FIN
Note A.
Les pièces suivantes attestent l’existence de la famille Poussin, et celle de Nicolas Poussin aux Andelys au commencement du dix-septième siècle.
Registres baptismaux des Andelys.
L’an 1609. — Le jeudi VI dudit mois (août), Nicolas, (ils de Piere Varin, et de Michelle Guérin; P. et M. (parrain et maraine) Nicollas Pouchin et Charlotte Dujardin.
L'an 1610. — 13 (février) Ysabeau, fille de Jehan Delaisement et de Perelle sa femme. P. et M. Nicollas Pousin et Ysabeau Lefebre.
Du XXIXe septembre MVIC et treize (1613), à Andelys, devant Dieupart, nottaire, présence de témoiugs.
Furent présens en leurs personnes Jehan Pouchin et Marie Delaisement sa femme, de luy duement autorisé. Lesquels ont ensamblement vendu, cédé et transporté à Nicollas Farain, laboureur, demeurant à Villers présent acceptant c’est assavoir vingt perches de terre ou envirron. La pièce comme elle se
comporte assise à Villers triege du camp Valût b. (bornée) d’un côté Quentin David à cause de sa femme, d. c. (d’autre côté), Pierre le Tellier, d. b. (d’un bout), la terre de notre dame d'Andely, et d. b (d’autre bout), le chemin qui va à la croix rompue tenue du lie (fief) de Villers, franche de rente, la vendue failte par le prix et somme de treize livres tour, (tournois) avec trente sols.
Venant le tout présentement paié en monnoie ayant court, dont les d. vendeurs se sont tenus pour comptant, promettant garantir audit Farain, led. héritage comme dessus sur l’obligation de tous leurs biens en présence de Pierre Lescuier, dem1. à Villers, et Pierre Besnier Masson, dem>. en la paroisse de Guisenier.
Jeiux Poussix.
Woict
(la marc de la d. Delaist.)
Au-dessous de la marque de Marie Delaisemeut, se trouvent les marques des deux témoins Lescuier et Besnier. La signature de Jean Poussin est très-bien écrite, en caractères bien ouverts et bien lisibles, presque dignes du notaire lui-même.
(Extrait des Archives de l'art français , tome 1er, p.2 et 3.)
Note B.
Voici ce que nous lisons, page 35, de la traduction des Mémoires de Maria Graham, sur la vie de Nicolas Poussin. Nous laissons à l’auteur la responsabilité des faits qu’il raconte.
«.... Si les avis et l’exemple du Dominiquin furent profitables au Poussin, le bon goût et le sens droit et inflexible de celui-ci ne contribuèrent pas moins à la gloire du premier, qui était à
celte époque tellement persécuté et écrasé par les partisans du Guide, que son fameux tableau de la Communion de saint Jérôme avait été arraché de sa place , dans l’église de San-Girolamo delta Carità , et relégué dans un grenier où il demeura dans l'oubli. Les moines dont cette église dépendait, désirant avoir un nouveau tableau d’autel, demandèrent au Poussin de s’en charger, et lui envoyèrent le tableau du Dominiquin, comme de là vieille toile pour peindre dessus. Notre peintre l’eut à peine regardé, que, frappé de son mérite transcendant, il le reporta à l’église d’où il avait été arraché, et en fit le sujet d’une leçon publique, dans laquelle il osa le comparer à la Transfiijuration : et, assimilant à ces deux tableaux la Descente de Croix de Daniel de Volterre, il les proclama les trois chefs-d’œuvre de l’école romaine. Répondant ensuite à l’accusation qu on avait faite au Dominiquin, d’avoir conçu son tableau d'après une esquisse du Carrache, représentant le même sujet, il prouva que les Carraches n’avaient jamais achevé leur tableau; et comme il avait été changé et perfectionné dans tous les détails, on ne pouvait condamner le Dominiquin sur ce motif, car loin de faire tort aux premiers, en s’appropriant leur invention, il avait montré, au contraire, quel noble parti on en pouvait tirer, puisqu’elle lui avait fourni le sujet d’un des plus beaux tableaux du monde. Son auditoire n’avait besoin que d’être ému par un critique ferme et de bon jugement ; les charmes séduisants mais plus faibiesde l’école rivale furent estimés à leur juste valeur; et, dès ce moment, le Dominiquin fut placé au rang qu’il méritait parmi les grands peintres de l’Italie. »
Note C.
(Extrait de Félibien, tome IV.)
Lettre du roi Louis XIII à Nicolas Poussin.
Cher et bien amé, nous ayant esté fait rapport par aucun de
nos plus spécieux serviteurs de l’estime que vous vous êtes acquise, et du rang que vous tenez parmi les plus fameux et les plus excellents peintres de toute l’Italie, et désirant, à l’imitation de nos prédécesseurs, contribuer autant qu’il nous sera possible à l’ornement et décoration de nos maisons royales, en appelant auprès de nous ceux qui excellent dans les arts, et dont la suflisance se fait remarquer dans les lieux où ils semblent les plus chéris, nous vous faisons cette lettre pour vous dift que nous vous avons choisi et retenu pour l’un de nos peintres ordinaires, et que nous voulons dorénavant vous employer en cette qualité. A cet effet notre intention est que, la présente reçue, vous ayez à vous disposer de venir par deçà, où les services que vous nous rendrez seront aussi considérez que vos œuvres et votre mérite le sont dans les lieux où vous êtes, en donnant ordre au sieur de Noyers, conseiller en notre conseil d’État, secrétaire de nos commandements, et surintendant de nos bâtiments, de vous faire plus particulièrement entendre le cas que nous faisons de vous, et le bien et avantage que nous avons résolu de vous faire. Nous n’ajouterons rien à la présente, que pour prier Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.
