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mer de calcaire. On remplacera, en France, ce terrain par un mélange de terreau et de terre de bruyère. La plante est cultivée sur des lignes en dos d’âne. On croit que ce procédé est nécessaire là-bas, parce que le sol est tourbeux et en même temps très marécageux. Si on élève les racines au-dessus du sol, c’est probablement pour les mettre à l'abri de l’humidité.

« On en a semé en Dauphiné, en août 1885, et la récolte aurait été satisfaisante, si cette culture n’avait été négligée à l’entrée de l’hiver.

« Les Indiens disent qu’il faut laisser les racines deux années en terre. »

L’essai qu’il s’agissait de faire n’était pas des plus simples.

La lettre ne dit pas à quel moment les Indiens sèment la Mcica ; les saisons dans les Andes sont renversées relativement aux nôtres ; notre altitude au-dessus du niveau de la mer est insignifiante ; le sol des environs de Paris, n’est ni tourbeux, ni humide.

Nous avons semé d’abord sous verre, à froid, au mois d’octobre 1893.

Les graines ont germé promptement et ont produit de petites plantes grêles, dont la plupart ont résisté aux gelées, quoique faiblement protégées.

Au printemps, ces plantes se sont peu développées, se sont étalées sur le sol, ont de bonne heure fleuri et donné des graines fertiles, mais leurs racines étaient d’une ténuité telle qu’elles n’étaient pas utilisables.

En 1 894, nous avons semé des graines denotre récolte et le résultat a été le même, quelques plantes avaient une souche un peu plus épaisse, de la grosseur d’une noix, mais trop dure pour être consommée.

LE POTAGER D’üN CURIEUX

En 1 8P5 de nouveaux semis ont été faits à l’air libre.

Les plantes ont parfaitement résisté aux rigueurs de l’hiver ; bien qu’ayant été dévorées en partie par les Altises, elles ont fleuri au printemps et ont disparu après avoir mûri leurs graines, sans nous donner le résulta t que nous en attendions, et que nous faisait espérer la lettre reproduite ci-dessus. Nous attribuons notre insuccès aux invasions d’Altises qui rendent presque impossible la culture des Crucifères dans le jardin de Crosnes. La Maca nous semble parfaitement adaptée à notre climat.

MACRE A DEUX CORNES Ling-Kio.

Trapa bicornis L. fil.

Fam. des Onagrariacées.

Plante aquatique annuelle. Tige grêle ; feuilles, les unes submergées, réduites à l’état de lanières linéaires, les autres en rosettes flottant à la surface de l'eau, à pétiole assez long, d’abord cylindrique, puis vésiculeux vers leur milieu, au moment de la floraison, à limbe en forme de losange, entier ou à peine deuté. Fleurs blanches, petites, brièvement pédonculées, placées à l’aisselle des feuilles supérieures; calice à deux divisions accrescentes, devenant plus tard les cornes du fruit ; corolle à quatre pétales; étamines au nombre de quatre; style grêle, terminé par un stigmate capilé.

MAGRE A DEUX CORNES

Fruit ligneux, à deux cornes opposées, épaisses, obtuses, recourbées au sommet.

« Le grand lac Talo est célèbre par son fruit aquatique nommé Linkio. Ce fruit ressemble un peu au Tribulus ce ad instar trïangularis pyramidis undequaque prominens ». Son écorce est verte, épaisse, rougeâtre aux pointes et devient noire en se desséchant. Sa subs-

Fig. 45. — Trapa bicornis.

tance intérieure est très blanche ; sa saveur est celle de la Châtaigne « magnitndine très quatnorve castaneas æquat ». La plante est cultivée dans les eaux stagnantes de toute la Chine. » (Martini, Noms atlas sinensis , 1655).

« Elle a de petites feuilles qui flottent à la surface de l’eau, à l’extrémité de très longues tiges. Les fruits, nombreux, restent cachés sous l’eau. Cultivé sur une grande échelle dans les lacs et dans les rivières de la Chine septentrionale. » (Roxburgh, Flora indica).

