SCÈNE III
POUPART
C'est qu'il me manque de l'argent, là.
LUC
11 vous en manque?
POUPART, à Etienne.
Naturellement ! Vous me donnez cinq sous. 11 me manque, neuf cent quatre-vingt-dix-neuf francs soixante-quinze centimes!
ETIENNE, riant.
Ah ! j'y suis.
POUPART, fâché.
C'est donc drôle ?
ETIENNE
Vous avez entendu que l'on donnerait mille francs de pourboire au télégraphiste ?
• POUPART
En entrant.
ETIENNE
Mais, c'est mon père qui a promis cela. Ce n'est pas moi.
POUPART
Et, où est-il votre père ?
LUC
Il est parti en voiture deux minutes avant votre arrivée. Vous n'avez pas de chance.
POUPART, étourdi par le coup.
Ça serait bien épatant.
ETIENNE
Moi, qui ne suis pas mon père.
POUPART
Vous croyez bien nécessaire de me dire c^a?
ETIENNE
... Je vous donne cinq sous tout neuf % et je trouve que c'est déjà bien joli.
POUPART
C'est très beau, mais j'aimerais mieux un billet de mille, même un peu déchii-ô.
Vous êtes exigeant. •
ETIENNE, regardant la dépèche.
Dire que là, est la nouvelle et que je. . .
LUC, à Ponpart.
Oli 1 si monsieur Godon était ici, lui vous donnerait sans hésiter, ce qu'il a promis de .vous donner : mais, avant une demi-heure, il ne sera pas de retour. Avant une demi-heure, au moins !