Uouton de fleur mâle, non épanoui
2‘ Fieur maie ouverte, montrant les lobes réfléchis du calice et de la corolle. 3* Fleur mêle, coupe longitudinale, montrant les étamines.
4. Fleur femelle, montrant le pistil et l’ovaire coupé longitudinalement.
CONCOMBRE MUSQUÉ
et répandent une odeur très forte, légèrement musquée.
« Dans l’Amérique centrale, on place les fruits mûrs de cetle Cucurbitacée, à laquelle nous avons donné le nom de Cucumis Abelmosclius elatior , dans les chapelles pendant la Semaine sainte et à la Nativité, où ils répandent une odeur douce. On les sert quelquefois cuits dans le sirop, à la moitié et aux trois quarts de leur grosseur, et on les assaisonne de la même manière que les Patates.
« Comme dans les pays chauds les légumes font généralement défaut, il nous a paru intéressant, pour ceux de nos lecteurs qui ignorent les propriétés de celle Cucurbitacée, d’entrer dans ces détails. Déplus, la Galabciza de China peut se cultiver comme plante d’ornement pour tapisseries murailles, former des treilles ou la faire monter cà la cime de quelque grand arbre; rien n’est agréable à voir comme une treille (berceau, tonnelle) chargée de fruits violet foncé ou rougeâtres, entremêlés de Ileurs d’un jaune d’or cl de feuilles vertes. »
Ces graines n’ont pas germé dans le jardin de Crosne.
M. Naudin, directeur de la Villa Thuret, à Antibes, a été plus heureux que nous. Il a obtenu la plante et a pu récolter deux fruits qui ont été le sujet de la note suivante, publiée dans la Revue horticole, de 1889, page 35 :
« Le Sicana odorifera est une remarquable Cucurbilacée du Brésil dont les tiges grimpantes, de 8 à 10 mètres ou plus, s’appliquent sur les murs les plus lisses à l’aide de leurs vrilles, dont les extrémités s’épatent on ventouses très adhérentes, ce qui n’est pas particulier à cetle espèce. Elle est monoïque, à Heurs jaunes, et ses Heurs femelles fécondées donnent naissance à des fruits cylindriques, de la taille d’un liés gros Concombre ou
d’une petite Courge musquée ( Cucurbita moschata ), qui deviennent rouges ou orangés en mûrissant. Ils sont comestibles, mais non du goût de tout le monde, à cause de leur odeur aromatique. On s’en sert comme moyen d’éloigner des appartements les insectes, que celte odeur met en fuite.
« Le Sicana exige plus de chaleur que nos Gucurbitacées ordinaires, même plus que les grandes variétés de Courges musquées qui mûrissent rarement à Paris. Ce seradoncune plante méridionale, du moins tant qu’elle n’aura pas produit de variétés moins exigeantes et plus précoces. Elle aurait parfaitement réussi à Antibes si l’été de cette année avait été normal ; mais il fut exceptionnellement froid et tout en a été retardé de plus d’un mois dans les jardins.
« Nousavons toutefois obtenu deux fruits après fécondation artificielle, et l’un deux, qui me paraît avoir atteint toute sa taille, mûrira peut-être dans l’apparleinenl chauffé où on le lient en réserve. Si cela arrive, nous aurons des graines pour recommencer notre expérience, et probablement avec un succès plus complet, caries années, comme les jours, se suivent et ne se ressemblent pas.
« Je viens de parler de la possibilité d’obtenir du Sicana , plus tôt ou plus tard, des variétés mieux appropriées à nos climats que les plantes de première introduction. Que l’on regarde ce résultat comme un fait d’acclimatation ou que l’on en juge autrement, le fait n’en est pas moins certain pour les Cucurbitacées d’origine exotique que nous cultivons depuis longtemps dans nos jardins. Toutes les fois que j’ai reçu des graines de ces mêmes espèces venant de pays tropicaux, les plantes ont été plus difficiles à élever et plus tardives que leurs similaires de France anciennement introduites et en
CORETTE POTAGÈRE
quelque sorte assouplies par une longue culture. Ou peut doue espérer qu’il en sera de même pour le Sicana et vraisemblablement de plusieurs autres espèces. » Les fruits récoltés par M. Naudin ont parfaitement mûri et ont permis à M. Ed. André ( loc . cit.) d’en publier une bonne figure coloriée. Nous avons vu ces fruits chez le rédacteur en chef de la Revue horticole et nous sommes parfaitement de son avis lorsqu’il dit qu’ils exhalaient une odeur 'pénétrante de Pomme de Reinette.
CORETTE POTAGÈRE
Mauve potagère, Mauve des Juifs, Mélonkie.
Corciiorus olitoriüs L., var. edulis (1).
Fam. des Tiliacées.
Plante annuelle, originaire des Indes et de l’Afrique tropicale. Tige de 0m,50 de hauteur, cylindrique, lisse; feuilles alternes, pétiolées, ovales-oblongues, dentées, à dents inférieures souvent terminées par un fdet sélacé; fleurs petites, d’un jaune orangé, pédonculées ; fruit
(1) Les fibres du Corchorus olitoriüs et de plusieurs autres espèces, surtout du C. capsularis L., connues dans le commerce sous le nom de Jute, sont employées, mêlées au Colon, au Clianvre et au Lin, à la fabrication d’étoffes et de toiles à bon marché, mais qui ont peu de résistance et qui ne supportent pas les lessives. Les déchets servent à fabriquer de la pâte de papier. Ces fibres sont l’objet d’un commerce actif. L’importation du Jute, en Angleterre, était, en 1877, de 200.000 tonneaux et de 25.000 en France.