Donne à Fontainebleau le 1,', janvier 1633.
Ou voit par l'article suivant de la Gazette, année 1640, l’estime que les contemporains faisaient du Poussin en France. Elle cite parmi les événements importants : « l’arrivée à Paris, le 17 décembre, du sieur Poussin, excellent peintre, que le roi avoit fait venir de Rome, etqui fut reçu parde Noyers, surintendant des bâtiments, et ensuite par Son Éminence, avec des caresses proportionnées à la grandeur du mérite et de la réputation qu’il s’était acquise eu son art. » L’opinion de Louis XIII et celle de M. de Noyers se peignent dans ces phrases empruntées à la correspondance du peintre Paris, 4 et 7 août 1642) qui cite avec plaisir à M. de Chantelou ce passage d’une lettre de M. de Noyers : « Le génie du Poussin veut agir si librement que je ne veux pas
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES, seulemeut lui indiquer ce que celui du roi désire du sien. » Et ailleurs : « à son départ, M. de Noyers me commanda l’exécution d’une madone à mon goût, afin, ajouta-t-il, qu’on pût dire la Vierge du Poussin, comme on dit la Vierge de Raphaël. »
Note D.
l'Bellori, Vie du Poussin. — Lettres du Poussin , p. 3u.)
Brevet de Louis XIII, roi de France, au sieur Poussin,
Aujourd'hui 20e mars 16H, le roi étant à Saint-Uermain-en- Laye, voulant témoigner l’estime particulière que Sa Majesté fait du sieur Poussin, qu’elle a fait venir d’Italie, sur la connoissance particulière qu’elle a du haut degré de l’excellence auquel il est parvenu dans l’art de la peinture, non-seulement par les longues études qu’il a laites de toutes les sciences nécessaires à la perfection d’icelui, mais aussi à cause des dispositions naturelles et des talents que Dieu lui a donnés pour les arts; Sa Majesté l’a choisi et retenu pour son Premier peintre ordinaire', et en cette
1 Ces mots résolvent une diflicullé élevée par quelques écrivains. 11 est évident que le Poussin n'a point été Premier peintre, ce litre appartenant i cette époque à Youet. 11 fut Premier peintre ordinaire, avec injonction aux autres peintres de soumettre à son contrôle leurs dessins et leurs projets. C’étaient les attributions des Premiers peintres, moins le titre, dont on n'avait pas voulu dépouiller Youet. Une autre question sort de celle-ci : Le Poussin conserva-t-il ce titre sa vie du ranl et les appointements qui y étaient attachés?... Nous penchons pour l'alTirmative , en nous appuyant sur les raisons suivantes: 1° Rien n'annonce que ce titre lui ait été enlevé; 2“ Baldinucci, qui le connut, aflirme dans les termes suivants que le brevet et les appointements lui furent conservés par Louis XIV : • La ileuo Ludavico XIV gli confirma il paterno brereUo cul titolo di suo primo pittnre, voile che li furono pagaie le Iratcorte provisioni. * Bellori raconte ce fait
qualité lui u donné la direction générale de tous les ouvrages de peinture et d’ornement qu’elle fera ci-après pour l'embellissement de ses maisons royales, voulant que tous ses autres peintres ne puissent faire aucuns ouvrages pour Sa Majesté, sans en avoir fait voir les dessins, et reçu sur iceux les avis et conseils dudit sieur Poussin. Et pour lui donner moyen de s’entretenir à son service , Sa Majesté lui a accordé la somme de trois mille livres de gages par chacun an, qui sera dorénavant payée par les trésoriers de ses bâtiments, chacun en l’année de son exercice, ainsi que de coutume, et de la même manière que cette somme lui a été payée la présente année. Pour cet efTet, sera ladite somme de trois mille livres dorénavant touchée et employée sous le nom dudit sieur Poussin, dans les états desdits offices de ses bâtiments, comme aussi Sadite Majesté a accordé au sieur Poussin la maison et le jardin qui est dans le milieu de son jardin des Tuileries, où a demeuré ci-devant le feu sieur Menou, pour y loger et en jouir sa vie durant, comme a fait ledit sieur Menou. En témoignage de quoi, Sa Majesté m’a commandé d’expédier au sieur Poussin le présent brevet qu’elle a voulu signer de
dans les mêmes termes, et ajoute que le brevet en vertu duquel lui furent payés ses appointements arriérés fut signé par ce prince, le •28 décembre 1655 ; 3” Le Poussin n'aurait pu se montrer si désintéressé et amasser une petite fortune, s’il n'eùt eu que le produit de scs tableaux, principalement dans les années qu’il consacra à la seconde suite des Sept Sacrements. Il est probable qu'tl reçut un traitement de la cour de France, et qu'il fut indemnisé de ses travaux de la galerie du Louvre, dont nous voyons par plusieurs de ses lettres qu'il réclama le payement avec instance; 4’ Lebrun ne fut premier peintre qu'en 1662, mais il jouissait depuis longtemps d'une grande influence à la cour, et n'aurait pas permis sans doute que le maître pour lequel il ne dissimulait pas sa reconnaissance fût victime d'une suppression qui n’était pas dans l'esprit de Louis XIV; 5’ enfin M. de Chantelou survécut au Poussin et était depuis longtemps en mesure de faire respecter les droits de celui-ci. — Les comptes conservés des dépenses de Louis X1Y, ne dataut que de l'année de la mort du Poussin, ne peuvent fournir aucune lumière sur ce point.
sa main, el fait contre-signer par moi son conseiller secrétaire d’Etat de ses commandements et finances, et surintendant et ordonnateur général de ses bâtiments.