‹ Le PourboireChapitre 8 sur 18 · APE · texte numérisé non relu

APE

Les extras pris dans les cafés Riche et Glacier garderont leur part d’étrennes et recevront des patrons un salaire journalier de un franc.

Cafés de deuxième catégorie :

Le tronc sera exclusivement réservé aux garçons de salle.

A Nîmes, cessation du travail, du 11 au 22 mai 1907, Les garçons de cafés et d’hôtels, demandaient, entre autres, la suppression des frais.

Mais la grève la plus importante fut celle des garçons de cafés de Paris, en 1907, et qui dura du 17 avril au 9 mai.

Travaillant en général de dix-huit à vingt heures par jour, ils demandaient d’abord une diminution de journée, puis réclamaient aussi l'abolition des troncs, ceux-ci se trouvant en réalité entre les mains des patrons, qu'ils accusaient dans une affiche de leur syndicat de « tripatouiller dedans ».

Désirant recevoir une somme fixe, ils ne voulaient pas être soumis à l’aléa du pourboire, qui peut varier de jour en jour, suivant la bourse du client, ou sa bonne ou mauvaise humeur et réclamaient :

1° La reconnaissance par le Syndicat patronal des syndicats affiliés à la Bourse du travail ;

2 L'application du repos hebdomadaire ;

3° Aucun renvoi des employés en raison des faits de grève ;

4 La suppression du tronc;

5 L’interdiction aux patrons de tout prélèvement sur les pourboires ;

6° Interdiction aux patrons de faire payer par les employés, le papier à lettre, les cure-dents et la casse ;

7° Le port de la moustache ;

8 Un minimum de salaires suivant les maisons. Celui des commis étant fixé à 120 francs par mois.

Le tronc n'est donc pas ainsi versé intégralement au profit des garçons, contrairement à l’intention du client qui donne sa gratification. Le patron en prélève une part plus ou moins forte, et l’on s'étonne en apprenant que les pourboires donnés par les consommateurs servent à payer la casse, les cure-dents, le papier, les allumettes, les journaux parfois, et même le blanc de billard.

Mais ce qui est plus extraordinaire encore, c’est qu'il sert, dans certains cas à payer une autre partie du personnel. Un jugement du 25 février 1909, rendu par le Tribunal de Commerce de Marseille, nous l’apprendra.

Le demandeur, ancien garçon de salle dans une brasserie, se basant sur le contrat existant entre le Syndicat des employés limonadiers et celui des patrons limonadiers, signé le 29 avril 1906, et qui avait intégralement supprimé le tronc en donnant aux garçons l'entière propriété des pourboires, prétendait qu’à l'insu des employés, sauf du «caporal », les patrons prélevaient journalièrement un franc par

homme sur le tronc.

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