LE POTAGER D’üN CURIEUX
(capsule) siliquiforme, long, glabre ; graines anguleuses, verdâtres.
D’après Poire! ( Voyage en Barbarie , vol. II, p. 179), la plante est cultivée tant dans le Levant qu’en Barbarie. On l’emploie dans les cuisines.
Selon MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, ses feuilles se mangent en salade.
Enfin, le rapport de M. Delchevalerie sur l’exposition égyptienne de 1878 nous apprend, les jardins n’existant pas en Egypte, qu’elle est cultivée dans les champs, sous le nom de Kolbe-sch, et que les Egyptiens mangent ses feuilles comme celles des Épinards.
C’est, dit-on, un aliment mucilagineux et fade, comparable au Gombo.
Nous avons cultivé sous châssis, par curiosité, la Coretle potagère. Nous ne lui avons consacré qu’un panneau et notre récolte ne nous a pas permis d’en faire un plat pour noire table; nous avouons donc n’avoir dégusté ses feuilles, ni comme salade, ni comme Épinards.
11 nous semble certain qu’on ne peut cultiver utilement le Corchorus oütorius sous le climat de Paris : d’ailleurs, le nombre des salades et des succédanés de de l’Épinard est si grand que cette plante nous paraît absolument dépourvue d’intérêt.
CORNARET JAUNE
CORNARET JAUNE Bicorne jaune, Martynie jaune.
Martynia lutea Lindl.
Fam. des Pédalinées.
Plante annuelle, haute de 0m,50, pubescenle glanduleuse ; feuilles cordiformes-orbiculaires, un peu dentées ; en août, fleurs jaunes, amples, infiindibuliformes ; fruit à bec beaucoup plus long que le corps.
Originaire du Brésil.
Semée àla fin d’avril sur couche et sous châssis, repiquée en godets et tenue sous verre, comme les Melons, jusqu’àla fin de mai; mise alors en place sur une vieille couche et généreusement arrosée, elle acquiert d’énormes proportions. Ses branches sont grosses comme des manches de bêche et ses Heurs jaunes forment d’abondantes grappes coniques, auxquelles succèdent de grands fruits cornus.
Si curieuse que soit la Martynie, nous ne nous occuperions pas d’elle si ses fruits, cueillis aussitôt après leur formation, ne se mettaient pas dans le vinaigre comme les Cornichons. Elle peut donc être classée parmi les plantes potagères.
Voici ce que dit William Darlington d’un Martynia , dans son Agricultural Botany (Philadelphie, 1847) : « Cette plante, originaire de Mississi pi et des plaines du Mexique, est beaucoup cultivée depuis quelque temps pour ses fruits singuliers, qui, dans leur jeunesse, avant de devenir durs et ligneux, sont employés à confectionner le condiment qui porte le nom de Pickles. »
Clemenceau, dans la Revue horticole (1867, p. 109), donne le même renseignement : « ... Les fruits cueillis très jeunes et alors qu’ils n’ont que quelques jours, sont contîlsdans le vinaigre et maugésàlafaçon de nos petits Cornichons verts. Dans cet état, ces fruits sont fermes, croquants et d’excellente qualité. »
Alors même que les Martynia ne seraient pas alimentaires, les amateurs les cultiveraient comme plantes ornementales, produisant des fruits extrêmement cu-
rieux ; mais nous recommandons d’éviter de toucher aux feuilles du Martynia lutea , le seul que nous ayons cultivé. Elles laissent aux doigts une odeur stercoraire, infecte, abominable.
Duchesne dit queles habitants de Carthagène (Colombie) mangent les racines du M. Craniolaria Swartz avec le bœuf, ou les confisent au sucre pour le dessert; mais M. Triana nous a assuré que les indigents seuls en faisaient usage.
Duchesne ajoute que, dans l’Amérique septentrionale, on prépare avec ces racines une bière amère et rafraîchissante.
Cornaret jaune ( Martynia lutea).
Fig. 23. — Rameau avec fruit.
Fig. 24. — Fruit adulte dépourvu de son enveloppe charnue.
COURGE DE SIAM
COURGE DE SIAM
CUCLRBJTA MELANOSPERMA A. Brailll.
Fam. des Cucurbitacées.
Plante vivace, cultivée comme plante annuelle sousle climat de Paris. Tiges grêles, longuement rampantes; feuilles à 5 lobes, sinuées ; fruits ovoïdes-arrondis, marbrés de blanc, pleins et couverts d’une écorce subligneuse. Chair douce, blanche, fibreuse; graines noirâtres ou même très noires.
