‹ Le potager d'un curieuxChapitre 39 sur 111 · EN FRANCE · texte numérisé non relu

EN FRANCE

Cn 1862, Mgr Guillemin, évêque de Canton, offrait à la Société d’Acclimatation une très nombreuse collection de graines dans laquelle ligurait le Phaseolus Munyo , ainsi désigné : Lou teou, lJois vert, dont les Ctiiuois lont un vermicelle tin, Lou teou sze , et un vin très estimé , Lou teou tsieou.

A la même époque, M. P. Dabry offrait aussi à la Société une collection qui comprenait deux espèces ou variétés de P. Munyo , sous le nom de Tsin teou.

Enjuin 1880, M. Eugène Simon envoyait au Muséum une collection considérable dans laquelle se trouvait aussi le Lou teou.

A la même époque, M. C. Ford, directeur du Jardin

HARICOT MUNGO

botanique de Hong-Kong, adressait à M. Giquel, qui avait bien voulu la lui demander pour nous, une collection dans laquelle le Lou teou était compris, avec cette mention : Medicine in fever. Syn. Lia teou.

C’est à cette époque encore que M. Faivre, de Beaune, recevait de Chine et distribuait des graines de Lou teou , plante dont on lui signalait l’importance.

INous cultivons depuis 1878 ie Phaseolus Mungo en planches de jardin et, chaque année, nous eu avons récolte des fruits mûrs. La maturité en est cependant très tardive et nous ne saurions trop recommander de laisser beaucoup d’espace entre les pieds et de ne pas semer plus de trois graines dans chaque trou.

Nous avons essayé la culture de quatre ou cinq variétés dont les gousses ne sont pas venues à maturité et nous n’avons réussi qu’avec i’Adzuki d’été ( Natzu Adzuki ), dont les graines sont relativement grosses et d’un rouge terne. Les toull'es en sont fortes et le produit égal à celui de nos Haricots communs.

Nous mentionnerons à part 1e Yaye nuri ou Bundô, Lou teou des Chinois, dont le grain vert et extrêmement petit est employé à fabriquer des pâtes alimentaires.

Toutes les fois que nous l’avons semé seul , ses pousses à peine sorties de terre ont fondu, ei il n’en est rien resté; mais le hasard ayant lait que quelques graines mêlées, à celles de 1 Adzuki fussent semées dans les mômes trous, nous avons vu avec plaisir, et non sans surprise, que, sous la protection de ce dernier, Y Yaye nari végétait passablement et donnait une petite récolte. Nous considérons comme un échec un résultat ainsi obtenu et nous supposons que, sous un climat un peu plus chaud que celui de Crosnes, la culture du Haricot Mungo vert ne présentera aucune difficulté.

LE POTAGER U’üN CURIEUX

Nous avons fait avec l’Adzuki hâtif une purée que nous avons trouvé fort bonne. Sa saveur est voisine à la fois de celle du Haricot et de celle de la Lentille; c’est un bon légume.

Nous attendons avec un extrême intérêt les échantillons de vermicelle de Lou teou que M. le D1 Bretsclmeider a bien voulu demander pour nous à Pékin. Si la dégustation leur est favorable, nous espérons qu’on s’efforcera de gagner le prix offert par la Société d’Acclimalalion pour la culture du Phaseolus Mungo ou radial us :

« Le prix sera accordé à la personne qui aura cultivé avec succès ce Haricot dans un champ d’un demi-hectare au moins.

« S’il se présentait plusieurs concurrenls, la préférence serait donnée à celui qui produirait les plus beaux spécimens de préparations alimentaires obtenues avec ses graines.

« Concours prorogé. Prix :30Ü francs. »

Le Phaseolus viridissimus Tenore, qui n’est qu’une variété du P. Mungo , nous a été envoyé de Bagdad, en mars 1889, par M. C. Metaxas, délégué de la Société nationale d'Acclimatation. Ce Haricot porte, dans le pays, le nom de Mds h. Voici les renseignements qui accompagnaient l'envoi : « Je vous adresse des graines d'un légume estival, cultivé ici de la même manière que le Haricot. Les arabes l’appellent Mâsh. 11 est vendu au marché tel que vous le voyez. Les indigènes le gouteut fort el il en est qui le prêtèrent à la Lentille, dont cependant il n’atteint pas le prix. »

Peu après, nous recevions les mêmes semences de M. Alexandre BaLaline, professeur de botanique au Jardin impérial de Saint-Pétersbourg. Elle venaient de Chine.

HARICOT MUNGO

Un peu plus tard enfin, M. de Heldreich, professeur de bolanique à Athènes, nous adressait le Phciseolus viridissimus , cultivé, nous disait-il, en Messénie.

Nous l’avions souvent reçu du Japon, sous le nom de Yayenari, et de Chine, sous le nom de Lou teou. Nous avions reçu de Pondichéry dix variétés de Haricot Mungo , comprenant non seulement le Phaseo/us viridissimus , mais d’autres sortes à très petites graines blanches, jaunes, rouges, noires.

Ainsi, l’aire de la culture de celle plante s’étend du Japon à la Grèce, sur la Chine, l’Inde entière, la Turquie d’Asie, pour atteindre enfin la Messénie.

Nous avons cultivé sans succès le Mâsh sous le climat de Paris, mais non sans récolter quelques graines, et nous espérions que la plante aurait prospéré au delà de la Loire. Nous pensions que là elle aurait pu donner un rendement égal ou supérieur à celui de la Lentille et qu’elle aurait pu suppléer ce légume, dont la culture est abandonnée en France, à ce point que le commerce est obligé de s’approvisionner à l’étranger, en Moravie, en Bohême et dans les pays voisins.

Grâce à M. Métaxas, nous avons eu à notre disposition une quantité de graines suffisante pour faire tenter des essais de culture sur différents points de la France, au delà de la Loire, en Algérie et en Tunisie.

Nous devons déclarer que le résultat de l’expérience n’a pas été satisfaisant. En France, ce n’est que dans les parties les plus méridionales que la récolte a été bonne ; par contre, le succès a été complet dans nos possessions africaines.

Dans l’envoi de graines que nous avons reçu de Pondichéry se trouvaient les espèces de Phciseolus suivantes, dont la culture ne nous a donné aucun résultat digne d’être mentionné :

Kârâmonie payarou , Phaseolus calcaratus Roxb.

Sada payarou , Phaseolus farinosus L.

Toulka payarou (Mot h ou Motlii en Hindoustan), Phaseolus aconitifolius L. fil.

Caloundou; Mâsh Kolai ( Beng.); Urd Mâsh (Hind.), Phaseolus radial us L.

Patché payarou ; Mung ou Mug (Hind.), Phaseolus Mungo L.

Il y avait aussi un sachet de graines de Cottavaré (' Cyamopsis psoraloides PC.), curieuse Légumineuse annuelle delà Iribu des Loties, citée parle Dr Forbes Watson, comme fournissant tous les ans des Pois verts à une grande partie de la population de l’Inde. La plante ne mûrit pas ses graines sous notre climat.

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