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APIOS TUBÉREUSE

Glycine Apios L. ; Apios tuberosa Mœnch.

Fam. des Légumineuses .

Plante vivace, herbacée, glabre; liges de 2 mètres, grimpantes, naissant d’une racine tubéreuse. Feuilles imparipennées ; en août-septembre, lleurs pourpre foncé, panachées de rose-chair, odorantes, en grappes axillaires.

Vers 1845, le monde agricole fut en proie h une véritable panique. La Pomme de terre était atleinte d’une maladie qui pouvait faire redouter sa disparition complète. On se demandait comment on pourrait se passer de la précieuse Solanée, comment on pourrait la remplacer. Des populations entières, sinon en France, du moins en divers pays, étaient menacées des horreurs de la famine. La terreur était grande, grande aussi était l’ardeur avec laquelle on expérimentait la culture des plantes proposées comme succédanées du tubercule malade.

La Pomme de terre n’a pas disparu, la maladie non plus; mais elle ne fait éprouver au cultivateur que des pertes accidentelles. xNous pouvons donc, sans trop de tristesse, constater que les efforts méritoires qui ont été faits pour remplacer la Pomme de terre ont été absolument vains.

L’Arracacia ne peut pas être cultivé en France. La Picotianeneproduit rien ; l’Olluco, pas davantage ; enfin, l’Apios, dont nous nous occupons en ce moment, est à peine comestible et son rendement est à peu près nul. Nous aimerions à la passer sous silence, mais son nom

a fait quelque bruit pendant les années qui ont suivi l’invasion de la terrible maladie et nous lui devons au moins une mention.

Sous ce litre : Culture de l'Apios luberosa comparée à celle cle la Pomme de terre , G. Morel li, professeur à l’Üniversilé de Pavie, a publié une noie étendue que les curieux pourront lire dans la Revue Horticole, 4 e série, volume I, 1852, page 84. Nous en donnons ici un résumé aussi succinct que possible :

« Jacques Cornu!, médecin parisien, fît connaître, le premier, ÏApios tuberosa, en 1635. La plante était originaire du Canada; elle se répandit promptement dans tous les jardins bolaniqires de l’Europe et se naturalisa en Italie, en Autriche el en Bohême.

^ M. Payen communiqua, dans les Comptes rendus de V Académie des sciences , février 1849, page 194, l’analyse chimique des tubercules de 1 ' Apios :

Matières azotées 4,50

Substance grasse 0,80

Fécule amylacée, dextrine, matière sucrée analogue, acide pectique, pectine, etc. 23,55

Cellulose, compris l’épiderme 1,30

Matières minérales 2,25

Eau 57,60

« A la même époque, M. A. Richard communiqua à l’Institut de France une note sur les qualités alimentaires de l’Apios et proposa même une méthode de culture que le professeur, dont nous résumons la note, considère comme impraticable.

« Dans les premiers jours de mars 1848, MM. Barbiéri cl Moretti avaient piaulé 2 kilogrammes de tuber-

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cules d’Apios; ils récoltèrent 3 kilogrammes le 8 novembre suivant.

« Un second essai, fai t en plantant 1 kilogramme de tubercules, donna 1 k , 185. Une culture comparative d’Apios et de Pomme de terre démontra que celle-ci fournissait six fois autant de substance nutritive que celle-là.

« Une notice de Mérat sur plusieurs tubercules proposés pour remplacer la Pomme de terre [Revue horticole, vol. IV, p. 13-14) présente des conclusions absolument défavorables à l’Apios. »

Le Bon jardinier dit que, lorsqu’on mange une certaine quantilé de ces tubercules, ils laissent sur le palais et l’arrière-bouche une sorte de happement singulier et désagréable, qui est dû à la présence d’un suc laiteux très analogue au caoutchouc.

On peut cultiver l’Apios par curiosité. Il produit chaque année des jets souterrains qui se renflent de distance en distance et présentent un chapelet de tubérosités d’un aspect fort original. C’est d’ailleurs une plante grimpante ornementale propre à couvrir les treillages et les tonnelles.

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Aponogetox mstachyum Taux b.

Fam. des Naïadacées.

Pelle plante aquatique, nageante, vivace, originaire du Cap de Bonne-Espérance.

Souche formée de tubercules ovoïdes, agglomérés brunâtres.

Veuilles glabres, à pétiole d’autant plus long que 1 eau dans laquelle la plante croît est plus profonde ; à limbe elliptique lancéolé, d’un vert gai.

Pédoncule plus ou moins long, renflé à son extrémité,

— Aponogéton à deux épis (. Aponogelon distachyum Tliunb).

poilanf deux épis opposés de fleurs blanches exhalan une odeur des plus suaves.

Heurs dépourvues de calice et de corolle, formées de graciées orales, entières, distiques, faisant corps avec axe, acci cscentes, à 1 aisselle de chacune desquelles sont disposées une vingtaine d’étamines et 5 ou 6 pistils. *ud lu foi me de Poire, uniloculaire, contenant de a gt aines. « Cette curieuse plante aquatique pourra.l elre naturalisée dans nos fossés, nos marais et nos

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lacs (Australie), en considération de ses tubercules comestibles. La partie de la plante qui porte les tleurs odorantes fournit un Epinard. » (Mueller, Select extratropical plants.)