Nous empruntons à M. Ch. Naudin les notions historiques qui s’offrent à nous dans un mémoire intitulé : Nouvelles recherches sur les caractères spécifiques et les variétés du genre Cucurbita ( Annales des sciences naturelles, 4e série, t. IV, 1856) :
« Le Cucurbita melanospermci avait été annoncé, dès l’année 1824, précisément sous ce nom de melanosperma , par Al. Braun, dans le catalogue des plantes du jardin de Carlsruhe ; puis, en 1837, par M.P.-C. Bouché, de Berlin, sous celui de 6'. ficifolia. Elle est enfin décrite avec détail sous son premier nom par M. Al. Braun, dans 1 ' Appendix specierum novarum , etc., du Jardin botanique de Berlin, en 1853, et, d’après le même auteur, dans le tome lor, page 362 de la 4° série des Annales des Sciences naturelles, en 1854.
« Cette espèce n’est guère connue en Europe que depuis le commencement de ce siècle. On ne sait précisément ni d’où, ni par qui elle y a été introduite, mais son nom vulgaire de Courge de Siam autorise à croire qu’elle vient originairement de l’Asie méridionale.
« Elle n’a encore donné aucune variété en Europe et est telle aujourd’hui que le premier jour où elle y a paru. »
On a donné quelquefois le nom de Courge du Malabar au Gucurbita melanosperma ; mais nous lui mainte-
nons celui de Courge de Siam, sous lequel elle figure dans le Manuel de l'Amateur des jardins.
Elle est annuelle dans le nord de la France, où elle gèle pendant l’hiver, et vivace dans le Midi, à Hyères, par exemple, où ses liges peuvent passer l’hiver sans être atteintes par le froid, s’endurcissent, deviennentun peu ligneuses et durent plusieurs années. Dans ces conditions, elles prennent un développement démesuré, par exemple 30 à 40 mètres de longueur (1).
(1) Manuel de V Amateur des jardins, t. IV, p. 255.
COURGE DE SIAM
La Courge de Siain es L belle. Elle est grosse comme la Pastèque et lui ressemble un peu. Elle est verte, tachetée de blanc, avec des lignes blanches, semblables à des rubans, qui partent de l’ombilic et courent en se rétrécissant vers le pédoncule.
Ses graines sont grosses et noires, quelquefois brunes. Sa culture est des plus faciles et ne diffère en rien de celle des Polirons ou des Courges habituellement cultivés en France. Son produit est considérable. En 1877, 20 pieds plantés parlions sur un gazon retourné ont donné 130 fruits, d’un poids total de 670 kilogrammes. En 1878,4 pieds nous ont donné 70 fruits, pesant ensemble 370 kilogrammes.
La Courge de Siam court beaucoup et exige un grand espace ; comme elle se marcotte spontanément, l’hiver seul peut arrêter son développement. A la maturité, ses fruits s’enveloppent d’une croule ligneuse qui en préserve longtemps le contenu de la pourriture, à tel point qu’on peut les conserver intacts pendant un an, deux ans et peut-être plus longtemps encore, comme des Coloquintes. C’est ce dont peuvent témoigner les marchands de comestibles elles restaurateurs qui, sans en faire autrement usage, les placent comme ornement dans leur étalage.
En France, la Courge de Siam n’a été jusqu’ici qu’un simpleobjel de curiosité, mais, en Chine, on l’emploie à la nourriture du bétail. On sait que le troupeau d’yacks envoyé en France par M. de Montigny, notre consul général en Chine, en 1854, était accompagné d’une provision de Courges mélanospermes, destinées à son alimentation. Nous citerons encore à ce sujet M. Naudin : « Lors de l’envoi des yacks de Chine en France, par M. de Montigny, en 1854, une grande quantité de Courges mélanospermes avaient été embarquées à
Shang-Haï pour servir de nourriture à ces animaux durant le voyage. A leur arrivée au Muséum, où l’on sait que les yacks séjournèrent près d’un au, il restait encore plusieurs tonneaux de ces fruits parfaitement conservés. Il semblerait, d’après ce fait, que la plante est cultivée en Chine sur une grande échelle. Sa semirusticité jusque sous la latitude de Paris, sa culture facile et la longue durée de ses fruits en feront peut-être un jour une plante économique d’une certaine importance, en Europe, pour l’alimentation du bétail, surtout pendant l’hiver. »
Ce qui précède nous a engagé à présenter la Courge de Siam aux vaches de plusieurs cultivateurs de notre village. Ses fruits, divisés entrois ou quatre morceaux, ont été avidement mangés par elles. L’expérience a porté sur 200 ou 300 kilogrammes.
La Courge de Siam formant des fruitsjusqu’aux gelées, ces derniers 11e sont pas mûrs et 11e se conserveraient pas. Ils doivent donc être donnés les premiers au bétail. Les fruits mûrs se conservent indéfiniment.
Cueillies encore jeunes, les Courges de Siam peuvent être apprêtées et mangées comme les Concombres, dont elles n’ont d’ailleurs pas le goût. Nous en avons fait cet usage etnous avons obtenu un mets agréable et délicat.
Aux Canaries, on cultive la Courge de Siam comme légume sous le nom de Pantana (1).
En Espagne, à Cuba, dans l’Amérique du Sud, on en fait des confitures estimées, qui portent le nom de Ccibellos de Angel ou Cheveux d'ange ; on en trouvera plus loin la recette. La pulpe de la Courge à graines noires contient des filaments qui ne sont pas détruits par la cuisson; on les retrouve donc à la dégustation, et
(1 ) De la végétation aux îles Canaries , parle docteur V. Pérez et le docteur Paul Sagot.
