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LA GALERIE DU LOUVRE

vinl interrompre ce grand ouvrage à l'instant où il allait être fini, la décoration n'en était pas même commencée, et, quelles qu’eu3sent été les causes de ce retard, il était nécessaire d’apporter ce complément à un palais, dont les façades majestueuses comportaient de riches ornements intérieurs. On n’y pensa sérieusement que vers l’année 1639, peu de temps avant la fin du règne de Louis XIII. Ce fut surtout pour cette œuvre que le Poussin fut sollicité de quitter l’Italie, et de venir s’établir en France à portée de cette grande entreprise. L'architecte Lemercier, chargé par le Roi et par le cardinal de Richelieu de continuer et d'agrandir le palais du Louvre, réussissait moins bien, à ce qu’il parait, dans la disposition intérieure des édifices que dans leur ordonnance extérieure, et ses projets n’étaient goûtés ni par le Poussin ni par MM. de Noyers et de Chantelou. Poussin conçut l’ornementation de cette galerie d’une autre manière, et, après avoir pris du repos, il se mit à l’ouvrage, aidé de quelques artistes qu’il avait fait venir d’Italie, attendu que la France ne présentait à cette époque aucune ressource pour la sculpture d’ornements et la dorure qui en fait partie.

« Comme la galerie, longue de 1,332 pieds et large de 36, devait être conservée dans toute son étendue sans être interrompue par des divisions, le plan du Poussin était d’orner chaque travée de manière qu’elle formât un ensemble complet, et

de combiner les peintures et les ornements de la voûte, ainsi que le tableau qu’il comptait mettre dans chaque panneau, de sorte que d’un côté de la galerie on pût saisir, au vrai point de distance, toute la décoration du côté opposé'. Les lois de la perspective étaient sacrées pour lui : elles lui paraissaient exiger qu'on ne plaçât pas dans ces panneaux, qui ont 24 pieds de large sur 22 pieds de haut, des tableaux qui eussent presque cette grandeur, hors de proportion avec la largeur de la galerie. Ceux qu’il y destinait ne devaient avoir que 12 pieds sur 9. Les encadrements de ces panneaux auraient été riches et en stucs blancs rehaussés d’or; mais il ne voulait pas qu’ils fussent lourds, ni les profils trop saillants1 2. »

Les tableaux destinés à figurer, au nombre de quatre-vingt-seize, dans ces panneaux, ne devaient pas être de la main du Poussin. Il avait été décidé avant son arrivée qu’ils représenteraient les plus beaux sites des villes de France, et qu’ils seraient confiés au pinceau de Fouquières, très-habile à cette époque dans la peinture du paysage.

« D’un autre côté, Lemercier, chargé de l’exécution des premiers travaux, avait trop surbaissé la

1 On peut voir aujourd’hui dans la grande galerie l’inconvénient qui eût résulté du système contraire. Aucun tableau de grande dimension ne peut être embrassé d’un coup d’œil , la largeur est insuffisante et ne permet pas au spectateur de reculer jusqu’à la distance exigée par la perspective.

* ©* de Clarac, Le Louvre et les Tuileries, page 589, t. I.

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