Robert Fortune rapporte qu’il a vu récolter les fruits de Ling-Kio : « Étant revenu pour quelque temps à Shanghaï, je résolus de pénétrer, s’il m’était possible,

dans le district de Kwey-chow-Foo. En remontant la rivière dans la direction du sud-ouest, j’arrivai, peu après avoir dépassé Kea-Hing-Fo, cité d’environ 270.000 habitants, à un immense étang qui, je le suppose, communique avec le célèbre Taï-Ko. L’eau était très peu profonde et couverte de Trapa bicornis, que les Chinois nomment Ling , et dont le fruit, de forme assez bizarre, comme on le sait, ressemblant assez à une tête de bœuf armée de ses deux corues, est très estimé en Chine. J’en observai là trois variétés bien distinctes, dont une qui donne un fruit d’une belle couleur rouge.

« Des femmes et des enfants, en grand nombre, naviguaient dans de petits batelets de forme circulaire, à peu près comme nos cuviers à lessive, et étaient occupés à pêcher le Ling . Au fait, on ne pourrait rien imaginer de plus convenable pour ce genre de travail que ces singulières embarcations qui, assez vastes pour contenir le pêcheur et tout le produit de sa pêche, se dirigent tout doucement au milieu de toutes les plantes sans les briser. La vue de cette immense quantité d’individus naviguant ainsi sur ce marais, chacun dans son cuvier, formait pour moi un coup d’œil des plus divertissants. »

« Le Trapa bicornis, dit un autre voyageur, M. Marchai, de Lunéville (1), est très estimé en Chine. Il forme la nourriture des populations où la récolte du Riz est insuffisante. Leur cueillette rappelle les vendanges en France. On sème le Ling à la fin de l’automne, dans les parties des étangs où l’eau est peu profonde, où elle est claire et dans les endroits les plus exposés au midi.

(1) Voir l’ouvrage intitulé : De l’amidon du Marron d’Inde , Ad. Thibierge et D1' Remilly, 1857.

MACRE A DEUX CORNES

Les Chinois assurent que cette culture absorbe les émanations putrides qui s’élèvent à la surface clés eaux stagnantes. Si la récolte est très abondante, on donne le Trapa aux oiseaux de basse-cour ; ceux-ci engraissent promptement et leur chair acquiert un goût exquis. »

Cent ans se sont écoulés depuis que l’abbé Grosier, que nous citons plus loin au sujet du Pitsi, Heleocharis tuberosa, auquel, comme Duncan, il donna le nom de Châtaigne d’eau, recommandait la culture du Ling-Kio ( Trapa bicornis). « Nous avons et nous négligeons, disait-il, dans quelques provinces de France, une espèce de Châtaigne aquatique que les Latins ont nommée Trïbulus. Les missionnaires pensent que celte plante pourrait être celle que les Chinois appelent Ling-Kio et dont ils tirent un très grand parti ; si celte idendilé était constatée, il serait facile d’en étendre partout la culture, qui offrirait une ressource nouvelle dans les temps de disette :

« 1° Cette autre Châtaigne d’eau, le Ling-Kio , est un fruit rafraîchissant, agréable en été. Lorsqu’il est vert, ou le vend à Pékin, sur les marchés, comme les Noisettes en Europe ;

« 2° Séché et réduit en farine, il donne une très bonne bouillie, surtout lorsqu’on y joint un peu de farine de Froment ; on peut même en mêler un tiers dans la farine dont on fait le pain ;

« 3° Cuit au four, confit au sucre ou au miel, il devient une nourriture saine et agréable ;

« 4° Il fournit un aliment convenable pour les oies, les canes et autres oiseaux de basse-cour.

« La culture du Ling-Kio n’exige aucun soin. Cette

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plante se reproduit d’elle-même dans tous les lieux où elle exisle. Quand on veut la lancer dans un étang, dans un ruisseau, on jette la graine à la fin de l’automne dans la partie de l’étang ou l’eau est peu profonde. Il faut choisir un endroit où l’eau soit claire et le rivage tourné au midi. Plus le Ling-Kio reçoit de chaleur, plus il est sain, savoureux, et plus il donne de fruits. »

MACRE A DEUX ÉPINES

Singhara.