COURGE DE SIAM
l’impression qu’on ressent est singulière. Les Cheveux d’ange n’en sont pas moins une bonne confiture. Nous avons dit plus haut que la Courge de Siam n’était encore en France qu’un objet de curiosité et qu’elle servait uniquement à garnir ou à décorer quelques devantures de traiteurs ou de marchands de comeslibles; nous nous sommes proposé de démontrer que cette Courge peut être admise sur toutes les tables; que sa longue et facile conservation entait un aliment disponible en tout temps et particulièrement utile en hiver; qu’il y a donc lieu d’en encourager et d’en propager la culture. Tout l’intérêt de la présente note est dans cette démonstration. M. J. Mamoz nous en a fourni les moyens.
Ce praticien habile, toujours animé du désir d’être utile, a cherché et trouvé plusieurs modes de préparation de la Courge de Siam, qui tendent à prouver qu’elle devrait prendre place parmi nos légumes usuels.
Nous donnons d’abord la recette des confitures, recette pratiquée depuis longtemps dans les pays espagnols, mais absolument inconnue en France :
Confitures de Courge de Siam , dites Cheveux d'ange
(Cabellos de Angel).
On doit faire usage d’une grande bassine afin que le mouvement de rotation soit facile. Lorsque l’eau qu’on y a mise est bouillante, on y jette les Courges, cassées en morceaux, croûte et pulpe, et même les graines.
Au bout d’une demi-heure, de trois quarts d’heure au plus, la pulpe se détache sans trop de difficulté de la croûte, et l’on s’assure ainsi qu’elle est cuite à point. On relire du feu et l’on jette les morceaux de Courge dan s l’eau froide. On les lave successivement dans deux
ou trois eaux, puis, avec le manche d’une cuillère étamée ou d’une cuillère d’argent, on détache la pulpe de la croûte, et celle pulpe est de nouveau plongée dans l’eau froide.
On en désagrège les filaments afin que chacun d’eux soit isolé. On lave encore. On enlève les graines et tout ce qui pourrait altérer la blancheur de la confiture. On presse à la main, dans un linge ou à l’aide d’un pressoir, pour exprimer toute l’eau. On fait bouillir du sucre à 32 degrés, ou au plus petit filet, et l’on y jette les filaments delà pulpe. On laisse bouillir lentement, en remuant le fond avec une spatule, pendant un quart d’heure.
Quand le sirop est au petit filet, on retire du feu. On jette dans la confiture l’essence qu’on préfère : citron, orange, vanille, etc., et l'on met en pots. La quantité de sucre employée doit être suffisante pour que la pulpe s’y baigne aisément et trempe entièrement dans le sirop.
Nous allons donner maintenant les recettes nouvelles proposées par M. Mamoz. Nous les transcrivons textuellement; nous n’avons plus rien à dire; la parole est au praticien :
« Quelle que soif la façon dont on veut préparer la Courge de Siam, on doit la faire cuire de la manière suivante : casser ou couper une Courge en quartiers, soit en douze ou quinze morceaux, et les mettre dans une bassine d’eau bouillante. Faire cuire cà grands bouillons pendant une heure. On reconnaît que la Courge est assez cuite lorsque la pulpe se détache sans difficulté de la croûte. Alors, on relire du feu; on jette les morceaux dans l’eau froide; on détache la pulpe de la croûte avec une cuillère; on désagrège celle pulpe, qui se divise en gros fils blancs. On la presse pour en expri-
COURGE DE SIAM
mer Peau qu’elle a gardée. En cet état, elle est propre à être accommodée de diverses façons :
1° Si l’on veut faire un potage gras, il faut couper un peu menue celte pulpe et en employer gros comme un œuf de pigeon pour autant de potages que l’on aura à servir. 11 va sans dire que le bouillon gras doit être salé et assaisonné comme pour tout autre-potage ;
2° Pour potage au lait, mêmes proportions. On coupe les fils moins courts, et ce potage ressemble beaucoup à du vermicelle au lait, avec cette différence que les fils sont moins fondants à la bouche. Ce potage est, à notre avis, préférable au potage gras ;
3° Assaisonnée à la sauce poulette, la Courge de Siam donne un très bon plat de légume, qu’on peut comparer, pour son goût, à la Carde poirée ou aux; Cardons ;
4° La Courge peut être préparée à la sauce tomate. C’est un mets agréable, mais que nous ne plaçons pas au premier rang ;
5° Préparée comme le macaroni, c’est-à-dire par couches alternantes de fromage râpé et de pulpe, avec beurre, chapelure, etc., notre Courge fournit un plat excellent ;
6° Les beignets de Courge de Siam sont peut-être ce qu’il y a de mieux encore. Dans une pâte à frire, toute préparée, on met des filaments bien pressurés et bien divisés, qui s’y amalgament, et l’on jette une forte poignée de ces filaments dans la friture bouillante. Le beignet obtenu est doré, appétissant, très agréable à manger. »
Pour terminer, nous transcrivons une lettre adressée a M. Mamoz, qui nous l’a communiquée :
« Colonies agricoles et industrielles de Moisselles et de Fouilleuse, administration, boulevard de Clichy, n°8.
