CONCOMBRE DU SIKKIM
ni
fruits. Les feuilles en sont presque aussi grandes que celles des Potirons et montrent assez souvent 5 etmême 9 lobes. Les fruits, à peu près de la grosseur et de la forme de beaux Melons de Cavaillon, sont ovoïdes, allongés, très réguliers, à contour arrondi etconliennent habituellement cinq placentas au lieu de trois; la chair en est blanche et très épaisse et la peau finement marbrée de blanc jaunâtre et de roux. Je ne connais cette variété que par un dessin colorié qui est en la possession de M. J. Dalton Hooker et par quelques fragments desséchés de l’Herbier de Kew. D’après ce savant voyageur, le Concombre du Sikkim est cultivé dans tontel’Inde anglaise, mais particulièrement dans la province dont il porte ici le nom. C’est un excellent légume que les indigènes mangent indifféremment cuit ou cru. Il serait à désirer qu’on l’introduisît dans les potagers de l’Europe. »(Naudin, Cucurbitcicées).
Nous avons été assez heureux pour réaliser ce vœu, mais dix-huit ans s’étaient écoulés depuis qu’il avait été formé. M. le docteur Hooker, que nous ne saurions trop remercier de sa courtoisie, nous a adressé, en mars 1877, des grainesdu Cucumissikkimensis, qui n’existait encore que dans les jardins royaux de Kew, dont il est le directeur. Semées sur une couche et sous châssis, ces graines nous ont donné des plantes vigoureuses et des fruits abondants, d’excellente qualité.
Leur volume est celui des plus gros Concombres blancs, et leur robe, vraiment curieuse, à la maturité, est nettement réticulée. Il semble qu’un filet à petites mailles soit étendu sur leur fond brun. C’est d’ailleurs leur moindre mérite. Ils sont également bons, servis dans le ravier en hors-d’œuvre, ou apprêtés comme les Concombres ordinaires.
En cultivant pour la première fois 1 eCucwnis si/c/ci-
mensis, nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour assurer le succès; mais, plus tard, nous en avons laissé plusieurs pieds en plein air et nous avons pu constater sa rusticité.
Le 12 juillet 1877, nous avons présenté à la Société centrale d Horticulture de France(Henri Véniat, jardinier) des fruits du C. sikkimensis, sur lesquels un rapport a été déposé le 26 du même mois par MM. Arnould- Baltard et Hédiard, qui ont déclaré que, chargés parle comité de culture potagère d’en apprécier le mérite alimentaire, ils les avaient reconnus excellents , à chair très fine et beaucoup plus délicate que celle du Concombre ordinaire.
Nous en avons également présenté à l’exposition ouverte par la même Société en octobre 1877.
Plus récemment, nous avons distribué des graines du Concombre du Sikkim aux membres de la section des végétaux, dans la Société d’Acclimalalion, et nous poursuivrons celte œuvre de propagation d’une plante que nous considérons comme une heureuse acquisition.
Nous terminerons en donnant un extrait d’un article du Botanical Magazine , janvier 1876, pl. 7206, ( Journ . de la Soc. nat. d'Hort., 1876, p. 365) :
« Celte singulière variété de Concombre est cultivée communément dans la partie orientale de la chaîne de l’Himalaya, c’est-à-dire dans le Sikkim et le Nôpaul, où on en obtient et consomme le fruit en immensequantité, et où les cultures de celle plante s’étendent sur de grandes surfaces de terre jusqu’à 1.500 mèlres d’altitude... Son fruit atteint 0m, 38 de longueur sur autant de circonférence... M. D. Hooker dit qu’en 1840 il voyait tous les habitants du Sikkim, hommes, femmes et enfants mangeant de ces Concombres à peu près du matin au soir. »
CONCOMBRE MUSQUÉ 113
Nous espérons que la culture du C. sikkimensis se généralisera dans notre pays.
CONCOMBRE MUSQUÉ
Calabaza de China.
Curuba ou Curua (au Brésil).
Sicàna odorifera Ndn., Ann. des sc. nal., sér. 4, vol. 18, p. 18 L tab. 8; Cogniaux, Flora Brasil., l’asc. 78, p. 22, tab. 3, et Monographies Phanerogam p. 522 ; Ed. André, Rev. horticole , 1890, p. 515 (avec figure coloriée).
Fam. des Cucurbitacées.
Plante vivace, originaire du Brésil, cultivée dans les parties tropicales de l’Amérique méridionale et dans l’Amérique centrale.
M. de Lafon nous a donné, en 1888, un sachet de graines de celle curieuse plante, qu’il avait observée dans son voyage au Cosla-Rica.
Il avait joint cà l’envoi une note extraite du Manual clcl Jardinero y Arbolista , par Julio Rossiguon, avec la traduction que nous reproduisons ci-dessous :
(( On trouve dans l’Amérique centrale une variété de Concombre appelée, au Gualémala et dans toutes les provinces centro-américaines, fort improprement, Mclocolon et Ccdabasa de China à Panama, qui est remarquable par sa dimension, son beau feuillage, ses fleurs épaisses, de couleur jaune clair, et surtout par ses fruits qui, à maturité, passent à une couleur rouge violacé
LE POTAGER d’üN CÜRIËÜX
A. Portion de rameau avec vrille, feuille et fleur femelle.