‹ Le potager d'un curieuxChapitre 57 sur 111 · USAGES AUTRES QUE LES USAGES CULINAIRES · texte numérisé non relu

USAGES AUTRES QUE LES USAGES CULINAIRES

(( Lorsque les rats commettent des dégâts, on les éloigne en répandant par places, dans les endroits ravagés, cette racine crue, coupée en tranches, comme si l’on voulait eu faire un emplâtre.

« On prépare avec ces tubercules, également crus, une colle à papier qui lui donne une telle adhérence qu’il ne peut plus être décollé, et qui sert en outre dans la fabrication des en-cas.

« On dit, dans le vulgaire, que la décoction de celte racine est bonne contre les vents. »

KON NIYAKU D’Il NUMA

« Dans le village d’ii Numa, district d’Umi-Gami, province de Simosa, on trouve une plante que l’on appelle Kon niyaku d’ii Numa ; mais ce n’est pas celle dont nous venons de parler, c’est le Tsunomata (Gymnoçjonyrus pinnulatus), qui, une fois bouilli, ressemble par sa consistance au vrai Kon niyaku , ce qui lui a

LE POTAGER ü’UN CURIEUX

valu ce nom. On le fait cuire avec le Shô yu , ou bien on le mange après l’avoir conservé dans le miso. »

La lecture du mémoire de i\l. le Dr Vidal ayant produit sur nous une vive impression, nous avons demandé à Yokohama des tubercules de Koniaku , que nous avons reçus et plantés. Nos observations personnelles semblent justifier les assertions de l’auteur relativement à la rusticité de cette Aroïdée., dont l’importance a singulièrement grandi à nos yeux lorsque la notice de M. le comte de Castilion nous a été communiquée.

Le Koniaku n’est pas une plante potagère ; il appartient non à l’horticulture, mais à l’agriculture, dont le domaine n’est pas le nôtre ; mais; lorsque nous rencontrons une plante d’un tel intérêt, nous ne pouvons nous résigner à la passer sous silence.

KUDZU (Japon), KO (Chine).

Pueraria Thunbergiana Benth., Journ. of the Linnean Society ,

vol. IX, p. 122.

Pachyrrhizus Thunbergianus Sieb. et Zucc., Fam. nat. FL jap., II, 113; P. irilobus DC., Neuslanthus chinensis Benth., Flora Hongk., 86 ; Dolichos hirsulus Thunb., in Linn. Transact ., II, p. 339.

Fam. des Légumineuses.

Plante à liges grimpantes, tomenteuses. Feuilles trifoliolées, à folioles latérales médiocrement pédicel-

RUDZU

lées, arrondies, paies et réticulées en dessous, légèrement velues sur les deux faces, longues de 3 pouces, la terminale plus grande. Fleurs purpurines, disposées

en grappes longues de 6 à 7 pouces; pédoncules iomenteux, longs de 1 pouce. Gousses linéaires, comprimées, longues de 3 pouces, terminées par une pointe recourbée, couvertes de longs poils jaunâtres. Le Kudzu (prononcer Koudzou) croît au Japon (Thunb.).

Le Ko en Chine

Dans son Novus Atlas sinensis (1655), Martini rapporte que, dans la ville de Li-ping (prov. Ouei-chen) : « Pannos confidunt incolæ ex cruda cannabe , seu herba cannabi prorsus simili. Co Sinæ vocant. Ex his vestes pro tempore æstivo eximiæ plane sunt ac commodissimæ .» (P. 102).

Pueraria Thunbergiana Benth. ( Pachyrrhizus Thwibergianus S. et Z.), Ko, en chinois. Le P. trilobus DC., porte le même nom chinois. Il semble que les deux plantes soient textiles (1).

Dans ses Nouveaux Mémoires sur l'état de la Chine (1696, Paris, 2 vol.), Louis Le Comte rapporte que, outre le Coton, les Chinois portent en été des tissus fabriquésavecLOrtie etavec une autreespèce qu’ils nomment Ko pou et qu’ils estiment beaucoup. Ces derniers sont fournis dans le Eokien par une plante nommée Ko, arbrisseau rampant, qu’ils laissent pousser dans les champs et qui est souvent extrêmement long. 11 a des feuilles arrondies, plus grandes que celles du Lierre. Elles sont molles, vertes en dessus et couvertes en dessous d’un duvet blanc. La tige est grosse comme le doigt. Pour obtenir les fibres textiles, on plonge les tiges dans l’eau, comme nous le faisons pour le Lin, et, après les avoir dépouillées de leur écorce extérieure, on se sert des fibres de la seconde écorce pour fabriquer une toile qui est très belle, transparente et fraîche (I, 242).

Pueraria Thunbergiana Benth. Déjà signalé par Martini, Ko, en chinois (2).

(1) Bretschneider, Early European Researches, p. 14, Londres 1881.

(2) Bretschneider, loc. cit ,, p. 28.

KUDZU

Renseignements sur des graines d’une plante textile envoyées de Chine par un missionnaire français (1) :

« La plante Ko s’appelle aussi Hoang-kin, Lan-ho et Khilhsi. On la rencontre partout, mais surtout dans les provinces de Tche-Kiang et de Kiang-nan, Elle vient aussi bien dans les lieux incultes que dans les champs cultivés. Elle commence à pousser au printemps et étend sa tige, qui est de couleur violette, jusqu’cù la longueur de I me 2 tchang (3 à 6 mètres). On récolte les tiges, et, après une préparation convenable, on en lire des filaments textiles. Sa racine est violette en dehors et blanche à l’intérieur; elle acquiert la grosseur du bras et la longueur de 2 à 3 mètres. Ses feuilles sont trilobées, comme celles de l’arbre Fong , mais elles sont plus longues; leur surface est verte et leur revers d’une teinte pâle. Dans le septième mois, cette plante donne des tleurs rouges et violacées, disposées en grappes. Après les avoir séchées au soleil, on peut les cuire dans l’eau et en préparer du bouillon.

« Les fruits de cette plante ressemblent à de petits Haricots jaunes. Il convient de les cueillir dans le septième ou le huitième mois.

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