« Mon cher monsieur Mamoz,
« Vous me demandez si je disposerai d’un espace plus grand, cette année, pour faire une plantation de Courges de Siam.
« Je suis tout disposé, en raison du résultat obtenu la première année, à planter une plus grande quantité de ces Courges, et je vous serai obligé de vouloir bien me procurer les graines nécessaires.
« J’ai été très satisfait de la récolte dernière, quoique pour la première fois nous n’ayons pas agi comme il aurait fallu le faire quant à l’époque de la plantation et aux soins à lui donner.
« Relativement à l’emploi du produit, au nombre des recettes que vous m’avez indiquées, il en est trois surtout qui ont réussi : c’est le gratin, les beignets et les confitures. 11 est un autre emploi, bien plus général: c’est le potage . Je me propose de mettre à profit ces divers moyens avec la récolte prochaine et j’espère bien tirer de ce genre de Courges un très bon aliment.
« Signé : L.-P. Bochet, directeur-fondateur. »
L’espace nous manque pour cultiver la plante au point de vue de l’alimentation du bétail; mais nous sommes convaincus que, cultivée dans ce but, elle rendrait de sérieux services.
D’après des renseignements qui nous ont été donnés parM.J.-R. Villavicencio, la Courge de Siam serait très répandue dans les vallées chaudes et humides, en Colombie et dans l’Cqualcur. tulle y est connue sous le nom de Sambo. Elle estvivaccctdonne plusieurs récoltes. Les indiens des provinces les plus pauvres en font leur nourriture habituelle. Dans la vallées de « Cauca » (Colombie), le fruit cru serf à la nourriture du bétail.
CRAMBÉ DE TARTARIE
CRAMBÉ DE TARTARIE
Crambe Tataria Jacq., Miscell., II, p. 274. — Jacq., Icônes rariores , tab. 129. — C. tatarica Willd., Species, vol. III, p. 419. — C.laciniata Lamk., Dict. vol. II, p. 163.
Fam. des Crucifères.
Nous reproduisons ci-après une uolice de M. Alexandre Sébéok de Szenl-Niklôs, noble Hongrois, publiée en 1779 par Jacquin, dans ses Miscellanea austriaca (1).
(1) Jacquin, Miscellanea austriaca ad bolanicam chemiam et histoia m naturalem spectantia, cum figuris, vol. II, p. 274.
Nous devons la traduction de cette intéressante note à M. le Dr Ed. Bamberger, bibliothécaire adjoint au Muséum. Nous sommes heureux de pouvoir lui témoigner ici toute notre reconnaissance.
M. le D1' Bamberger nous a fait, d’ailleurs, les remarques suivantes sur la manière dont il a traité certaines parties de sa traduction :
« Tout en serrant le texte autant que possible, dit M. Bamberger, il a fallu recourir à quelques périphrases et sacrifier parfois la version rigoureuse ainsi que la correction du style pour faire saisir la pensée de l’auteur; j’étais, en effet, ici en présence d’un triple écueil : 1° texte latin rempli de tournures de basse latinité; 2° passage d’une langue ancienne au français, toujours périlleux en matière scientifique; 3n travail de critique datant dune époque scientifique antérieure à la nôtre de plus d’un siècle.
« Aussi ai-je eu soin : 1° de citer le texte latin dès qu’il offrait quelque obscurité, pour laisser les hommes compétents libres de critiquer la version choisie; 2° de mettre toujours le nom latin à côté du nom français et fort souvent de m’en tenir au premier dans les cas où je courais risque d’attribuer à telle plante un nom porté de nos jours par une autre; 3° de mettre les noms géographiques latins à côté de leur traduction, parfois môme de me borner au premier, telle région moderne ne concordant pas rigoureusement avec telle région ancienne.
Le Crambe Tataria.
« Dissertation inaugurale médicale soumise à la discussion publique, par Alexandre Sébéok de Szent-Niklôs, noble Hongrois. Vienne, 5 juin 1799 (1) . »
Crambe tataria foliis muttifidis.
Tataria ungarica Clus. Ilisl., p. cxcr.
Tataria ungarice edulis, panacis heraclei folio, semine libanotidis cachryophoræ. Bauh. Hist., vol. III, part. 2, p. 163.
Panaci Ileracleo similis ungarica. Bauh. pin., 153.
Cachrys ungarica, panacis folio. Tourn. Inst., 323.
« Le premier, le plus célèbre el le plus infatigable de tous les chercheurs de plantes de Pannonie et d’Autriche (1), Charles Clusius, offrit au monde savant une Notice sur celte plante; il n’est pas inopportun de reproduire ici sa description toute entière. Il s’exprime ainsi :
« On ne trouve point communément cette plante, dont la racine est très épaisse et fort longue ; en effet, je me souviens d’en avoir reçu de la grosseur d’un bras et de la longueur d’une coudée, et quelques-unes plus grandes, de l’illustre seigneur Balthasar de Bathyan, qui, en ma faveur, ordonna d’en apporter de la Hongrie transdanubienne (2) pour que je les importasse dans le jardin de Vienne. Elle émit des feuilles peu différentes de celles de la Bave (3) par les incisions et les découpures, plus courtes cependant, approchant plutôt de la forme des feuilles du Panax Ileracleum , garnies d’un duvet rude et hérissé, tranchant sur la verdure par leur pâleur (4); d’autres, divisées par des découpures un peu moins profondes, également rudes, du milieu desquelles émer-
(1) Stirpium pannonicarum austriarumque.
