PI-T*SI
bourg, le 20 novembre 1885 : « Le nom chinois de YEleocharis tuberosa est Pi fsi. La plante est cultivée partout en Chine, à Pékin aussi bien qu'à Shang-Hai, Canton, etc.
« J en ai envoyé des tubercules, qui ont la grosseur d'une Châtaigne, à feu M. Decaisne, mais ils ne sont pas arrivés en bon état. VEleocharis tuberosa serait une bonne acquisition pour nos cultures, parce que ses tuber^ cules sont très bons à manger. Pour les envoyer de Chine en France, il faudrait les mettre dans un pot rempli de vase et d'eau. Quelqu'un devrait se charger de prendre soin de ce pot sur le bateau et de renouveler l'eau qui s'évapore. De cette manière, on apporterait de jeunes plantes à Marseille.
« La plante se cultive dans l'eau, comme le Riz. Je ne suis pas à même de vous indiquer une personne en Chine à laquelle vous pourriez vous adresser pour cette affaire, mais je vous conseillerais d'aller voir mon ami M. Dévéria, premier interprète chinois au ministère des Affaires étrangères, il vous dira ce qu il faut faire. »
Notre savant correspondant nous écrivait encore, en date du 7 juin 1887 : « La plante est beaucoup cultivée aux environs de Pékin, dans des terrains submergés. Elle ne fleurit jamais. On la cultive pour ses tubercules, qui ne se forment que très larl en automne. On les récolte au printemps et on les mange crus ou cuits ; on les confit aussi dans le vinaigre. Les Européens ne mangent pas beaucoup le Pi t'si; cependant, il a un goût assez agréable. Ou n'a pas besoin, comme on nous l'a dit, de rejeter le résidu après avoir mâché le tubercule. )
Dans la même lettre, le docteur renouvelait ses recommandations pour le transport des plantes aquatiques chinoises.
Nous lisons dans Roxburgh, Flora indica, volume I, page 210 : « La plante est citée par Tabbé Grosiersous te nom de Pi t'si. Sous les noms de Maatai, Pu-tsai ou Pe t'siy ou Châtaigne d eau des Chinois. M. Duncan, pour déférer au désir du gouverneur général, Ta envoyée de Canton au Jardin botanique de la Compagnie, à Calcutta, où elle fleurit vers la fln des pluies, en septembre.
€ Pour les usages économiques de ses racines tubé« reuses, je demande la permission, dit Roxburgh, de m'en référer, d'une part, à Tabbé Grosier et aiix autres historiens qui ont eu l'occasion d'observer de quelle manière elles sont employées parles Chinois, et, d'autre part, à l'extrait suivant de la lettre de M. Duncan qui accompagnait les plantes : « Maa tai^ Pu tsai ou Pi t'si^ selon l'abbé Grosier, Châtaigne d'eau. Se cultive dans des réservoirs qui sont fumés pour la plantation, vers la fin de mars. On fait alors écouler l'eau du réservoir et l'on pratique dans le fond de petites cavités qu'on emplit d'engrais humain et qui demeurent exposées au soleil pendant un quinzaine de jours. Leur contenu est bientôt intérieurement mélangé avec le fond vaseux du réservoir et les éclats ou les racines y sont déposés. L'eau est alors ramenée et la nouvelle récolte atteint sa perfection le l'"^ septembre. Celte noix est très estimée des Chinois de toute clas*>e, non seulement comme racine pour le pot, mais aussi comme remède. On la mange bouillie ou crue. Je ne me porterais pas garant des vertus singulières attribuées au Maatai, mais je citerai seulement une des plus plausibles. Les enfants jouent ici avec des pièces de monnaie dans la bouche ; cellesci glissent quelquefois dans leur estomac et provoquent des symptômes alarmants. Le noix, crue ou bouillie, leur est alors immédiatement donnée en quantité, elle