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IV. — L’Igname dans la Nouvelle-Calédonie (J

« L’Igname est particulièrement exigeante sous le rapport de la légèreté du sol, qu’elle soit naturelle ou acquise. Ce n’est que dans les terres légères et profondes que l’on obtient des tubercules si gros, qu’il faut parfois deux hommes pour les transporter. Quant à la composition qu’elle paraît préférer, c’est un mélange de sable et de calcaire, tel qu’en offrent les sols reposant sur le corail, et fortement mélangés de matières organiques en décomposition.

« line autre qualité essentielle que doit posséder la terre destinée aux Ignames, c’est de n’avoir rien à

(1) Lettre de M. V. Perret, ancien directeur du Pénitencier agricole de la Dumbéa, 20 décembre 1883.

redouter do l'humidité. Peu de plantes sont aussi sensibles aux effets désastreux de l’eau stagnante et de l’humidité persistante.

a Toutes les variétés viennent généralement dans l’intérieur, comme sur le bord de la mer. Il en est cependant qui redoutent l’influence du vent de mer. Telle est la variété nommée Kilira dans le Nord, et Cocodyi dans le Centre, qui ne vient pas au bord de la mer.

En somme, bien que la Nouvelle-Calédonie soit une terre essentiellement argileuse, l’Igname y vient partout, pourvu que la terre ait été suffisamment bien préparée.

Nous donnons ci-contre la liste des principales variétés d’ignames, avec leurs noms en deux langues de la colonie, dont l’une des Falanguito est très répandue.

La préparation de la terre consiste dans l’ameublissement et le nettoyage.

« Voici comment opèrent les indigènes, en Nouvelle- Calédonie : quand vient le mois de septembre, qui est l’époque de la saison sèche, ils ont choisi l’emplacement de leur plantation et l’ont marqué par un pieu, au sommet duquel est attachée une poignée d’herbe; c’est une prise de possession. Quelque temps après, quand le jour est favorable, ils mettent le feu aux herbes et, avant l’arrivée des Européens, la Calédonie brûlait ainsi tout entière. Après avoir débarrassé le sol des arbustes et autres obstacles que l’outil peut rencontrer, l'indigène l’attaque au moyen d’un pieu de 2m,50 à 4 mètres, sur 6, 7 ou 8 centimètres de diamètre à la base, aiguisé et durci au feu. Les indigènes n’emploient à cet usage que certains bois spéciaux, lourds et durs. Ils enfoncent violemment cet instrument dans le sol, en le projetant, à plusieurs reprises, de haut en bas, dans le même trou?

IGNAME

Noms des principales variétés d'ignames en Nouvelle-Calédonie,

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