(2) Ungaria transdanuhiana.
(3) Rapi.
(4) Ex viridi pallenlia.
CRAMBÉ DE TARTARIE
geait une tige haute d’une coudée ou davantage, d’un pouce d’épaisseur, striée, concave et noueuse, rude comme les feuilles; elle est embrassée au moyen d’un large pédicule par des feuilles petites, multifideset également rudes grâce au duvet qui les recouvre. L’extrémité de la lige se terminait en ombelle, semblable aux ombelles du Panax Heracleum, dans lesquelles les fleurs sont pareilles par la forme et la couleur (1). Aux (leurs fanées succédaient des fruits rares (car quelques fleurs ne sont pas fécondées), très épais, assez analogues au fruit grand et strié du Libanotis cachryfera.
« J’ai cultivé ces racines pendant deux ans, avant qu'une seule produisît une tige, des fleurs et de la semence; puis elles pourrirent et répandirent une odeur tellement fétide qu’on les jeta hors du jardin.
« Les Hongrois, voisins d’Erlau (2), de même que ceux qui habitent immédiatement au delà des frontières de la Dacie, s’en nourrissent dans les années de disette et de misère, à la place du pain ; cela m’a été assuré non seulement par cet homme illustre (3), mais par d’autres hommes distingués qui vécurent dans celte province. Il en résulta ceci : que je restai dans le doute si elle n’était pas identique avec leBallracan qui naît en Tarlarie(4), dont se souvient JosaphatBarbarus, pratricien de Venise, dans une lettre à Pierre Barocci, évêque de Padoue, ajoutée à la fin du dernier chapitre de sa narration publiée lors de son départ pour la Perse.
« Les Hongrois furent instruits par hasard de l’usage de cette racine par les Tartares, d’où ils donnèrent le
(1) Summus caulis in umbellam desinebat, Panacis Heraclei umbdlis similem , in quïbns flores et forma pares et colore.
(2) A grise vicini.
(3) Héros ille illustris?
(4) An eadem esset cum Dallracan in Tarlaria nasccnte.
nom de Tartariu ; en effet, comme les Allemands, ils nomment communément Tatars ceux que nous appelons Tartares.
« Ainsi conclut Clusius; Jean Bauliin le copia dans son Histoire clés Plantes ; mais il est à croire que, ni lui, ni aucun autre auteur de ceux qu’il a cités, sauf Clusius, n’a vu la Tarlarie hongroise (l).
« Tous, imitant Clusius, larangèrent à tort parmi les Ombellifères. Il faut avouer que, dans le premier mois delà croissance delà tige, tantquelaplante porteencore ses feuilles enroulées, pliées (2) et ses fleurs fermées et agglomérées surlesramuscules, elle ressemble, en quelque sorte, à un Heracleum , de façon à pouvoir en imposer à un botaniste; mais elle en diffère beaucoup après son épanouissement, si bien que je ne puis assez m’étonner que Clusius, l'homme le plus exact d’ailleurs, ait pu confondre une plante cruciforme (3) avec une Ombellifère.
« Ce n’est, d’ailleurs, que dans les dernières années qu’il vécut à Vienne qu’elle paraît lui avoir été connue ; en effet, nous n’en trouvons aucune mention dans son Histoire des Plantes de Pannonie et cC Autriche , éditée en 1583, et, avant son retour, il mourut à Vienne en 1587. Il s’ensuivit peut-être que cette description fut moins bien élaborée par lui ; peut-être est-ce de mémoire qu’il la confia au papier après la mort de la plante ; ce qui semble devoir corroborer celle conjecture, c’est qu’il n’a pas figuré une plante aussi rare et que, contrairement à son habitude, Clusius n’a rien dit de sa
(1) Sed nechunc, nec præler Clusium auctorem alium ex citatis ullum Talariam ungaricam vidisse, credibile est.
(2) Dum planta folia adhucdum sua rugose complicata... gerit.
(3) Tournefort nommait ainsi les planles qui composaient la cinquième classe de son système.
CtUMGÉ DE TARTARIE
saveur, de son odeur, ni de l’époque de sa floraison.
« Depuis longtemps déjà, l’illustre professeur de Jacquin était possédé du désir de voir et d’examiner la plante qu’il connaissait d’après Clusius ; une occasion se présenta bientôt : le célèbre Maximilien Hell, astronome impérial, parlait pour Agria (l’Erlau des Allemands, l’Eger des Hongrois), ville du comital de Hevesch (1), en Hongrie; Jacquin lui demanda, s’il rencontrait la plante appelée Tataria par les habitants, d’avoir l’obligeance de la lui rapporter à son retour, ou de la lui envoyer.