Trapa bispinosa Roxb., PL of Uie Coast of Coromandel,

pl. 234.

Cette espèce diffère de la précédente par son fruit à cornes droites, à pointe aiguë, et par ses feuilles dentées.

Elle croît daus l’Asie centrale et méridionale, où on

la nomme Singhara , jusqu’à Ceylan et au Japon; on la rencontre aussi dans le sud de l’Afrique, jusqu’au Zambèse. Ses fruits sont souvent convertis en amidon, on en peut faire aussi des gâteaux et des soupes d’un excellent goût, on peut les emmagasiner et les conser-

MACRE A DEUX EPINES

ver pour s’en nourrir. La production est abondante et économique, la plante se ressemant spontanément. Elle vit plusieurs années. Dans quelques contrées, dans le Cachemire par exemple, les fruits du Trapa constituent pour la population un approvisionnement alimentaire important. A cette espèce appartiennent probablement le Trapa cochinchinensis Lour. et le Trapa incisa Sieb. et Zucc.

M. L. Bouley, directeur des jardins du Maharadja de Cachemire, à Srinagar, a publié, dans la Revue horticole (16 mars 1884), l’intéressante note suivante :

« Les Trapa natans et bicornis (1) sont en si grande quantité dans les lacs du Cachemire et y croissent avec une telle vigueur que les parties où ces plantes se trouvent ont l’aspect d’immenses prairies plutôt que d’un lac ; aussi est-il impossible d’y naviguer, même avec la plus frêle embarcation.

« Les produits que donnent ces deux plantes sont considérables ; à l’automne, la récolte occupe des milliers de gens.

« Avant de les livrer à la consommation, ces Châtaignes sont passées sous des pilons qui les débarrassent de leurs enveloppes ligneuses et piquantes, et sont ensuite moulues. La farine grossière qu’on en retire est consommée en bouillie.

« Cette farine est vendue très bon marché, ce qui s’explique par l’absence des frais de culture ; aussi, la consommation qui s’en fait pendant tout l’hiver est-elle énorme. On voit tous les jours de grands bateaux chargés de fruits de Trapa qui arrivent à Srinagar. »

i\l. Ermens, prédécesseur de M. Bouley dans les (1) C’est certainement du Trapa bispinosa qu’il sagit.

fonctions de directeur des cultures du Maharadja et qui a longtemps habité le Cachemire, nous a très obligeamment fourni les détails complémentaires suivants sur la culture du Singhara :

« Après une grande famine, le gouverneur du district dans lequel est le Woorlake y introduisit la culture du Trapa. Ce lac, qui mesure au moins 2,000 hectares, en est tellement rempli que la navigation y est impossible. On recueille les fruits par bateaux entiers, et le gouverneur en tire un grand profit, car chaque cultivateur lui paie une redevance. Il s’en fait une très grande consommation et, dans les dernières famines, cette récolte a sauvé la vie d’un grand nombre d’habitants.

« A l’état frais, on. consomme les fruits du Trapa comme les Noix, cuits à l'eau ; c’est un aliment usuel. Il est très indigeste, et les Hindous, pour obvier à cet inconvénient, placent sur leur estomac une chaufferette nommée kangreïi , qui, selon les médecins du pays, facilite la digestion ; d’où il suit que leur estomac est noirci et comme fumé par ce procédé. »

Les notes qui précèdent ont été publiées par nous, en 1888, dans le Bulletin cle la Société nationale dl Acclimatation ; peu de temps après, M. P.-L. Simmonds, F. L. S., dont le nom est connu de tous ceux qui s’occupent de botanique appliquée, nous adressait un exemplaire du Journal of the Society of the Arts, numéro du 31 août 1888, contenant un article signé de lui et intitulé : Plantes aquatiques alimentaires . Nous y avons trouvé des détails qu’il nous paraît utile de reproduire : « Dans le dernier numéro du Bulletin de la Société d' Acclimatation de Paris a paru, sur les plantes aquatiques alimentaires, un article qui mérite l’attention parla

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