V Aponogeton distachyum est naturalisé dans l’Hérault et dans le Finistère, et pourrait l’être dans presque toute la France. Protégé par 1 ou 2 mètres d’eau, il ne

Fig. 6. — Rhizome d’ Aponogélon à deux épis.

souffre pas du froid et tleuril même en plein hiver dans les départements que nous venons de nommer.

11 y a longtemps déjà, üelile, directeur du Jardin des plantes de Montpellier, l’y a introduit ; mais, malgré son mérite, et si l’on excepte les jardins d’amateurs, il ne s’est pas répandu dans la région et est resté confiné dans le Lez, qui est le principal cours d’eau des environs, il y vit depuis plus de cinquante ans et le regretté M. Planchon l’y a recueilli en 1844, pour en faire l’objet de son premier travail botanique (1).

Dans le Lez, on trouve très rarement Y Aponogeton en

(1) Annales des sciences naturelles, 111° série, t. I, p. 109 et suiv.

aval de sa localité primitive ; il fructifie pourtant, mais ses graines, si elles ne sont pas entraînées jusqu’à la mer, tombent et germent sur place.

« La plante est depuis longtemps naturalisée aux environs de Brest. Elle y était, il y a trente ans, beaucoup plus commune qu’aujourd’liui. Elle s'était tellement multipliée dans certains ruisseaux qu’elle empêchait l’eau de couler, ce qui l a fait détruire dans plusieurs endroits, et notamment dans le ruisseau de Kérolan, d'où elle a complètement disparu. C’était une des curiosités brestoises ; elle commençait à fleurir vers Noël et continuait jusqu’en juillet.

« On a dit, mais nous le répétons sous toutes réserves, que Y Apononeton distachyani a été rapporté du Cap, vers 1840, par le contre-amiral des Botours, propriétaire du ruisseau de Kérolan ; mais on prétend aussi qu’il serait venu de Toulon au Jardin botanique de Brest, vers 1857, apporté par des ouvriers qui l’auraient mis dans le ruisseau de Kérolan. »

M. Blanchard, chef du Jardin botanique de l'hôpital maritime de Brest, auquel nous devons les renseignements qui précèdent, dit encore, dans la lettre qu'il nous a écrite au sujet de YAponogeton : « Dans tous les cas, le ruisseau de Kérolan est le premier endroit où il se soit acclimaté. De là, il fut porté dans une mare de la Maison-Blanche, où il est très abondant et d’où sortent les tubercules que je vous adresse. Il fut aussi porté à Poulaz-Ferenlen, où il est aussi assez commun ; ces

trois localités sont dans la commune de Lambézellec :

je n en connais pas d’autre pour le moment.

« Un de mes ouvriers l’avait planté dans la rivière de Gouesnon, près d’un moulin ; il a dû être extirpé, car j a* passé plusieurs fois dans celle localité et n’en ai remarqué aucune trace.

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« Je n’ai pas mangé de ses lu hercules et ne connais personne à qui la fantaisie soit venue d’en manger ; je l’ai vu dans quelques prairies humides aux environs du ruisseau de Kérolan, el je crois que les bestiaux ne louchent pas à ses feuilles ; mais je n’en suis pas sûr.

« Je dois vous dire aussi qu’il ne vient pas partout, car j’en ai planté dans d’aulres ruisseaux que ceux que je vous cite el n’en ai jamais remarqué un seul pied ; au Jardin, il vient même difficilement dans nos bassins. Ce n’est pas le froid qui le gêne, c’est l’eau qui probablement ne lui convient pas.

« Un de mes Bretons a fait la remarque qu’il empêchait les autres planles aquatiques de pousser dans son voisinage ; ainsi, les Potamogelon , les Callitriche , les Renoncules aquatiques seraient généralement étouffées par sa présence ; mais je ne vous certifierais pas le fait, car je ne l’ai jamais remarqué. Dans tous les cas, c’est une belle plante dans les pays où elle peut vivre en plein air, car elle fleurit presque toute l’année, et c’est surtout l’hiver qu’elle a du mérite parce qu’elle fleurit abondamment et répand une odeur délicieuse dans les endroits où elle est cultivée. »

Désirant expérimenter diverses plantes aquatiques comestibles, nous avons fait creuser un trou que l’eau a rempli et qui est assez grand pour contenir celles qui acceptent notre climat. L ' Aponogeton y fleurit d’avril à juillet avec une abondance extraordinaire et embaume l'air autour de lui. Nous sommes convaincus que, si nous n’y mettons pas ordre, il envahira tout l’espace dont nous disposons el ne permettra de vivre à aucune autre plante. Comment n’esl-il pas encore introduit dans tous les lacs, étangs ou bassins assez profonds pour que la gelée ne l’atteigne pas, dans tous les ruisseaux dont le courant n’est pas trop rapide? C’est ce qui 11e

peut s’expliquer que par la routine et parla négligence des propriétaires.

