SM U BF R T D
Fig. 70. — Radis serpent ( Raphanus caudatus).
nus caudatus de Linné et une plante de l’Inde, dénommée Radis de Madras , que M. Courlois-Gérard avait
rencontrée dans le Jardin botanique d'Edimbourg, et dont il avail apporté des graines en France (1).
Sept ans plus tard, M. Ed. André publiait, avec figures, dans la Revue Horticole , une Note étendue, des plus intéressantes, à laquelle nous renvoyons le lecteur (2).
La culture du Raphanus caudatus est celle de tous les gros Radis et n’exige aucune description. Elle est aussi simple et aussi facile que possible.
La plante se distingue de tous les Raiforts que nous possédons par la dimension extraordinaire de ses siliques. Quoique dégénérée, elle en produisait encore dans notre jardin, il y a quelques années, qui mesuraient de 40 à 50 centimètres de longueur, à côté d’autres plus courtes; c’est-à-dire que quelques-unes des siliques étaient plus longues que la plante entière, comme l’a fait remarquer Linné, et qu’arrivant à terre elles s’y étalaient en formant des sinuosités, à la manière d’un serpent.
Notre culture a été notablement contrariée par les ravages qu'y faisaient l'altise et un gros puceron gris.
Celui-ci, qui n’aurait certainement pas résisté à une aspersion de jus de tabac, dévorait nos plantes en peu de jours.
Les siliques du Radis serpent se mangent crus, à la croque au sel, comme nos Radis ordinaires, dont elles ont la saveur piquante.
(1) Note sur une Crucifère à siliques comeslibles, récemment introduite en France ( Journ . de la Soc. impériale et centrale d' Horticulture, 1 859, vol. V, p. 57 à 63).
(2) Le Radis serpent {Revue horticole, 1866, p. 471).
Nous les avons fait cuire et nous les avons mangées, soit en salade, soit préparées comme les Haricots verts. Pour cet usage, il fautles cueillir très jeunes; elles sont alors très acceptables, mais sont loin de valoir les Haricots verts.
Confites au vinaigre, elles sont bonnes et préférables à la plupart des légumes qu’on associe d’ordinaire aux Cornichons. Elles ont le mérite de conserver longtemps leur saveur piquante, atténuée, mais sensible encore.
C’est sans doute lorsqu’elles ont été confites dans le vinaigre qu’elles portent, à Java, le nom de Mougri.
M. Ed. André a entendu dire qu’en Angleterre, cinquante ans avant la publication de sa Note, et alors que l’on cultivait le Raphanus caudatus comme plante nouvelle, on en retirait le jus par pression et que c’était une sauce excellente, very palatable juice.
La plante est assurément très intéressante et les curieux lui feront une petite place dans leurs jardins.