« Cet homme distingué eut soin de transporter à Vienne deuxracines qu’il avaitfail déterrer; il rapporta lui-même des échantillons desséchés de la plante en fleur, et, pendant le retour, s’occupa des racines qui, après un voyage de six semaines en été, arrivèrent putréfiées et fétides. L’une d’elles était longue de quatre pieds et, quoique tronquée, offrait presque l’épaisseur de la jambe. Les échantillons desséchés indiquaient, contre toute attente, une plante cruciforme.
« Le très savant et très adroit chirurgien du régiment de Caramellia, H. Engelsdorfer, lui aussi, s’acquitta, et plus heureusement, de celte mission en 1 777; il envoya au Jardin botanique, à la demande de l’illustre professeur, plusieurs racines qu’il avait pu recueillir plus courtes et plus minces; elles y reprirent fort bien et produisirent tous les ans des (leurs et des fruits mûrs.
« Il répondit à plusieurs questions (quoiqu’il ne pût satisfaire aux autres à cause de son brusque départ pour l’armée de Bohême) : 1° que la plante était aujourd’hui appelée Tataria par les habitants ; 2° qu’elle
(2) Comilalus IJevcssiensis in Iiungaria. . .
poussait clans les champs , au milieu des moissons, dans un sol composé d’une terre fertile, noire, de la profondeur d’un pied, sous laquelle s’étendait une couche d’argile jaunâtre de trois pieds, puis enfin, et audessous, du sable; que la racine de la plante adulte pénétrait jusqu’à celte profondeur; qu’en raison de cela, on pouvait difficilement la retirer entière, parce que le trou, dès qu’on était arrivé au sable, se remplissait abondamment d’une eau jaillissante : 3° que tous les ans, les racines étaient déchirées et coupées par la charrue, et que, même ainsi blessées, elles repoussaient encore; 4° qu’il ne découvrit nulle part autour d’Erlau qu’on en consommât, si ce n’étaient les enfants qui mangeaient la racine cuite à cause de son goût sucré (1) ; 5° qu’il y en avait de rongées et de dévorées par les lièvres, très nombreux en cet endroit.
« Elle ne pousse pas seulement autour d’Erlau, mais encore dans d'autres endroits de la Hongrie. Le domestique d’un très savant professeur, lequel domestique était de nation hongroise, en ayant vu que l’on avait apporté, la reconnut sur-le-champ, la désigna du mot hongrois : Tatcir-Kenyér , ou Pain deTartarie, et déclara en avoir mangé à Debrezin. Sur son indication, on fit une salade de la racine fraîche et crue, en la pelant, en la coupant en travers en tranches minces et en l’assaisonnant d’huile, de vinaigre et de sel; elle plut à tous.
« On obtient aussi un mets agréable en faisant cuire la tige encore tendre, avant le développement des fleurs, et en la préparant comme le Chou-tleur (2). Son usage n’est cependant pas fort commode, si l’on n’a soin d’enlever les fibres de l’écorce, nombreuses, résistantes et difficiles à mâcher.
(1) Ob clulcedinem.
(2) Brassicæ cauli/loræ adinslar...
CRAMBÉ DE TARTARIE
« Acctle époque, le révérend NorbertBoccius, supérieur de l’ordre de Saint-Jean-de-Dieu, à Feldsperg, infatigable chercheur des plantes de la Moravie, fit aussi connaître cette plante découverte par lui et un savant professeur dans ce pays. Il la trouva poussant abondamment dans les vignes, dans un sol argileux, près du village de Hurtau, voisin d’Aussitz; elle y est connue, dit-il, sous le nom de Hier ony mus- Würzel (1), ou racine de Saint-Jérôme, et on la transporte en Bohême, où les paysans la donnent aux vaches pour augmenter leur lait.
« La conjecture deClusius, que notre plante est identique avec le Balracan des Tarlares, est détruite par ceci : Josaphat Barbarus fendit, au moment de la maturation, l’écorce du Batracan, la sépara de la partie ligneuses (d’où la conclusion que la tige paraît être vivace et frutescente) et ajoute que la graine était d’une odeur forte, mais toutefois d’une saveur agréable ; rien de tout cela ne se rapporte à notre plante.
« Je crois bien plus digne d’attention ce que dit Clusius, d’après autrui, il est vrai, que, dans certaines parties de la Hongrie, les habitants senourrissent de celle racine aux époques de disette et de misère. En tout cas, la longue durée de vie de la racine, son volume à l’état adulte, sa résistance même à des lésions profondes, sa résistance aux froids de nos hivers, etc., encouragent à sa culture ou au moins à sa propagation en nombre dans nos forêts (2) pour les cas de disette imprévue.
(1) Racine de Saint- Jérôme me parait devoir être la traduction ; le mot saint est souvent négligé par les Allemands; ils donnent au fruit du Caroubier, vulgairement Pain de Saint-Jean, le nom de Joliannisbrod. (Note du traducteur.)
(2) Les conditions dans lesquelles cette plante croit naturellement eL qui ont été indiquées plus haul, fonL supposer qu’elle préférerait plutôt les lieux découverts.
« Son nom hongrois de Tataria , que Clusius pensait être dérivé des Tartares, préoccupa si bien notre illustre professeur, qu’il envoya un dessin de la plante au célèbre Dallas, à Pétersbourg, en lui demandant s’il l’avait rencontrée dans ses voyages.
