‹ Le potager d'un curieuxChapitre 32 sur 111 · HARICOT DE BARIA · texte numérisé non relu

HARICOT DE BARIA

« M. Daruly, de Maurice, l’un de vos correspondants, entre chez moi à l’instant même où je vous trace ces lignes. 11 est venu faire une petite excursion dans nos parages. Il me charge de vous dire que, s’il trouve quelque chose pour vous, il vous en fera l’envoi.

« Fn attendant le plaisir de vous expédier quelquesunes de nos graines et certains de nos tubercules comestibles, veuillez agréer, etc. »

Cette lettre nous a fait un bien grand plaisir. Avoir en même temps à Tananarive deux correspondants qui ont pu s’entretenir du but que tous quatre nous poursuivons et recevoir d’eux la promesse d’envois intéressants, n’y avait-il pas là à la fuis une très singulière rencontre et des gages précieux pour l’avenir?

HARICOT DE BARIA Haricot du Tonkin.

Phaseolus tünkinensis Loureiro,

Flora Cochinch., vol. II, p. 529; Dt\, Prodr., vol. II. p. 293.

Fam. des Légumineuses.

Plante vivace, d’environ 2ou3 mètres de hauteur; liges volubiles, rameuses ; feuilles composées de trois folioles, épaisses, petites, cunéiformes, planes, glabres sur leurs deux faces ; fleurs très petites, d’un blanc verdâtre, devenant jaunâtres avant de se faner, disposées en grappes courtes, terminales, axillaires; étendard roulé ; gousses courtes, comprimées, lisses, pendantes, un peu

en forme de croissant, contenant trois graines, petites, ovoïdes, d’un blanc terne, rappelant, par leur forme et leur couleur, le Haricot nain commun de Hongrie. Le Haricot de Baria ne diffère du Phciseoliis lunatus que par ses feuilles adultes, glabres, cà tissu plus ferme, ses grappes florales plus courtes et plus nombreuses, sa graine ovoïde et non fortement comprimée.

« Celte plante, originaire du Tonkin, est cultivée en Cochincbine, Ses graines sont bonnes à manger. » (Loureiro, loc. cit.)

Le Haricot de Baria est cité par divers auteurs comme une plante alimentaire très utile et généralement cultivée en Cochincbine.

Loureiro la présente comme annuelle; mais nous avons reçu de M. Martin, de Saïgon, des semences de deux variétés, l’une annuelle, l'autre vivace. Nous ne nous sommes occupés que de celte dernière.

Nons avons semé en avril, sous châssis, en pots et en terrines.

A la fin de mai, nous avons semé en pleine terre.

A la même date, nous avons placé, à bonne exposition, en plein air, les plantes venues en pots et nous avons repiqué également à l’air libre, le plant venu en terrines.

Les trois modes de culture que nous avons pratiqués nous ont donné des résultats à peu près semblables; cependant, l’avantage est resté aux plantes semées en pots. Nous avons récolté peu de gousses mûres, mais un assez grand nombre de gousses fraîches pour en manger deux fois en famille.

Accommodé comme le Flageolet, le Haricot de Baria est tendre, très sucré, de bonne qualité. 11 ne nous intéresse cependant, sous le climat de Paris, que s’il est vivace, ce dont nous doutons fort, nos plantes n’ayant

HARICOT DE RICCIARDI

pas accompli, pendant la saison exceptionnellement chaude qui vient de finir, tout le cours de leur végétation et présentant encore des fleurs lorsque le froid est venu.

Nous n’avons conservé qu’un petit nombre de souches, que nous avons couvertes de débris de liège; mais ces souches n’ont pas donné de pousses au mois de juin suivant. Nous avons renoncé à la culture du Haricot de Baria, ce qui ne veut pas dire que nous considérions celle culture comme impossible dans le Midi et en Algérie; mais elle nous paraît exiger six mois d’une température élevée et continue, et nous sommes loin de pouvoir la pratiquer ici dans ces conditions.

HARICOT DE RICCIARDI

Puàseoll'S Ricciardianus Tenore.

Fam. des Légumineuses.

Nous avons cultivé celle plante de graines que M. Decaisne, professeur de culture du Muséum, nous a données.

Elle n’était pas nouvelle pour nous. M. Durieu de Maisonneuve l’avait déjà cultivée à Bordeaux, en avait fuit l’éloge et en avait distribué les semences.

Deux notes auxquelles en peut recourir oui été publiées sur cette plante dai . s le Journal de la Société nationale d' Horticulture de France , 1868, p. 64 et 731.

La première de ces notes la donne comme originaire de la Chine. M. le Dr Sagot nous a remis des graines de celle plante, récoltées à Java par M. Colleau.

Les liges en sont volubiles, pubescenles, ainsi que les feuilles. Les fleurs sont jaunes, assez grandes, et se succèdent en grand nombre pendant toute la belle saison,

Les gousses sont linéaires cylindriques, Irès grêles, glabres; les graines sont petiles ; elles mesurent de 6 à 7 millimètres de long sur environ 3 de large; elles sont cylindriques, un peu déprimées latéralement et arrondies aux deux extrémités, de couleur brun rougeâtre ; le bile est linéaire, blanc, d’une longueur égalant environ les deux tiers de celle de la graine.

La plante est extrêmement productive, et, si elle ne trouve pas assez de chaleur sous le climat de Paris, pour donner régulièrement chaque année une abondante récolte, elle prospérerait certainement dans le Midi.

Nous avons dégusté ses fruits en salade. Leur saveur est nulle. L’extrême fécondité de la plante fait son seul mérite.

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