XIV PRÉFACE
Les chercheurs à venir seront sans doute encouragés par ces chiffres à fouiller encore dans le champ immense où nous ne savons plus rien découvrir. Nos vœux les accompagneront.
Mais, s'il est aujourd'hui, .^inon impossible, ou tout au moins très difficile, de trouver dans la Flore alimentaire exotique des plantes qui puissent être utilement introduites dans nos potagers, il serait relativement facile d'augmenter les ressources de cet ordre dans nos colonies, en donnant à chacune d'elles ce qui lui manque et ce que les autres possèdent.
Au cours de nos recherches, nous avons reconnu que des légumes d'un usage habituel dans telle ou telle de nos possessions lointaines étaient souvent absolument inconnus chez leurs sœurs françaises.
Sans négliger ce qui peut être emprunté à Tétranger, au Japon, en Chine, aux Indes, dans l'Amérique du Sud, et même en Afrique, il y a lieu, ce nous semble, pour atteindre le but visé, de procéder par voie d'échange entre nos colonies, par acclimatation mutuelle.
Le succès n*est pas douteux.
Dans plusieurs de nos possessions existent, établis et entretenus aux frais de 1 État, des jardins dans lesquels on cultive les légumes d*Europe, et quelques-uns y végètent passablement, à condition que les semences en soient fréquemment renouvelées. Dans tous leurs établissements ou stations, nos missionnaires entretiennent aussi des jardins dans lesquels ils cultivent ces mêmes légumes, pour leur propre alimentation, et aussi pour enseigner et en propager la culture et l'usage.
Qu'on se représente donc combien serait abondant et salutaire l'approvisionnement végétal de nos colonies, si, à ces légumes d'Europe,, péniblement obtenus, venaient se joindre ceux qui se refusent à croître sous notre climat, mais qui prospéreraient aussi bien à la Guyane qu'au Gabon, aux Antilles qu'en Cochinchine, etc., et qui se répandraient