‹ Le PoussinChapitre 100 sur 155 · DESSIN · texte numérisé non relu

DESSIN

tions dut aussi se créer un système de représentation en harmonie avec elles,

« Cette importante modification dans l’art de la peinture, consacrée heureusement par les nombreux et excellents ouvrages de l’homme qui l’a introduite, a conservé toute son influence depuis deux siècles, et elle s’exerce même encore aujourd’hui1. »

Dessin. — Nous avons raconté, dans le cours de cette biographie, les habiles et persévérants efforts du Poussin, pour arriver à la connaissance parfaite de la structure du corps humain, de sa forme à tous les âges dans les deux sexes, de ses divers aspects, du jeu des membres et de la perspective des raccourcis. Étude de l'anatomie, de l’optique, dessin d’après l’antique et d’après le nu, pratique de l’imitation en relief par le modelage, soit des formes vivantes, soit des meilleures statues, mesure savante, concertée avec le Flamand et l’Algardc des chefs-d’œuvre de l’art grec et plus particulièrement de l’Antinoüs®, tels furent les travaux par lesquels le Poussin se mûrit dans l’exercice de la peinture. De là ces principes des mouvements retrouvés et approfondis, et auxquels il ne s’est jamais montré infidèle. Si l’on ajoute à cet ensemble d’études dirigées sur le même point, un esprit d’observation de tous les moments qui ne l’abandonna jamais, pas même dans la vieillesse, l’on aura ccrtai-

1 Plutarque français , Nicolas Poussin, par E.-J. Delécluze. Voir pour las développements la note R.

* Voir note L.

nernent l’initiation la plus savante et la plus consciencieuse à la connaissance du dessin, que jamais homme ait poursuivie.

Quelles furent les qualités que développa ce concert d’efforts? Par quelle supériorité propre le dessin se distingue-t-il dans les productions du Poussin? Nous allons tâcher de le faire comprendre par comparaison. L’exactitude à reproduire les formes humaines est, avant tout, le caractère imprimé par notre peintre à son dessin. Raphaël, en général plus élégant, plus grandiose, mais moins correct, sacrifie volontiers à la grâce, à la beauté la stricte rigueur des proportions ; quelquefois même il oublie pour elles jusqu’à la possibilité des mouvements. Michel- Ange dessine avec une sorte d’enthousiasme anatomique; il est plus savant que ses contemporains dans la connaissance des muscles, dans le sentiment des attitudes fortes ou violentes; mais sa science n’est pas encore complète, et plusieurs de ses poses sont forcées jusqu’à l’impossible. 11 a d’ailleurs peu étudié les ondulations des chairs qui recouvrent le système musculaire, et les moyens par lesquels la nature a donné l’aisance et la douceur à nos articulations. Aussi a-t-il peu réussi dans les enfants et dans les femmes, et d’ailleurs s’est-il rarement aventuré à les peindre. Le Poussin a donné dans ses études place à tous les types. Nous avons noté en particulier l’attention scrupuleuse qu’il avait portée sur les formes des enfants. Il en résulte que, dans les tableaux nombreux où il en a introduit, on est

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