étaient superbes, parfaitement mûrs, charnus, juteux, appétissants. Nous étions pleins d'illusions sur le résultat. Les curieux comprendront toute l'amertume de notre désappointement ; nos fruits avaient le goût de Concombre et laissaient sur la langue un picotement désagréable. Nous les avons mis en compote, ils ne valaient pas mieux.

Pourquoi donc venons-nous d'en parler longuement? C'est que ces beaux fruits, certainement fort bons à Guayaquil, peuvent être une utile acquisition pour le littoral méditerranéen et pour l'Algérie ; c'est qu'après tout nous n'écrivons pas seulement pour les environs de Paris.

Dans une note publiée dans la Revue horticole^ 1892, page 155, M. Ed. André décrit les fruits d'une variété de Solanum muricatum que M. Naudin lui a envoyés d'Antibes, et qui diffèrent de la Morelle de Wallis par leur couleur blanc crème sur laquelle tranchent des stries et des ponctuations violettes.

MOTSIJI

BiDENS PILOSA Lin. ; Ceratocephalui pilosus Rich. ; Kemeria dubia CSosB. ; Kemeria tetragona Mœneh.

Fam. des Composées.

Plante annuelle à tiges dressées, hautes de 0",80 à 1 mètre, quadrangulaires, branchues dans leur partie supérieure. Feuilles opposées, pétiolées, glabrescentes,

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d UD vert noirâtre, les supérieures triséquées, les inférieures imparipennaliséquées, à segments ovales aigus, dentés sur leurs bords. Pélioles ciliés à la base. Fleurs en capitules discoïdes ; involucre à écailles presque égales enire elles, à peu près de la longueur des fleurs du disque. Fruit (achaine) linéaire, anguleux, lerminé par deux arèles plus ou moins divergentes, s'écartanl un peu en mûrissant.

Cette plante croit dans tontes les parties cbaudes du globe.

Notre correspondant du Transvaal, M. Mingard, agronome attaché à la mission vaudoise, nous en a adressé les graines, et nous extrayons de sa lettre d'envoi le passage suivant : «Je prendrai, dès aujourd'hui, comme vous me le conseillez, Fhabitude de joindre à chaque lettre quelques graines pour en compléter le port ; je vous remets donc ci-^oinles des graines de Motsiji^ plante que je mange jeune et fraîche, bouillie comme les Laitues et hachée comme les Epinards. Les naturels la mélangent ordinairement à la farine d'Arachide. :t>

Nous avons semé le 20 mars (1884) en pot, sous châssis, nos graines de Motsiji; elles ont bien levé, et nous avons mis les plantes en place le 20 mai, en plein air. Elles ont pris un grand développement et nous ont donné des graines mûres au commencement de juillet.

Le 26 mai, nous avons semé le Motsiji en pleine terre, et, dès le 12 juillet nous dégustions les sommités des tiges, hachées comme les Epinards ; le résultat nous a satisfait. Nous reconnaissons que la plante peut être aisément cultivée et fournir un bon légume d'été, sans qu'il y ait lieu de la recommander d'une manière particulière.

MOUTARDE TUBÉREUSE SiNAPis JUNCEA L., var. napiformU.

Fam. des Crucifères.

Plante bisannuelle, glabre, atteignant 1 mètre h 1",50 de hauteur. Racine renflée, napiforme, ressemblant beaucoup au Panais commun, blanche, mesurant environ O"",!? de longueur et 0'",20 de circonférence. Feuilles inférieures oblongues lancéolées, dentées, quelquefois lyrées ; les supérieures étroites, linéaires lancéolées, entières ou dentées. Fleurs jaune clair, eu grappe terminale. Sépales divergents. Siliques dressées, bosselées ; bec assez long, asperme, un peu comprimé ; valves carénées, trinerviées, à nervures latérales sinueuses.

On peut lire, dans le Bullelm de la Société d^Acclimatation^ y série, tome IX, page 579, la lettre datée de Pékin, 20 novembre 1881, par laquelle iM. le D' E. Bretschneider, médecin de la légation russe, annonçait à cette Société un envoi de graines et de tubercules qui ne comprenait pas moins de 112 plantes, arbustes ou arbres, d'utilité ou d'ornement.

La Moutarde tubéreuse faisait partie de cette riche collection, et ses graines nous ont été remises à tin (rexpérimentation. Nous avons rendu compte de nos essais dans le Bulletin de la Société, 3*" série, tome X, page 21.

Semée au printemps de 1882, la plante est montée h {graine avec une extrême rapidité, et n'a pas formé d»» racine hibéreuse.

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