Nous ne proposons pas de préparer ses tiges fleuries comme des Épinards, quoique, au dire du baron F. von Mueller, cela se puisse faire ; nous ne croyons même pas que ses rhizomes puissent figurer sur nos tables. Leur substance, blanche et fine, est trop compacte et la déglutition en est difficile; ils empruntent, d’ailleurs, au fond dans lequel ils se développent une saveur vaseuse désagréable. Ils doivent cependant être considérés comme comestibles et pourraient sans doute être utilisés dans les fabriques de fécule, comme le sont, en Chine, les racines de Nelumbium et de Sagittaria. En tous cas, nous recommandons la plante pour la beauté, l’abondance, la durée et le parfum de ses fleurs.

M. Carrière a proposé, dans la Revue horticole, 1876, page 330, de cultiver terrestrement , en pots et en serre, pendant l’hiver, celte plante, qui, par l’abondance et le parfum de ses fleurs, serait d’un grand mérite, surtout pour le commerce des bouquets. l\I. Carrière a obtenu d’excellents résultats. Nous ne pensons pas que l’exemple ait été suivi.

Le rédacteur en chef dela/?<9ywe horticole dit encore: « Une autre qualité réside dans les tubercules de X Aponegeton , qui contiennent en très grande quantité une fécule d’une éclatante blancheur qui les rend alimentaires et fait que, cuits et coupés eu morceaux et réduits en pâte, les volailles et même les porcs en sont très friands. »

Quel que soit le mérite de X Aponogeton distachyum, il est désirable que la culture de plusieurs espèces appartenant au même genre soit expérimentée ; mais nous manquons de renseignements sur ces espèces ; nous en parlerons donc liés brièvement ; nous nous bornerons

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même, pour quelque-uns, à donner leurs noms et leur, patrie :

Aponoyeton monostachyum L. f. (Roxb. Flor. ind. , vol. II, p. 210), Inde. Ncinia est le nom de la plante et se racine se nomme Nama dumpa. Elle croît naturellement dans les eaux douces, stagnantes et peu profondes : se montre et fleurit pendant la saison des pluies.

Les natifs sont passionnés pour ses racines, qui sont presque aussi bonnes que les Pommes de terre.

A. echinatum (Roxb., loc. cit ., p. 210).

Trouvé, avec la précédente espèce, dans les eaux douces, peu profondes.

A. iindnlatum (Roxb., loc. cit.,p. 211).

Originaire du Bengale ; à racines tubéreuses et comestibles.

A. microphyllum (Roxb., loc. cit., p. 211).

Racines tubéreuses et comestibles.

A. crispum Thunb. (Mueller, Select extratropical plants , p. 30).

De l’Inde et de la Nouvelle-Galles du Sud. Les racines de cette plante aquatique sont amylacées et d’un excellent goût.

A. angusti folium Ait., Cap de Bonne-Espérance.

A. crinif olium Lelim., Cap de Bonne-Espérance.

A. desertorum Zeyh., Cap de Bonne-Espérance.

A. junceum Lelim., Cap de Bonne-Espérance.

A. zosterie folium Schrard, Cap de Bonne-Espérance.

Une plante voisine des Aponoyeton , LOuvirandra fenestralis Poirel, qui croît dans les ruisseaux des montagnes, à Madagascar, produit aussi des tubercules comestibles. Le R. P. Camboué nous eu a fait un envoi sous le nom de Oviranclrana(Ovy , tubercule, Randrana, rameau, branche, Iresse en forme de corde). La culture de YOuvirandrci , même eu serre chaude, est très difficile. Celte

plante a des feuilles exlrêmement curieuses, fenestrées ; les intervalles des nervures n’étant pas remplis par du parenchyme, elles ressemblent à de la dentelle.

De Flacourl, dans son Histoire de la grande isle de Madagascar , dit : Omirandre , petites racines grosses comme le ponlce, très bonnes à manger. Se trouvent dans les étangs.

ARACHIDE Pistache de terre.

Arachis hypogæa L. ; Trew., Plant, rar., tab. 3, fig. 3; Rumph., Amb., 5, tab. 156; Turpin, Dict. des sc. ncit., 254, 256.

Fam. des Légumineuses.

Plante annuelle à racines fibreuses, donnant ordinairement plusieurs liges hérissées de poils mous; feuilles alternes, péliolées, à deux paires de folioles obovales, entières, obtuses; stipules adnées au pétiole; fleurs petites, jaunes, axillaires, sessiles, ordinairement géminées. Après la fécondation, le jeune fruit se recourbe vers la terre, où il s’enfonce pour accomplir sa maturité. Fe fruit est une gousse oblongue, cylindrique, étranglée, contenant 2-4 graines, sillonnée en tous sens de veines disposées en réseau.

On dit la plante originaire de l’Amérique équatoriale; on la cultive généralement dans l’Inde, au Sénégal et dans le midi des États-Unis, et dans certaines parties de 1 Amérique du sud. Les plus grands pays de pro-

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