« Voici la réponse de ce savant: « La Crambé, dont vous m’avez soumis le dessin, correspond de tous points avec celui qui croît chez nous, dans cette vaste plaine méridionale, qui s’étend du Dniepr (1) au Jaïk, le Bymnus des anciens. Nulle part elle ne s’étend au delà du 51e degré de latitude nord. 11 aime les terrains secs tout comme les terrains limoneux (pourvu qu’ils ne soient pas salés), sablonneux et riches en humus. Toutefois, il préfère les dépressions qu’on rencontre dans les plaines arides, variantquant à la taille, mais n’atteignant jamais, dans un terrain sec, la taille du dessin qui m’est transmis. Il l’atteint dans les terrains succulents, près des fleuves, où il se répand aussi ; il produit alors les racines les plus grandes et les plus âcres au goût. Dans les terrains secs, il acquiert le goût du Navet (2) ; les Cosaques qui habitent les déserts du Don (3) le mangent avidement cru ou cuit. Son nom vulgaire dans ce pays est Katràn , avec l'épithète bjeloi ou blanc , pour le distinguer d’une sorte de Statice croissant dans les mêmes régions, multicaule, très rameux, à racines épaisses, que l’on récolte avec abondance, à défaut d’écorce de Chêne, pour la préparation des cuirs, parce qu’elle est très propre à cet usage ; on l’appelle Krasnoi Katràn à cause de ses fleurs rouges. J’ai trouvé près de l’Irlisch (4) de très rares individus de Crambé à
(1) ... A Botyslhene.
(2) ... Napi...
(3) ... Tanacnsiôus in desertis.
(4) Ad Irtin ,
CRAMBÉ DE TARTAR1E
feuilles moins laciniées et quelquefois en fleurs, de façon à pouvoir juger de leur différence. D’ailleurs, on rencontre en abondance sur notre Crambé, qui fleurit près du Volga, un Meloë particulier, qui se rapporte tout à fait avec le Meloë de Syrie (1) de Linné, mais toujours plus petit que le Meloë vésicant (2), et à tête noire et non bleue comme le reste du corps. »
« Voici la description de la plante, d’après des échantillons vivants du Jardin, et d’autres desséchés provenant des forêts (3), ainsi que d’après des esquisses:
« Racine vivace, longuement fusiforme, épaisse comme le bras et davantage àl’état adulte, de deux à quatre pieds de long, cylindrique, simple ou divisée inférieurement en façon de membres (4); elle noircit à l’air; fraîche, elle est même noire ; lavée et desséchée, elle est plutôt grisâtre; elle émet peu de fibrilles dans toute son étendue. A l’intérieur, elle est nettement charnue, blanchâtre avec une légère teinte jaune sale, avec des lignes rayonnées irrégulières; la saveur en est douce, sans aucune âcreté réelle. Conservée à l’air, elle se rétracte peu à peu, devient rugueuse et couverte de saillies, durcit, cesse d’être semblable à elle-même (5) et devient sans usage.
« Les feuilles radicales qui paraissent d’abord sont souvent petites et entières; puis elles-mêmes, ainsi que les feuilles caulinaires et celles des rameaux inférieurs (6) sont diversement et irrégulièrement multifides, quelquefois très amples, pinnati fides , de forme décomposée ou
(1) Melos syriaca.
(2) Meloe vesicatoria.
(3) Au lieu de forêts, il faut entendre, toujours, sans doule, l’état de nature.
(4) ... Aut inferne incrura divisa.
(5) Filque sui dissimilis.. .
(6) Et caulina atque ramea inferiora.
surdécomposée (1), parfois divisées en lanières oblongues, dentées et aiguës, d’un vert légèrement glauque, glabres sur les deux faces; les feuilles supérieuresde la tige et des rameaux sont et simples oblongues. Les pétioles, anguleux, sont glabres dans les plus grandes feuilles, mais les pétioles des plus petites, comme aussi les côtes, qui sont très épaisses et saillantes, enfin les nervures sont hérissées de poils blancs. Cependant, cette hispidité et la forme des feuilles, non seulement varient dans les divers pieds, mais encore dans les diverses parties de chaque plante, si bien qu’une description, qui conviendrait à toutes et à chacune serait en vain applicable ici.
« Les Heurs, très nombreuses, étalées en corymbes rameux, terminaux, exhalent une odeur miellée, forte et agréable, si bien que l’on dirait qu’on approche les narines d’un rayon d’abeilles ; le calice est d’un jaune verdâtre, les pétales d’un blanc laiteux, les anthères verdâtres, les ovaires verts, le stigmate jaune, le fruit de la grosseur d’un pois, consistant en une enveloppe charnue d’un vert luisant, mais sèche, rugueuse et peu colorée à la maturité, et en une semence à enveloppe noirâtre et à embryon (2) d’un jaune pâle, d’un goût légèrement âcre et désagréable. 11 commence à fleurir vers le milieu d’avril. Les fruits mûrissent en juin; peu d’entre eux parviennent au développement voulu ; la plupart, en effet, restent petits et ne mûrissent pas (3). On doit admettre comme telles les considérations relatives à la fructification (4).
(1) ... Decomposile vel supra decomposite pinnatifida.
(2) ... Nucleo...
(3) Stériles perslanl.
(4) In frucli/icatione character observalur nunc subjungendus.