SCÈNE IL
LÀ MARQUISE, LE MARQUIS, en grande toiletti^. LE MARQUIS.
Restez, restez, ma chère, c'est moi. (il descend lememem
la scène, en mettant ses ganta.) Qu'est-Ce que c'est que C6
joli petit ouvrage que vous faites là?
LA MARQUISE
Regardez-le donc, ce joli petit ouvrage, avant que d'en parler.
LE MARQUIS
Mais c'est précisément paixe que je l'ai regardé que
iO LE POUR ET LE CONTRE.
je V nis demande ce que c'est^ chère belle 1 (ii •• contemple de loin dans la glaee.)
Du tout : vous êtes fort occupé à vous admirer dans celte glace, sans quoi vous auriez vu tout de suite que cette vilaine grosse cravate que je tricote pour mon cocher n'est pas un joli petit ouvrage.
LE MARQUIS^ gaiement, s*approchanl delà cbemtaée.
Quelle chicane me cherchez- vous là? Ce sera trèslaid autour du cou de votre cocher, et c'est très-joli entre vos mains, voilà ^>ut.
LA MARQUISE
C'est charmant, ce que vous dites làl
LE MARQUIS
Je dis ce que je pense. Mais quelle idée vous a pris de faire cette galanterie à Jean ?
LA MARQUISE
Le pauvre garçon a un rhume pei^étuel; comme je n'ai rien de mieux à faire, je lui tricote ce petit objet de votre admiration : est-ce que cela vous contrarie ?
LE MARQUIS
Que vous soyez toute bonne, comme vous êtes toute belle? Non, en vérité.
LA MARQUISE
J'en suis ravie au fond de l'âme.
LE MARQUIS
Seulement, vous vous fatiguez les yeux avec vos bonnes œuvres, et je vous prie de les ménager. Madame, si ce n'est pour vous, du moins pour moi, qui les regarde souvent, et qui en rêve toujours.