‹ Le potager d'un curieuxChapitre 49 sur 111 · V. — L’Igname à la Guyane · texte numérisé non relu

V. — L’Igname à la Guyane

« Les espèces cultivées à la Guyane sont ;

« L’Igname indienne (D. trilobct), cultivée de toute

(1) Bull, Soc. bot. de France, 1871, t. XVIII, D1' Paul Sagot.

antiquité par les indigènes d’Amérique. C’est l’espèce dont les tubercules sont le plus agréables au goût.

« L’Igname pays-nègre ou Igname de Guinée. Igname épineuse, D. cayennensis Kth. ( D . altissima Lam.). Ses tubercules sont très volumineux, mais moins délicats.

« L’Igname franche, appelée souvent mal à propos Igname française (I). al a ta), moins répandue que les précédentes.

« Voici leur courte description :

« L’Igname indienne, /). triloba L. (D. a f finis Kth., I). truncata Miquel, D. trificla Meyer), a la tige sans épines, relevée de crêtes membraneuses saillantes. Les feuilles sont larges ; elles ont, les inférieures, 7 ou 5 lobes, les supérieures 3, qui ne vont pas jusqu’àmoitié de leur longueur. Le feuillage est d’un vert jaunâtre clair. Les tubercules sont nombreux, ovoïdes ou arrondis, couverts d'une écorce noirâtre et crevassée. Cette espèce, qui est américaine, est cultivée au Brésil et aux Antilles, comme à la Guyane. C’est une excellente espèce.

« L’Igname pays-nègre, D . cayennensis Kth. (/>. altissima , Berteroanci Knlh.), vraisemblablement apportée anciennement d’Afrique, a la tige épineuse. Les feuilles sont entières, cordiformes, d’un vert foncé, luisantes, assez petites. Son tubercule est généralement simple, aplati, plus ou moins ovoïde. Il est très volumineux, mais plus dur et moins délicat au goût que celui de l’Igname indienne. C’est, d’autre part, une espèce plus productive et moins exigeante sur la qualité du sol.

« L’Igname franche, D. alata L., originaire de l’Archipel malais et de l’Océanie, a la tige sans épines, relevée de crêtes membraneuses saillantes, les feuilles

IGNAME

cordiformes, entières, d’un vert jaunâtre. Le tubercule est ovoïde, plus ou moins allongé. Celte espèce est moins répandue dans la colonie que les deux précédentes. Son tubercule n’est pas aussi délicat que celui de l’Igname indienne.

« On cultive encore quelquefois dans la colonie le D. pubescens Poir. ; mais je n’ai pas eu l’occasion de l’observer. On recueille quelquefois les tubercules de l’Igname-bois, IJ. bulbïfera , qui vient sauvage dans les forêts. Les Indiens du haut des rivières cultivent, à ce que m’a rapporté M. Leprieur, outre l'Igname indienne, une espèce particulière que les colons ne possèdent pas.

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